Francophonie: Ces pays membres qui "Khashoggisent" des journalistes !

Silence radio à l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), pas de communiqué officiel pour dénoncer l'odieux assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. Faut-il attendre en janvier 2019, lorsque Louise Mushikiwabo, Secrétaire Générale "désignée" de l'OIF va prendre ses fonctions, pour qu'il y ait un communiqué de condamnation de l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi ?

Francophonie: Ces pays membres qui "Khashoggisent" des journalistes !

Par Freddy Mulongo, vendredi 26 octobre 2018  Radio Réveil FM International 

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Louise Mushikiwabo, Secrétaire Générale de l'OIF

Silence radio à l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), pas de communiqué officiel pour dénoncer l'odieux assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. Faut-il attendre en janvier 2019, lorsque Louise Mushikiwabo, Secrétaire Générale "désignée" de l'OIF va prendre ses fonctions, pour qu'il y ait un communiqué de condamnation de l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi ? Et sur le Continent Africain, le président Macky Sall du Sénégal et Mohamed VI roi du Maroc, deux pays piliers de la Francophonie et les plus ardents avocats de l’adhésion du Royaume d'Arabie Saoudite à la Francophonie, sont devenus silencieux et aphones depuis l'assassinat barbare en Turquie du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, très critique envers le pouvoir.

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Accusée notamment de violations des droits humains, l’Arabie saoudite a décidé de retirer sa demande, très contestée, d’adhésion à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), le jeudi 11 octobre, c'est-à-dire le premier jour de l'ouverture du XIVè Sommet de la Francophonie à Erevan en Arménie. La Gambie, l’Irlande, l’État américain de la Louisiane et Malte ont demandé à intégrer l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) lors du Sommet de la Francophonie à Erevan. En août dernier, Riyad a en effet expulsé l’ambassadeur canadien Dennis Horak, après que la diplomatie canadienne avait demandé la « libération immédiate » de militants des droits humains dans le pays. En Arabie Saoudite, les femmes ne jouissent pas du statut d’adulte majeur. Le royaume pétrolier applique la peine de mort par décapitation et ne respecte pas l’égalité homme-femme.

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Des journalistes pris en otages, tués, disparus dans des conditions mystérieuses ou encore emprisonnés en raison de leurs idées, cela fait, désormais, partie du lot quotidien. Le risque du métier, dit-on…Les attaques dont sont victimes les journalistes constituent un abus de pouvoir et une négation totale de la liberté d'expression, c'est-à-dire une violation des droits de l'Homme. Les internautes se sont déchaînés sur les réseaux sociaux: "Jamal Kashoggi a été tué par l'état qui est le principal représentant de l'islam sunnite dans le monde !", "Un journaliste s’est fait dépecer au couteau pendant 7 min avant qu’il ne meurt au consulat d’Arabie Saoudite en Turquie. Pas un mot de la profession", "Si un journaliste avait reçu une baffe au consulat de Russie, qu’est-ce qu’on n’aurait pas entendu sur Poutine!", "L'Arabie reconnait que le journaliste Khashoggi est bien mort dans son consulat - "accidentellement" (pendant qu'ils découpaient son corps ?)" !, "Comment une "rixe" dans un Consulat peut entraîner la mort d'un homme? Qui étaient les adversaires de Khashoggi et que faisaient-ils là au Consulat? Pourquoi en sont-ils venus aux mains avec le journaliste? Qu'ont-ils fait de son corps?"... Réponse: Le corps de Jamal Khashoggi aurait été retrouvé dans un puits situé sur le territoire de la résidence du consul saoudien à Istanbul, selon le président du parti turc VATAN, Dogu Perinçek.

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Le corps sans vie de Viktoria Marinova, 30 ans, journaliste dans une télévision bulgare a été retrouvé , dans un parc de la ville. Elle a été, selon le procureur régional, « frappée à la tête et étranglée ». Le jour même, les autorités turques ont annoncé que le célèbre journaliste saoudien, Jamel Khashoggi, porté disparu avait été supprimé à l’intérieur du consulat de son pays à Istanbul. Les deux journalistes ont en commun de ne pas être en odeur de sainteté dans les hautes sphères de leurs pays respectifs. Marinova qui animait une émission sur les questions de société, avait, la veille de son assassinat, diffusé un reportage sur « des soupçons de fraude aux subventions européennes qui impliqueraient des hommes d’affaires et des élus ». Alors que Khashoggi, est un pourfendeur du régime saoudien et de son actuel homme fort, l’Emir Mohamed Ben Salmane. Entré au consulat, le mardi 2 octobre 2018, pour obtenir une attestation de divorce de sa femme saoudienne afin d’épouser une jeune turque, il n’en est jamais ressorti. Khashoggi, 60 ans, le 13 octobre, était un célèbre éditorialiste saoudien. Il a été interdit d’exercer son métier de journaliste dans son pays en raison de ses critiques contre le président américain Donald Trump. Il avait décidé de s’exiler dans le pays de Trump pour pouvoir le critiquer à son aise, et critiquer son jeune allié le prince héritier Mohamed Ben Salmane, MBS, dans le « Washington Post » où il collaborait depuis 2017, ainsi que dans des journaux arabophones. Il était souvent sollicité par des chaines de télévision pour commenter l’actualité dans le monde et dans son pays.

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Caricaturer Paul Kagame, le roitelet au Rwanda: 7 ans de prison !

Au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018, le Rwanda est 154e. Parmi les 58 Etats membres de l’OIF, seuls cinq pays ont un bilan pire que le Rwanda en matière de liberté d’information. Censure, menaces, arrestations, violences, assassinats… Le régime dirigé d’une main de fer par Paul Kagamé depuis 2000, et dont Louise Mushikiwabo est ministre depuis près de 10 ans, dispose de l’un des pires systèmes de répression à l’égard des médias et des journalistes. Son président occupe une place de choix dans la galerie des prédateurs de la presse constituée par RSF.

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Caricaturer le président rwandais Paul Kagamé peut toujours conduire les journalistes rwandais en prison. Le nouveau code pénal adopté le 27 septembre dernier reste extrêmement répressif. L’outrage d’un parlementaire ou d’un agent de la fonction publique par la parole, l’écrit ou la caricature est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à deux ans de prison et 490 euros d’amende. La peine est même doublée lorsque les faits concernent les "Hautes Autorités du pays".

Le nouveau texte supprime la diffamation envers les particuliers mais crée des délits d’injure et de diffamation envers le président assortis de peines allant de cinq à sept ans de prison et d’un maximum de 6 860 euros d’amende. L’article 156 fait également peser une épée de Damoclès sur la production de reportages audiovisuels en considérant que tout montage de photos ou d’images qui ne sera pas précisé comme tel constituera une infraction passible d’une peine maximum d’un an de prison.

Louise Mushikiwabo, Secrétaire Générale de l'OIF aura-t-elle le courage de dénoncer les exactions qui se passent dans son propre pays le Rwanda ? Alors que c'est Paul Kagamé, le dictateur rwandais qui a usé de son poids de Président de l'Union africaine pour la hisser au prestigieux poste de SG la Francophonie ?

Trois journalistes Russes assassinés en Centrafrique !

La République Centrafricaine occupe la 112e place sur 180 dans le classement 2018 de la liberté de la presse établi par RSF. Les assassins, en août 2018, de trois journalistes russes toujours encore identifiés: « Orhan Djemal, célèbre reporter de guerre indépendant, Kirill Radtchenko, caméraman, et Alexandre Rasstorgouïev, documentariste, ont été assassinés par un groupe d’hommes armés non-identifiés » alors qu’ils enquêtaient sur l’implication de mercenaires russes en Centrafrique pour Tsour, « un média d’investigation en ligne appartenant à Mikhaïl Khodorkovski, l’un des principaux opposants de Vladimir Poutine » les trois journalistes se trouvaient sur le territoire centrafricain depuis quelques jours pour enquêter sur la présence et le rôle de mercenaires appartenant à Wagner, une société militaire privée russe également connue pour ses activités en Syrie » Plus de quatre ans après la mort de la photojournaliste Camille Lepage, ce triple assassinat vient rappeler à quel point il reste extrêmement dangereux pour les journalistes de témoigner du conflit en République centrafricaine !

RDC: 18 journalistes et activistes des droits humains "Khashoggisés" par le régime de Kinshasa

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Floribert Chebeya sur la place de la Bastille à Paris. Photo Réveil FM International

Fondateur de l'ONG de défense des droits de l'homme la Voix des sans voix, Floribert Chebeya était retrouvé mort dans sa voiture et son chauffeur et beau-frère Fidèle Bazana porté disparu. Floribert Chebeya s'était rendu la veille à une convocation de l'inspecteur général de la police nationale, le général John Numbi. Floribert Chebeya, l'icône des droits humains en République démocratique du Congo, a été Khashoggisé dans un poste de police !

L'affaire Chebeya-Bazana a déjà fait l'objet de deux procès devant la justice congolaise. En 2011, la Cour militaire de Kinshasa poursuit huit policiers dont trois sont en fuite. Quatre sont condamnés à mort, un autre à la perpétuité. En 2015, l'affaire est jugée en appel par la Haute cour militaire de Kinshasa. Au procès, quatre des policiers sont acquittés à leur tour, faute de preuves. Le cinquième, le colonel Daniel Mukalay, voit sa peine réduite à 15 ans de prison. Quant aux poursuites contre les trois fugitifs, elles sont suspendues.

Depuis 2014, une procédure est en cours, du côté du Sénégal-pays qui soutient l'adhésion de l'Arabie Saoudite à l'OIF ! Paul Mwilambwe, le policier congolais s'est mis à la disposition de la justice sénégalaise, qui a compétence universelle, traîne l'affaire malgré une plainte des familles des deux victimes de ce double assassinat. Démuni, Paul Mwilambwe depuis qu'il s'est déclaré témoin est tourné en bourrique par les autorités sénégalaises qui ne souhaitent pas que la vérité éclate, de l’implication de certains hauts gradés de la police congolaise dans ce double assassinat, à commencer par le général John Numbi, chef de la police à l'époque des faits.

La situation des défenseurs des droits humains s’est encore dégradée. Les violences dans la région du Kasaï ont fait des milliers de morts, provoqué le déplacement à l’intérieur du pays d’au moins un million d’habitants et contraint plus de 35 000 personnes à fuir en Angola, pays frontalier. Dans l’est du pays, des groupes armés et les forces gouvernementales ont continué, en toute impunité, de s’en prendre aux civils et d’exploiter illégalement les ressources naturelles. La police, les services du renseignement et les tribunaux ont cette année encore réprimé les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Des défenseurs des droits humains et des journalistes ont été harcelés, intimidés, arrêtés arbitrairement, expulsés ou tués.

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La République démocratique du Congo est le pays qui occupe le 152e place du classement mondial établi par l’ONG Reporters sans frontières (RSF). Plusieurs cas d’assassinat de journalistes sont enregistrés depuis qu'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale trône abusivement en toute illégalité et illégitimité à la tête de la RDC. Alias Joseph Kabila reste en poste malgré l’expiration, le 19 décembre 2016, de son deuxième mandat, le dernier autorisé par la Constitution. Les arrestations arbitraires de journalistes sont monnaie courante au Congo.

En novembre 2016, un journaliste de la radiotélévision publique nationale congolaise (RTNC) a été tué par balle à son domicile dans la nuit de lundi à mardi, à Mbuji-Mayi, dans le centre de la République démocratique du Congo. Dix huit journalistes tués en RDC et trop souvent les auteurs et commanditaires ne sont jamais sanctionnés.

Makoko Musheni de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), mort de chagrin en 1993 après l'assassinat de son fils Willy Makoko, alors conseiller au ministère de l'Information, abattu en plein centre de Kinshasa. Les deux autres journalistes, Pierre Kabeya de l'Hebdomadaire Kin-Matin, enlevé et torturé et Adolphe Kavula Massamba du journal Nsemo, activiste de l'UDPS (Union pour la démocratie et le Progrès social),enlevé et mort mystérieusement.

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Deux nouveaux meurtres sont venus secouer le monde de la presse en RDC, celui de Belmonde Magloire, un béninois exerçant comme photographe au quotidien Salongo et fondateur du journal le Point, disparu en 1998 après un bref séjour en prison ainsi que celui de Fabien Fortune Bitumbo de Radio Liberté, pris en otage et abattu par une milice.

En 2000, Crispin Kandolo de la presse de l'UNESCO est tué dans une embuscade et son corps brûlé alors qu'en 2003, Akite Kisembo, correspondant de l'AFP est enlevé et exécuté par les rebelles. Le 3 novembre 2005, Franck Kangundu Ngyke, ancien reporter à l'Agence Congolaise de Presse (ACP) et journaliste au quotidien La Référence Plus est abattu avec son épouse, Hélène Mpaka devant leur résidence à Limete-Mombele, à Kinshasa ; suivi en 2006 de Bapuwa mwamba, blessé à mort par des tirs de trois agresseurs qui s'étaient introduits dans sa résidence.

Serge Maheshe de la Radio Okapi, est abattu le 13 juin 2007 en sa résidence à Bukavu dans le Sud-Kivu. Didace Namujimbo est assassiné le 21 novembre 2008, Koko Bruno Chirhambiza est tué le 27 août 2009, et un cameraman-Patient Chebeya Bankome-est assassiné le 5 avril 2010) dans le Nord-Kivu !

Dans l’affaire Maheshe, les condamnés affirment avoir été mandatés pour tuer le journaliste. On connaît d’où ils sont venus et combien de temps ils ont mis à attendre leur cible, sans s’attaquer à quiconque d’autre. Deux militaires initialement accusés et détenus au cachot ont été relâchés dans des conditions étonnantes au détriment de deux amis du journaliste, accusés d’être les commanditaires du crime.

Pour le procès Namujimbo, trois militaires et un civil accusés affirment que leur objectif était seulement d’arracher l’ordinateur du journaliste. Le groupe d’accusés a marché environ sur cinq kilomètres, sans inquiéter personne sur la route. Il ne s’est attaqué qu’au journaliste. La victime était ciblée.

Le cas de Chirhambiza est tout drôle. Il revenait d’une fête, la nuit, et c’est vrai qu’il est entré dans un quartier où des bandits s’attaquent souvent aux passants. Mais le seul accusé s’avère être l’ami du défunt avec qui il revenait le même soir de la fête.

 

Le jeudi 11 octobre, Reporters sans frontières a fait état de 56 journalistes tués dans le monde au cours de l’année 2018. Un bilan qui dépasse déjà les chiffres globaux de l’année 2017, qui s’élevait à 55 tués.

L'OIF doit cesser avec sa politique de deux poids deux mesures en sein. L'Arabie Saoudite qui tenait mordicus à devenir membre de la Francophonie qui use et abuse de la barbarie contre des journalistes. La majorité des pays africains membres de l'OIF sont des dictatures en puissance et la liberté de la presse n'est qu'un vilain mot à dégommer.

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