500 ans de Réformes. Gérard Collomb, ministre de l'intérieur présent à Strasbourg !

Vendredi après-midi, Protestants en fête a été officiellement inauguré au Conseil de l’Europe, en présence de Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, Wolfgang Schäuble, président du Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand, François Clavairoly, président de la FPF, Anne Brasseur, ex-présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Roland Ries, maire de Strasbourg...

 

 

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Vendredi après-midi, Protestants en fête a été officiellement inauguré au Conseil de l’Europe, en présence de Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, Wolfgang Schäuble, président du Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand, François Clavairoly, président de la FPF, Anne Brasseur, ex-présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Roland Ries, maire de Strasbourg, et de Christian Albecker, président de l’UÉPAL.

 

Protestants en fête 2017, vendredi 27 octobre : inauguration du Village des fraternités

À peine inauguré, le Village des fraternités battait déjà son plein, vendredi après-midi, à Strasbourg. Rien d’étonnant à cela quand on sait que 10 000 participants sont attendus sur l’ensemble du week-end, selon la Fédération protestante de France (FPF). Jeunes, moins jeunes, voire très âgés, venus de la région, du Bénin pour une formation pastorale ou de Madagascar pour rendre visite à des amis protestants, ils étaient plusieurs centaines à se masser sur la place Kléber pour entendre le maire, Roland Ries, et François Clavairoly, président de la FPF, lors de l’inauguration officielle. Une troupe de jeunes handicapés était venue, encadrée par ses animateurs, pour présenter quatre chorégraphies préparées pour l’occasion.

Le Village des fraternités

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Au Village des fraternités, place Gutenberg à Strasbourg © Corinne Simon / Ciric

Autour de la place, disposées en un rectangle fermé, plusieurs grandes tentes hébergent les stands des Églises, œuvres et associations protestantes. C’est dans cette enceinte bien gardée, avec des agents de sécurité en faction permanente aux différents points d’entrée, que se déroulera durant ces deux prochains jours la vie du Village des fraternité. Cela ne semble pas l’empêcher d’être bien animée. Ici, le protestantisme montre son ancrage : la Cimade, la Ligue pour la lecture de la Bible, la Fédération de l’Entraide protestante ou la Fondation John Bost sont présents.

Quelques minutes après l’inauguration de Protestants en fête…

Roland Ries, maire de Strasbourg :

« Je reconnais que le succès considérable de Protestants en fête, qui s’annonce, m’étonne. Non par pessimisme, au contraire. Je veux simplement me réjouir que cette ville, où le protestantisme est né aussi, conserve une inspiration protestante qui déplace les foules.

J’en suis d’autant plus heureux que cet événement s’adresse non seulement aux autres religions, mais encore aux non croyants. C’est une très bonne chose car les thèmes sociaux qui sont portés par ce rassemblement – tout particulièrement la question des réfugiés –transcendent les appartenances religieuses ou philosophiques.

Je pense que les religions en général jouent un rôle important dans la construction européenne. Mais le protestantisme, parce qu’il met en avant la Bible, la réflexion, le libre arbitre, cette idée de liberté de pensée qui respecte l’altérité, contribue à illustrer la devise européenne : ‘Tous égaux, tous différents’. »

Une cérémonie officielle au Conseil de l’Europe

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Lors de l’inauguration de Protestants en fête 2017 au Conseil de l’Europe © Corinne Simon / Ciric

Vendredi après-midi, Protestants en fête a été officiellement inauguré au Conseil de l’Europe, en présence de Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, Wolfgang Schäuble, président du Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand, François Clavairoly, président de la FPF, Anne Brasseur, ex-présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Roland Ries, maire de Strasbourg, et de Christian Albecker, président de l’UÉPAL.

Dans son discours, Wolfgang Schäuble a rappelé que la première impulsion œcuménique est partie de Strasbourg au XVIe siècle.

Pour l’ancien ministre des Finances allemand, l’union de l’Europe est sa seule chance de conserver une place dans la mondialisation. Pour renforcer le sentiment d’appartenance européen, il faut profiter de chaque opportunité : l’anniversaire des 500 ans de la Réforme en est une.

Plus tard, Wolfgang Schäuble s’est intéressé du lien entre protestantisme et politique. « Les protestants allemands ne sont pas des gens faciles, durs en affaire, mais leur contribution à la démocratie est essentielle ! »

À la sortie de cette cérémonie officielle, Sylvie et Daniel, alsaciens, se disent « impressionnés par les différents discours. C’était solennel et très bien senti. » Daniel a été très touché par la dimension européenne dans le discours de Wolfgang Schäuble. Sylvie, de son côté, a beaucoup apprécié le volet « œcuménique » du texte de Gérard Collomb, qui a cité le théologien luthérien André Birmelé.

Deux autres alsaciennes, Isabelle et Charlotte, ont également apprécié les différents discours. Isabelle souligne la prestation de Gérard Collomb, même si elle reconnaît qu’il a caressé les protestants dans le sens du poil. « Mais cette reconnaissance nous fait toujours plaisir ! », admet-elle en souriant. Charlotte, elle, a préféré le discours de Wolfgang Schäuble, et notamment ce qu’il a dit sur le rapport entre protestantisme et politique en Allemagne. Un rapport très différent de celui que nous connaissons en France.

Au sortir de la cérémonie du Conseil de l’Europe : réactions de Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, et de Christian Albecker, président de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UÉPAL)

Gérard Collomb : « L’Europe est diverse, aujourd’hui plus que jamais. Ceci étant posé, les pays qui la composent ont la volonté de rester fidèles, en profondeur, à leur spiritualité, mais aussi de chercher la convergence, une confluence des pensées pour construire un modèle qui soit simplement humain.

Lors de mon intervention, j’ai dit que la Réforme fut le prolongation de cette révolution technique, scientifique et culturelle qui marqua ce que l’on appelle « la Renaissance ». D’un certain point de vue, Luther a su rendre nécessaire ce que Gutenberg avait créé par la possibilité de lire les textes.

Aujourd’hui, c’est encore la direction que nous devons prendre : avoir un esprit critique qui nous permette de penser des rapports nouveaux dans le monde et continuer à porter pour l’avenir le grand message d’humanisme qui se forgea à cette époque. »

© Corinne Simon / Ciric

Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur © Corinne Simon / Ciric

Christian Albecker : « L’ouverture publique, place Kléber a donné le ton. D’emblée s’est manifestée ce que j’appellerais un enthousiasme communicatif. Je suis très heureux que le grand chœur de saint Guillaume, un des grands chœurs protestants de notre région, ait pu embellir le caractère un peu solennel de la rencontre du Conseil de l’Europe : avec un cantique français, un chant de Mendelssohn et bien sûr L’hymne à la joie de Beethoven, l’hymne européen. Ces interventions musicales apportaient une touche d’émotion bienvenue.

L’UÉPAL avait la volonté d’apporter les moyens dont elle dispose au service de tous – y compris par le recours aux nombreux bénévoles, qui se sont beaucoup impliqués depuis près de deux ans. J’ai senti que nous était offert à travers tout le jubilé, un « fruit de l’esprit ». Ce n’est pas pour employer un langage pieu, mais on a l’impression qu’il s’est passé quelque chose qui va au-delà de la simple joie de commémorer.

Je dirais de surcroît que pour les protestants de la région, ces fêtes ont été l’occasion de se réapproprier leurs racines. Nous sommes ancrés dans des fondements bibliques qui ont deux mille ans, mais aussi dans une histoire particulière qui est celle de la Réforme. Il est important que nous en ayons conscience et j’ai senti que nos paroissiens trouvaient là de la force et du courage pour l’avenir.

Certes, le protestantisme est traversé de toutes sortes de tensions, comme l’ensemble de la société française. On y descelle des peurs, en particulier vis-à-vis des changement de la société, ou des mouvements migratoires. Mais dans le même temps, on voit les habitants d’un petit village d’Alsace accueillir des réfugiés syriens. Nous devons rester confiants. »

Un « culte inclusif » à l’Église protestante Saint-Guillaume

© FPF / Aude Millet

Lors du culte inclusif à l’Église protestante Saint-Guillaume © FPF / Aude Millet

Vendredi soir, une petite centaine de personnes se sont retrouvés dans l’Église protestante Saint-Guillaume pour vivre un culte inclusif, ouvert à toutes et à tous.

Accueilli avec une bougie et le déroulé de la cérémonie, chaque participant a été invité à s’asseoir et à se sentir ici « chez lui, comme il est ». Le culte luthérien a été célébré par plusieurs pasteurs dont Christophe Kocher (pasteur de Saint-Guillaume), Stéphane Kakouridis (paroisse Saint-Nicolas), Caroline Keck (Paroisse d’Eckbolsheim), Mgr Raphaël Steck (Union gallicane) et Joan Charras-Sancho (docteure en théologie, présidente de l’antenne inclusive de Saint-Guillaume).

La pasteure Carolina Costa (pasteure à Genève) était invitée à faire la prédication sur le texte de Marc 10, 13-16. Elle a proposé à l’assemblée, rassemblant des fidèles de tous âges, un temps de silence avant le texte biblique, puis a livré une interprétation assez inédite de ce texte. Jésus bénit les enfants que les disciples ont rejetés. La pasteure a proposé à chacun des participants d’accueillir ses difficultés, ses zones d’ombre, ses soucis, comme ses enfants cités dans le texte.

Marina Zuccon, présidente du Carrefour des chrétiens inclusifs, a souligné le caractère inédit et bienveillant de ce culte et a rappelé la présence de plusieurs stands de chrétien inclusifs sur le Village des Fraternités. Un verre de l’amitié a permis à tout ce petit monde de se rencontrer et d’échanger.

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