19 ans après, François Compaoré interpellé à Roissy dans l’affaire Norbert Zongo !

Le journaliste Norbert Zongo a été assassiné sous le régime Comparé. 19 ans après ce odieux crime, 19 ans aussi que les commanditaires de sa mort couraient et circulaient tranquillement, librement et en toute impunité...le frère de l’ancien président Burkinabé est inculpé d’« incitation à assassinat » dans l’affaire du journaliste tué en 1998, alors qu’il enquêtait sur la mort de son chauffeur.

Burkina Faso: 19 ans après, François Compaoré interpellé à Roissy dans l’affaire Norbert Zongo !

Par Freddy Mulongo, lundi 30 octobre 2017 

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 Radio Réveil FM International 

 

Le journaliste Norbert Zongo a été assassiné sous le régime Compaoré. 19 ans après ce odieux crime, 19 ans aussi que les commanditaires de sa mort couraient et circulaient tranquillement, librement et en toute impunité...le frère de l’ancien président Burkinabé est inculpé d’« incitation à assassinat » dans l’affaire du journaliste tué en 1998, alors qu’il enquêtait sur la mort de son chauffeur.

François Compaoré est sous le coup d’un mandat d’arrêt international depuis le mois de mai, poursuivi pour « incitation à assassinat » dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du journaliste d’investigation burkinabé Norbert Zongo.

Il effectuait régulièrement des allers-retours entre la Côte d’Ivoire et la France. C’est finalement à l’arrivée d’un de ces vols que François Compaoré s’est vu « notifier » son mandat d’arrêt international, dimanche 29 octobre au matin, à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.

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Meurtre de Norbert Zongo, RSF appelle la France à accepter la demande d’extradition de François Campaoré

Reporters sans frontières (RSF) salue l’arrestation de François Compaoré, qui était visé par un mandat d’arrêt international dan le cadre de l’enquête de l'assassinat du journaliste Norbert Zongo au Burkina Faso, et appelle à son extradition pour permettre à la justice burkinabé de faire toute la lumière sur ce dossier.

Le frère cadet du président déchu burkinabè Blaise Compaoré est réclamé par la justice burkinabé depuis mai 2017, dans le cadre de l'enquête sur l’assassinat en 1998 du célèbre journaliste d'investigation Norbert Zongo. Poursuivi pour "incitation à assassinats", François Compaoré, 63 ans, qui réside désormais en Côte d'Ivoire, est arrivé à Paris dimanche 29 octobre. C’est à sa descente d’avion à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle, qu’il s'est vu notifier son mandat d'arrêt.

“Près de 19 ans après les faits, il est plus que temps que la justice burkinabé puisse mener à bien son travail d’enquête et faire toute la vérité sur cet assassinat odieux, estime RSF. C’est pour cela que nous comptons sur la diligence de la justice et des autorités françaises pour répondre à la demande d’extradition du Burkina Faso, afin que François Compaoré réponde au plus vite aux questions de la justice de son pays. Les Burkinabé ont le droit de savoir pourquoi et qui a commandité l’exécution de Norbert Zongo. Cette affaire est une quête de vérité et de justice pas seulement pour les proches du journaliste assassiné, mais aussi plus largement pour l’ensemble de la population qui souhaite en terminer avec l’impunité de l’ère Compaoré.”

Le corps du journaliste d’investigation de l’hebdomadaire L’Indépendant avait été retrouvé criblé de balles et calciné le 13 décembre 1998 dans sa voiture à une centaine de kilomètres de Ouagadougou. Il enquêtait alors sur la mort en détention du chauffeur de François Compaoré, frère et conseiller du président aujourd’hui déchu, Blaise Compaoré.

RSF, qui a participé à la première commission d’enquête en décembre 1998, n’a eu de cesse de dénoncer les pressions politiques pour étouffer cette affaire, qui avaient mené à la prononciation d’un non-lieu en 2006. L’enquête a été rouverte en mars 2015, pendant la transition politique qui a suivi la chute du président Compaoré au pouvoir durant 27 ans.

Le Burkina Faso occupe la 42e place sur 180 pays au Classement mondial 2017 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

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