La "République" des slogans: Kin Bopeto, 5 chantiers, Objectif 80...!

Avec ses promesses alambiquées et irréalisables, Tshilombo avec sa présidence usurpée est sur les traces de Mobutu Sese Seko et de son prédécesseur Alias Kabila, le poutine de kingakati. On ne lutte pas contre l'insalubrité uniquement avec la pelle et la houe. Kin Bopeto est un slogan de plus. une propagande de mauvais goût. Il a plu Kinshasa est déjà sous l'eau.

La "République" des slogans et propagandes: Kin Bopeto, Révolution de la modernité, 5 chantiers, Objectifs 80...

Par Freddy Mulongo, mercredi 23 octobre 2019  Freddy Mulongo-Réveil FM International 

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Tshilombo a quitté les Etats-Unis, pour rentrer vite à Kinshasa, inaugurer l'opération Kin Bopeto, dans la commune de Kinshasa pour procéder, l’avenue Lwambo Makiadi (ex Bokassa), et rependre vite son Rwandair-Mabundi Airways pour le Sommet Russie-Afrique à Sotchi. Faut pas rêver. Redevenir Kinshasa la belle, c’est l’objectif à atteindre d’ici 2023 dans le cadre de l’opération Kinshasa Bopeto. Se bat-on avec l'insalubrité d'une ville moderne avec des pelles, machettes et houes ? Un camion-benne d'ordures ménagères de 19 tonnes et d'une capacité de 13 m3, neuf coûte 160 mille euros. Il aurait fallu simplement affecter les 150 millions volés dans des tiroirs du bureau de la présidence République. Nous aurions combien de camions benne d'ordures ménagères ? Combien d'usine d'incinération à déchets à Kinshasa ? N'oublions pas que les usines d'incinération des ordures ménagères (UIOM) produisent aujourd’hui une grande partie de l’électricité issue de sources d’énergie renouvelables. Kinshasa Bopeto, avec quelles ressources humaines, quelles infrastructures et quelles technologies ? Après l'inauguration de l'opération Bopeto, une petite pluie a démontré que l'opération Kin Bopeto n'était qu'un slogan et propagande. Nous doutons fort que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets: curer les caniveaux laisser les immondices aux abords des chaussés et une fois dame pluie arrive, hop les déchets retournent aux caniveaux.

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La capitale congolaise patauge depuis quelques années dans l’insalubrité. Kin la Belle est depuis devenue Kin la poubelle. L'hôtel de ville de Kinshasa prévoit un budget 363 millions de dollars l’an. Nous apprenons que quelques 400 camions ont été mobilisés dès le jour du lancement pour procéder au ramassage des ordures dans toute la ville ; un Salongo obligatoire est prévu chaque dernier samedi du mois. Et pour encourager la population à s’en approprier, l’autorité urbaine a instauré un système de prime, chaque mois, pour les quartiers qui seront distingués par la propreté. Signalons que, depuis la fin du projet PARAU de l’Union européenne, la capitale congolaise a eu du mal à assurer sa propreté. Les décharges qui étaient vidées par les camions de ce projet PARAU ont tantôt manqué de carburant tantôt tombé en panne, sans compter l’absence de rémunération des agents. Et la plupart des décharges installées dans les différentes communes avaient cumulé des montagnes d’immondices.

La RDC est un pays des slogans et propagandes:

1. Mobutu avec ses deux campagnes de propagande: "Retroussons les manches" et "Objectif 80" !

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Le général Joseph-Désiré Mobutu est arrivé au pouvoir, le 24 novembre 1965, à la faveur d’un coup d’Etat militaire, il n’a que 35 ans. Mobutu n’a pas encore troqué son béret pour son célèbre chapeau en peau de léopard. Comme il n’a pas encore troqué le sabre d’apparat pour sa célèbre canne en bois sculpté, un autre symbole de son autorité, son pouvoir durera 32 ans. Ce jour-là, le 12 décembre 1965, cérémonie de prise du pouvoir ou investiture du Général Joseph-Désiré Mobutu. Soit deux semaines après son coup d’état du 24 novembre 1965, Joseph-Désiré Mobutu est officiellement investi Président de la République démocratique du Congo, au cours d’un grand rassemblement populaire organisé au stade Roi Baudouin, l’actuel stadeTata Raphaël à Kinshasa. On estime que plus de cinquante mille Kinois avaient assisté à la cérémonie. A ce moment-là, Mobutu porte encore son prénom français de “Joseph-Désiré”. Dans le stade, toutes les forces vives de la République démocratique du Congo étaient réunies pour la circonstance. Mobutu avait profité de la cérémonie d’investiture pour prononcer aussi son discours-programme. C’était un sévère réquisitoire, suivi d’une analyse critique de la situation politique, financière, économique et sociale du pays. Il dénonça les conflits stériles des politiciens qu´il avait décidé d’écarter de la scène politique à cause du chaos, du désordre, de la négligence et de l’incompétence. Ensuite, il appela le peuple à se mettre au travail afin d’engager le pays dans la voie de l’industrialisation. Il annonça dans la foulée que dès le lendemain, les plus hautes autorités du pays devaient cultiver obligatoirement un champ d’au moins un hectare ; précisant qu’il donnerait lui-même l’exemple. Mobutu évoqua aussi les grands projets à venir comme ceux de la construction du barrage d’Inga et de l’usine sidérurgique de Maluku. Il annonça aussi la réduction de la rémunération des députés, suspendit le droit de grève et rappela la mesure de suspension édictée au lendemain du coup d’État, laquelle frappait les quelque 223 partis politiques congolais recensés à cette époque-là. Enfin, il conclut son discours en déclarant : ” J’ai décidé de rester au pouvoir pendant cinq ans. Il a fallu cinq ans aux politiciens pour conduire le pays à la ruine. Je me donne cinq ans pour conduire, avec votre aide à tous, le pays vers la prospérité”. "On pourrait en 1970 dresser le bilan : le Congo d’aujourd’hui avec sa misère, sa faim et ses malheurs serait transformé en pays riche et prospère." Mobutu exhorta tous les Congolais à se "retrousser les manches", il invita alors ses ministres à joindre le geste à la parole. "Tous docilement enlevèrent leurs vestes et leurs cravates et retroussèrent leurs manches de chemise et toute la foule les imita joyeusement. "

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Son second investiture pour un septennat eu lieu le samedi 5 décembre 1970. C'est au cours de son discours programme de 1970 que Mobutu avait fixé l'"objectif 80": Première place : oui, deuxième place: oui, troisième place: likambo te, kasi quatrième place toboyi ! La voix du Zaïre, qui était le Grand Tam-Tam de Mobutu amplifia sa propagande. Mobutu n'a jamais dit l'Objectif 80 était pour qui ? Pour le pays ou pour lui ? Ce classement qu'il envisageait était par rapport à qui ? A quel pays d'Afrique ou du monde ? En 1997 lorsqu'il a été chassé par des Kadogos, Mobutu n'avait toujours pas donné son bilan de l'Objectif 80.

2. Alias Kabila: De cinq chantiers à la Révolution de la Modernité, une escroquerie politicienne de mauvais gout

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C'est de l'arlésienne ! Un grand bluff ! Il faut recourir à une loupe à infrarouge pour découvrir les réformes et surtout les réalisations à impact socio-économique à mettre à l’actif de «Joseph». L’homme aura accompli un total de dix-huit ans à la tête de l’Etat congolais. Un simple slogan tenait lieu de projet de société : «Joseph Kabila, l’artisan de la paix». En peu de temps, l’artisan de la paix autoproclamé s’est révélé très friand de la violence. Pour combler cette lacune assimilable à une escroquerie, des officines politiques ont conseillé au «raïs» de lancer, plusieurs mois plus tard, le fameux thème de «Cinq chantiers du chef de l’Etat». Histoire d’éblouir les «naïfs». L’eau et l’électricité, la santé, l’éducation, les infrastructures et l’habitant sont repris comme étant les priorités du quinquennat. Seulement voilà, aucune étude de faisabilité n’a été menée pour connaître le coût de ces réalisations mais surtout la provenance de moyens financiers. Depuis le lancement de ce slogan, Kabila et ses zélateurs ont inauguré des chantiers un peu partout à travers le pays. Les boulevards du 30 juin et Lumumba devraient être transformés en autoroutes. Des priorités pour le moins discutables pendant que la grande majorité de la population attend désespérément d’être approvisionnée régulièrement en eau et en électricité.

Des Cinq chantiers (tcheng tchang tché) à la Révolution de la Modernité, que du bla-bla ! Mirage et grande mystification ! Les grandes réalisations restent à démontrer en dehors du rafistolage de quelques principaux artères routiers de la capitale et les deux nationales Kinshasa vers Bandundu et Kinshasa vers Bas-Congo. Les cinq secteurs phares concernés à savoir les infrastructures, la santé et l’éducation, l’habitat, l’eau, l’électricité et l’emploi sont demeurés les parents pauvres du régime d'Alias Kabila. La RDC a englouti des milliards empruntés aux chinois en retour des concessions minières accordées sans aucun contrôle ni droit de regard partout dans le pays. La Révolution de la Modernité sera la continuité dans l’escroquerie et le mensonge politiques. Le peuple Congolais n’aura vu que les travaux des Boulevards du 30 Juin, Lumumba et Triomphal comme si l’ensemble du Congo se résumait à ce qui est visible dans Kinshasa la capitale. il n’y avait que les aveugles qui ne pouvaient rien voir qu’en dépit de tout le tintamarre organisé depuis dix huit ans, le pays est demeuré au même niveau. Pire encore qu’il s’est enfoncé dans les abimes comme le souligne la publication de la Dixième Edition du Rapport «Doing Business 2013» de la Banque Mondiale daté du 23 octobre 2012. Le pays de Lumumba a chuté au 181ème rang mondial sur le 185 pays pris en compte alors qu’il fut classé 180ème en 2012 pour le Rapport 2011.

Depuis le maréchal Mobutu aux deux Kabila jusqu’à ce jour, les vieux disques de l’escroquerie politique et du mensonge d’Etat sont restés les mêmes au niveau que les rainures ne font plus rires personne.

Tshilombo avec ses promesses alambiquées et irréalisables. La gratuité de l'enseignement est déjà un flop en soi. Sans études préalables ni programmes.

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