le double lien, ou l'art de parler pour ne rien faire

Luc Chatel, second aboyeur officiel, est à la pégagogie ce que Hortefeux aux droits humains : un dangereux ignorant.

Récemment, il a décidé que, pas plus tard qu'à partir de tout de suite, toute insulte ou comportement déplacé durant un cours devra être aussitôt réprimé avec la plus grande fermeté !

Toutefois précise t-il, l'exclusion temporaire ou définitive de l'établissement scolaire devra rester une mesure disciplinaire exceptionnelle.

Que faire alors de l'élève qui se tient mal ?

Il fut un temps où la punition consistait à passer le reste du cours dans la salle de surveillance générale. Là, dans un silence monacal, les punis devaient faire leur travail sous le regard impitoyable d'un homme d'un certain âge qui avait à a la place des yeux un croc de boucher auquel il pouvait à tout instant vous suspendre, à votre plus grande honte. Surtout qu'ensuite, rentré chez soi, une "danse" d'une autre nature vous attendait.

Je me souviens de ce même temps où le surveillant général de mon lycée d'Aix en Provence, ancien boxeur amateur, avait dans son bureau quelques paires de gant de boxe. Quand deux gars en venaient aux mains pour régler un quelconque différent autrement que par le dialogue, les pions lui apportaient les pugilistes, le Surgé les invitaient à mettre les gants, et leur demandaient ensuite de se battre.

S'ils tardaient trop à boxer, il leur montrait, geste à l'appui, mains gantées, comment faire.

S'il n'a fait naître à ma connaissance aucune vocation, les trois grandes cours de récréation, surtout durant la demi pension, étaient d'un calme propice à la méditation personnelle ou au travail collectif ou au parties de foot ou de cartes endiablées tout à fait acceptable.

Aujourd'hui, quand j'en parle à des ami(e)s professeurs aux lycées, ils en rient et me disent que depuis longtemps, tout le monde veut aller en salle de surveillance pour ne pas avoir à suivre les cours.

Leur chef d'établissement leur demande même comme une faveur toute particulière de bien vouloir faire un effort pour les conserver en cours ...

De fait, le professeur qui réprimande un élève indiscipliné, discourtois, voire répréhensible d'un comportement déplacé, n'a d'autre moyen de rétorsion que la rétention en classe ...

Donc après un martial "tolérance zéro", une solide recommandation : ":faites en sorte que cela ne se voit pas" ...

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Dans le Canard de la semaine dernière, un un dessin de Cabu désopilant : Sarkolazzie demande à Brice "mais pourquoi fais tu ce que je te demande de faire ? ..."

Un autre dessin tout aussi désopilant : le chef de l'Etat roumain qui s'étonne :" je trouve tout à fait inacceptable l'idée que les Français ne veuillent pas garder les gens dont nous ne voulons pas".

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