Droits de l'homme: Réfugiés, le camp australien de Manus "illégal" pour la justice !

L'Australie essuie quotidiennement les foudres des organisations de défense des droits de l'homme en raison de sa politique autoritaire à l'encontre des demandeurs d'asile. La décision de la Cour suprême papouasienne pourrait progressivement faire changer les choses. «Illégal et anticonstitutionnel». Tel est le verdict rendu le mardi par la Cour suprême de Papouasie Nouvelle Guinée sur l'accord

Droits de l'homme: Réfugiés, le camp australien de Manus "illégal" pour la justice papouasienne

   Par Freddy Mulongo  Radio Réveil FM International 

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L'Australie essuie quotidiennement les foudres des organisations de défense des droits de l'homme en raison de sa politique autoritaire à l'encontre des demandeurs d'asile. La décision de la Cour suprême papouasienne pourrait progressivement faire changer les choses.

«Illégal et anticonstitutionnel». Tel est le verdict rendu ce mardi par la Cour suprême de Papouasie Nouvelle Guinée sur l'accord permettant à l'Australie de placer en détention sur le territoire papouasien des demandeurs d'asile dont elle ne veut pas. La Cour ordonne donc aux autorités australiennes «de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser et empêcher ces détentions», les jugeant également «contraires à leur droit constitutionnel et à la liberté».

Le ministre australien de l’Immigration Peter Dutton a, lui, affirmé que le verdict serait «sans effet sur la politique australienne de protection des frontières. Les vrais réfugiés auront la possibilité de rester en Papouasie Nouvelle Guinée. Ceux qui ne sont pas reconnus comme des réfugiés doivent retourner dans leur pays d’origine.»

Depuis le 19 juillet 2013 et l'annonce conjointe de l'ancien Premier ministre Australien Kevin Rudd et du Premier ministre de Papouasie Nouvelle Guinée Peter O'Neill, tout demandeur d'asile arrivant en Australie par l'intermédiaire d'une embarcation clandestine est obligatoirement expédié au camp de détention sur l'île de Manus en Papouasie Nouvelle Guinée. Pour David Camroux, chercheur associé à Science-Po, «cette décision de la Cour suprême de Papouasie Nouvelle Guinée était prévisible depuis quelques mois. La situation pourrait changer. Les élections législatives du 2 juillet approchent et les travaillistes reviennent sur la politique migratoire. Le sujet risque d'être présent dans la campagne électorale.

La fermeture des camps et la prise en charge par l'Australie des demandes d'asile permettraient de faire une économie de 2 milliards d'euros. La révision de cette politique serait de plus l'occasion pour le nouveau Premier ministre Turnbull de montrer qu'il est plus modéré que ses prédécesseurs.»

L'actuelle politique d'immigration est en réalité le retour de l'action appelée «solution du Pacifique», fortement décriée par les Nations unies et mise en place entre 2001 et 2007. Elle avait été décidée à la suite de l'affaire dite du Tampa, nom du cargo norvégien qui avait porté secours en août 2001 à un bateau indonésien à la dérive transportant à son bord 433 migrants afghans et irakiens en route pour l'Australie. Le gouvernement australien avait exprimé son refus que le cargo norvégien accoste, violant ainsi le droit de la mer qui impose au pays le plus proche d'accueillir les naufragés. Canberra avait alors dégainé sa «solution du Pacifique» : installer les réfugiés dans des camps sur l'Etat insulaire de Nauru et sur l'île de Manus en Papouasie Nouvelle Guinée. L'Australie s'engageait à couvrir les coûts de construction des camps et la prise en charge des réfugiés.

Canberra avait alors dégainé sa «solution du Pacifique» : installer les réfugiés dans des camps sur l'Etat insulaire de Nauru et sur l'île de Manus en Papouasie Nouvelle Guinée. L'Australie s'engageait à couvrir les coûts de construction des camps et la prise en charge des réfugiés.

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