Etats-Unis: Emmanuel Macron, le plus rouge des tapis rouges !

Le président français, Emmanuel Macron qui arrive demain aux Etats-Unis, est le premier dirigeant étranger à être reçu avec de tels honneurs par Donald Trump. L'invitation est tombée à l’automne. Émanant de Donald Trump en personne ! Et qui plus est pour une visite d’État…

Etats-Unis: Emmanuel Macron, le plus rouge des tapis rouges !

Par Freddy Mulongo, dimanche 22 avril 2018   Radio Réveil FM International 

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Donald Trumps et Emmanuel Macron, deux chefs d'Etats qui ont tissé des liens surprenants

En parcourant "Aujourd'hui en France Dimanche" du 22 avril 2018, N°6001 qui ne coûte 1,30 euros, on apprend beaucoup sur les coulisses d'une visite d'Etat du président Emmanuel Macron aux Etats-Unis. Le président français, qui arrive demain aux Etats-Unis, est le premier dirigeant étranger à être reçu avec de tels honneurs par Donald Trump.

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Air France One, l'Airbus A330 présidentiel

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Air France One, l'Airbus A330 présidentiel

L'invitation est tombée à l’automne. Émanant de Donald Trump en personne ! Et qui plus est pour une visite d’État… La cellule diplomatique de l’Elysée est en joie, l’attention du président américain à l’endroit de son homologue est manifeste. Emmanuel Macron sera son tout premier invité pour une rencontre de ce niveau depuis la prise de fonction du président américain, il y a un an et demi. « Le plus rouge des tapis rouge », dans le monde codifié de la diplomatie. Non pas un simple déplacement privé, de travail ou officiel… Mais une visite d’État, avec ses passages obligés, ses rites inamovibles.

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Donald Trumps et Emmanuel Macron, deux chefs d'Etats qui ont tissé des liens surprenants

Sa lourdeur protocolaire, aussi. Pour être la plus importante, elle implique quatre étapes non négociables : la visite d’accueil à la Maison-Blanche, un entretien de travail ainsi qu’un déjeuner et un dîner d’Etat. « Cherry on the cake » (cerise sur le gâteau), un dîner privé entre les deux couples se tiendra dès lundi soir, dans un lieu chargé d’histoire : Mount Vernon, la maison du premier président des Etats-Unis, George Washington,. La « puissance invitante » a la haute main sur le déroulement de ces 48 heures conçues pour sceller l’amitié franco-américaine. L’invité tente toutefois d’imprimer sa marque.

 

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Lundi soir, les couples Trump et Macron dîneront à Mount Vernon, demeure du premier président américain , George Washington. /AFP/Saul Loeb

Il y a les séquences obligées, le respect dû à ses hôtes… et la volonté du chef de l’Etat de personnaliser son passage. C’est une nouveauté de l’ère Macron : son chef de cabinet adjoint, Rodrigue Furcy, est désormais chargé de donner une coloration plus singulière à cet exercice. L’équation est épineuse : comment sortir du cadre officiel inhérent à cet événement très formel, dans un agenda extrêmement contraint, pour que le président puisse imprimer son style, tant sur le fond que sur la forme ? C’est cette volonté qui explique, notamment, les temps d’échange qu’Emmanuel Macron a pu avoir au Burkina Faso avec des étudiants. Il le fera à nouveau mercredi, avec ceux de l’université George Washington, très mobilisés contre les armes à feu.

Aux Etats-Unis, il a aussi tenu à ce que des patrons de grandes entreprises américaines soient présents, avec une idée en tête : lors du toast (préparé avec ses collaborateurs), leur expliquer les réformes mises en œuvre sur le Vieux continent, tout en prenant soin de leur adresser un message bienveillant. Ces géants ne seraient-ils pas susceptibles de venir investir en France ? D’autres aspects, plus anecdotiques, font encore l’objet d’échanges entre Paris et Washington, comme le « dress code ». Outre-Atlantique, il est extrêmement standardisé. Les dîners d’État se partagent ainsi en smoking ! Un habit qu’Emmanuel Macron préférerait ne pas revêtir…

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Mardi 19 septembre 2017, la première dame Brigitte Macron se rend à pied au siège de l'ONU à New-York

Aux Etats-Unis, on ne badine pas avec le « Secret Service ». Dans ce pays traumatisé par l’assassinat de John Kennedy, à Dallas, en 1963, composer avec l’agence chargée de veiller à la sécurité du président américain, l’USSS, n’est pas une option. Contrairement à la France, où les membres du GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République) officient sous l’autorité du chef de l’Etat, aux Etats-Unis, c’est le « Secret Service » qui commande. Et impose des consignes draconiennes, même lorsqu’ils accompagnent Donald Trump à l’étranger.

Véhicules blindés, artères coupées à la circulation, centaine de policiers… Leur mission : veiller à créer une « bulle de sécurité » totalement hermétique à toute intrusion. Une exigence peu compatible avec le goût du président français pour la marche ! C’est peu dire que ce penchant donne des sueurs froides au « Secret Service » qui préférerait qu’Emmanuel Macron reste en permanence dans son véhicule. Des consignes ont d’ailleurs été passées en haut lieu…

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