Sotchi: Face à Poutine Tshilombo a-t-il pensé à Patrice Emery Lumumba ?

Au delà de la compassion et message des condoléances de Vladimir Poutine, pour le crash de l'Antonov Ex-72093 à Kolé dans le Sankuru, quelles sont les attentes de Tshilombo auprès de l'homme fort du kremlin ? Tshilombo a-t-il eu une pensée à Patrice Emery Lumumba, le premier Premier ministre Congolais qualifié de pro-soviétique ?

Sotchi: Face à Poutine Tshilombo a-t-il pensé à Patrice E. Lumumba au Sommet Russie-Afrique ?

Par Freddy Mulongo, mercredi 23 octobre 2019  Freddy Mulongo-Réveil FM International 

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A Sotchi, Tshilombo a -t-il demandé à l'homme fort de Kremlin, Vladimir Poutine, le vrai de le protéger contre son partenaire-nominateur Alias Kabila, le Poutine de Kingakati, qui veut revenir occuper son fauteuil ? Au delà de la compassion pour le crash de l'Antonov Ex-72093, à Kolé dans le Sankuru, dont le nombre des morts est toujours tenu secret: 8, 11, 14, 28...que peux poutine à Tshilombo ? A Lubumbasi, sans vergogne Emmanuel Shaday, le Secrétaire Général du PPRD a annoncé le retour actif et imminent de leur autorité morale. La situation est intenable pour Tshilombo, Monsieur 15% est bénéficiaire d'un odieux deal, contre le peuple congolais. Il est bénéficiaire d'une Nomination Électorale. La légalité internationale n'est pas au dessus de la légitimité issue du peuple congolais souverain. Les Américains et occidentaux ont fermé les yeux sur la fraude électorale en République démocratique du Congo. Pour ne pas être en reste par rapport aux autres grandes puissances, Poutine organise un sommet Russie-Afrique à Sotchi ces 23 et 24 octobre. Tshilombo y participe.

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A Sotchi, Tshilombo a-t-il eu une pensée pour Patrice Émery Lumumba ? En 1992, après la chute de l'URSS, l'Université Patrice-Lumumba de Moscou est rebaptisée Université russe de l'Amitié des Peuples. Il est loin la période de la guerre froide. La décolonisation du Congo belge a lieu aussi sur un fond de guerre froide. L’an 1960 voit se déployer plusieurs affrontements entre l’Est et l’Ouest Des conseillers du bloc soviétique, il est vrai, sont de plus en plus nombreux à "Léopoldville" et patrice Emery Lumumba a menacé de faire appel aux Russes si les troupes belges ne sont pas retirées du Congo le 19 juillet 1960. Ces 10 000 soldats belges ne partiront qu’à la fin-août. Nikita Khrouchtchev a certes vociféré contre les Nations unies, accusées de ne pas en faire assez pour soutenir Lumumba; il a même menacé de prendre des « mesures énergiques » pour arrêter « l’agression impérialiste » de la Belgique.

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Il est loin la période de la guerre froide. La République démocratique du Congo a perdu son premier Premier ministre Patrice Emery Lumumba qualifié de communiste pro-soviétique. A Léopoldville, le Premier ministre du Congo vit cloîtré. Privé de téléphone, il est assigné à résidence. Un premier cercle de casques bleus ghanéens le protège; un second cercle de soldats congolais le surveille. Le 27 novembre 1960, ce « prisonnier » se fait la belle : personne n’inspecte la Chevrolet dans laquelle ont pris place les domestiques à la fin de leur service. Lumumba quitte la capitale. Direction : Stanleyville (Kisangani), son fief politique. Il espère y retrouver des troupes et des nationalistes qui lui sont restés fidèles. Le 5 septembre, Patrice Lumumba, jugé pro-soviétique, est révoqué par le président Kasavubu. Celui-ci est destitué à son tour par son Premier ministre. Le colonel Joseph-Désiré Mobutu, chef d'état-major, s'empare quelques jours plus tard du pouvoir grâce à un premier putsch militaire, soutenu par les USA et Bruxelles. Le 10 octobre, Lumumba est encerclé dans sa résidence, puis arrêté le 2 décembre par les troupes du colonel Mobutu, alors qu'il cherchait à rejoindre ses partisans qui contrôlaient Stanleyville, actuelle Kisangani (nord-est). Il est ramené dans la capitale, puis transféré au Katanga, à Elisabethville - aujourd'hui Lubumbashi - où il est assassiné avec deux de ses collaborateurs, après avoir été sauvagement torturé. Leur mort ne sera annoncée que le 13 février. Selon la version officielle, il aurait été « tué lors d'une tentative d'évasion, sur ordre des dirigeants de la province sécessionniste du Katanga ».

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A l’aube, les soldats accompagnés par le commissaire Verscheure emmènent les détenus vers une clairière et un peloton d’exécution se met en place. Les tireurs sont congolais, mais c’est le capitaine Gat qui ordonne d’ouvrir le feu. Pressés d’en finir, les soldats enterrent sommairement les corps, oubliant à quel point on redoute l’éventuelle exhumation des corps ou les pèlerinages qui pourraient suivre. Même mort, Lumumba n’est pas encore neutralisé et il faudra que son corps, après avoir été découpé à l’aide d’une scie à métaux, soit dissous dans un bain d’acide sulfurique. L’un des auteurs de l’opération, le commissaire de police Gérard Soete, se vantera plus tard d’avoir ramené en Belgique une dent de Lumumba et avant sa mort, il assurera l’avoir jetée dans la mer du Nord. Après avoir pris le pouvoir en 1965 à la faveur d'un coup d'Etat, Mobutu osa sans vergogne élever le "père de l'indépendance" congolaise au rang de "héros national".

Les circonstances de l'assassinat du premier chef de gouvernement du Congo indépendant, actuelle République démocratique du Congo (RDC), n'ont jamais été éclaircies et son corps n'a jamais été retrouvé. Une commission d'enquête parlementaire belge a été en mai 2000 "chargée de déterminer les circonstances exactes de l'assassinat de Patrice Lumumba et l'implication éventuelle des responsables politiques belges", après la parution d'un livre accusant Bruxelles de porter "la plus grande responsabilité" dans cet assassinat. Celui-ci avait jusqu'alors été présenté comme le fruit de querelles inter-congolaises (sic). En 2001 cette commission d'enquête parlementaire belge a conclu à la "responsabilité morale" de la Belgique qui a présenté ses excuses (sic) au Congo.

 

Après Sotchi se joue à Kinshasa, où la contestation de Tshilombo s'affûte chez ses partenaires de FCC-PPRD. Dans sa diaspora congolaise Tshilombo n'a pas de côte, il est considéré comme un traître-collabo dont son seul intérêt aura été de marcher sur un tapis rouge même sans légitimité. Son invitation des troupes étrangères, pour mieux occuper l'Est de la RDC, est une pilule amère qui ne passe pas dans la gorge de nombreux compatriotes.

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