Khashoggi: Agnès Callamard menacée de poursuite judiciaire par l'Arabie Saoudite!

Hier, au palais des Nations, lors de la conférence de presse accordée aux journalistes accrédités à l'ONU, répondant à ma question sur sa sécurité et éventuels menaces, Agnès Callamard, rapporteure spéciale de l'ONU, a répondu q'elle ne tient pas trop compte des menaces sur les réseaux sociaux, que l'Arabie Saoudite l'a officiellement menacée de poursuites judiciaires. Elle est calme et sereine".

Affaire Khashoggi: Agnès Callamard menacée de poursuite judiciaire par l'Arabie Saoudite !

Par Freddy Mulongo, jeudi 27 juin 2019  Radio Réveil FM International 

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Agnès Callamard, rapporteure spéciale de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires. Photo Réveil FM International

Hier, au palais des Nations,lors de la conférence de presse accordée aux journalistes accrédités à l'ONU, répondant à ma question sur sa sécurité et éventuels menaces, Madame Agnès Callamard, rapporteure spéciale de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, a répondu q'elle ne tient pas trop compte des menaces sur les réseaux sociaux, que l'Arabie Saoudite l'a officiellement menacée de poursuites judiciaires. Mais elle est calme et sereine".

Pour elle, le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi relève "sans aucun doute" de la responsabilité de l'Etat saoudien. Elle préconise désormais une enquête criminelle internationale.

Le meurtre de l'éditorialiste saoudien le 2 octobre 2018 au consulat de son pays à Istanbul est "un acte commis par des représentants de l'Etat d'Arabie saoudite, qui ont utilisé les ressources de l'Etat et son immunité diplomatique pour mettre en oeuvre leur crime. Il ne fait aucun doute que la responsabilité de l'Etat saoudien est engagée".

Après avoir elle-même enquêté pendant six mois sur l'affaire, Agnès Callamard a indiqué dans un rapport dévoilé la semaine dernière avoir déterminé qu'il existe des éléments de preuve crédibles justifiant une investigation supplémentaire.

La « paralysie » de l'ONU a empêché de trouver les responsables de l'assassinat du journaliste et opposant saoudien Jamal Khashoggi, et les Nations unies ont besoin d'un groupe de travail pour garantir la justice dans les meurtres ciblés, a déclaré mercredi une experte des droits de l'Homme.

La rapporteure spéciale de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Agnès Callamard, a exhorté l'ONU à renforcer son rôle pour prévenir les assassinats de journalistes et de dissidents.

Elle a spécifiquement demandé aux Nations unies de mettre en place des mécanismes pour protéger les journalistes, réagir rapidement aux menaces les visant, enquêter sur des cas suspects de disparition ou de meurtre, et contribuer à la constitution de dossiers en vue de poursuites judiciaires.

Mme Callamard a fait ces recommandations devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, où elle a présenté un rapport d'enquête accablant sur l'assassinat de Jamal Khashoggi en octobre 2018 au consulat d'Arabie saoudite d'Istanbul, dans lequel elle cible de hauts responsables saoudiens, dont le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Les preuves rassemblées par l'enquête suggèrent que le meurtre de M. Khashoggi constitue une exécution extrajudiciaire, une disparition forcée et probablement un acte de torture pour lesquels le Royaume d'Arabie saoudite est responsable, a-t-elle déclaré devant le Conseil.

L'enquête a découvert des preuves crédibles, justifiant une enquête supplémentaire sur la responsabilité de hauts responsables saoudiens, y compris le prince héritier d'Arabie saoudite, a-t-elle souligné.

L'ambassadeur saoudien auprès de l'ONU à Genève, Abdulaziz Alwasil, a rejeté catégoriquement les conclusions du rapport de Mme Callamard, en affirmant qu'il était basé sur des préjugés et des idées préconçues et en accusant l'experte française d'avoir outrepassé son mandat.

Agnès Callamard, une experte indépendante qui ne s'exprime pas au nom de l'ONU, a souligné que son rapport n'était pas une enquête criminelle, mais une enquête sur les droits de la personne.

Elle a confié qu'elle avait été encouragée à enquêter sur la mort de Jamal Khashoggipar ce que j'ai perçu comme une paralysie des Nations unies.

Elle a appelé le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, à lancer une enquête internationale sur cet assassinat, mais a reconnu mercredi qu'il fallait d'abord qu'au moins un pays membre de l'ONU en fasse la demande.

L'experte a appelé à la création d'un groupe de travail d'intervention rapide pour enquêter sur des cas spécifiques, aider les autorités locales à enquêter et aider à identifier les acteurs internationaux responsables de la protection des journalistes menacés.

Elle a également réclamé la mise en place d'un instrument permanent pour enquêter sur les allégations de meurtres ciblés ou de disparitions et pour constituer les dossiers en vue de procès.

Les représentants des 47 pays membres du Conseil des droits de l’homme assistaient à sa présentation, suivie d’une prise de parole pour chacun d’entre eux, mais sans vote. Disparition de Jamal Khashoggi, l’onde de choc Jusqu’à maintenant, les réactions des pays occidentaux à son rapport ont été quasi inexistantes. Seul Donald Trump s’est fendu d’un commentaire pour minimiser l’impact de l’enquête de l’experte onusienne. L’Administration américaine est la principale alliée de MBS. Paris a été plus que discret.

Devant le Conseil des droits de l’homme, Mme Callamard a également demandé un moratoire sur les exportations de matériel de surveillance en direction de l’Arabie saoudite. Riyad utiliserait ces équipements pour écouter et surveiller des opposants.

Luxe de détails sordides Son rapport a livré un luxe de détails sordides sur cet assassinat, notamment une conversation tenue juste avant l’arrivée de M. Khashoggi au consulat entre Maher al-Mutreb, colonel des renseignements et chef du commando, et le médecin légiste, Salah al-Tubaigi, qui a découpé le corps au moyen d’une scie à os. «Est-ce que ce sera possible de mettre le tronc dans un sac?», demande le premier. «Non, trop lourd», répond le docteur, qui ajoute: «Les articulations seront séparées, ce n’est pas un problème. Si nous prenons des sacs en plastique et que nous le coupons en pièces, ce sera terminé.»

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