© La Dolce Volta

Le nouveau disque de Roger Muraro, l'un des plus grands interprètes d'Olivier Messiaen, démontre que le compositeur français tenait sa place dans une haute lignée: sinon, comment comprendre que ce compagnonnage ancien permette à ce pianiste une aussi belle aisance avec Liszt? Il prouve surtout que l'illustre Franz était l'inventeur du vingtième siècle et de la musique d'aujourd'hui. C'est bien le sens du titre, "Le piano de demain", qu'a choisi Roger Muraro, pour cet enregistrement. 

D'emblée, nous marque l'abstraction derrière la virtuosité; ou pour mieux dire, en écoutant le soliste, la virtuosité que demandent les partitions de Liszt apparaît comme un dépassement de la mélodie, des harmonies, construit ce monde nouveau qui s'affranchit des codes en vogue dans les salons romantiques, une abstraction qui nous est familière. Il y a de la révolution dans la caisse de résonnance et Muraro s'applique à nous en faire entendre les richesses.

Il faut saluer la performance: un toucher précis mais jamais sec, un déluge de notes inspirées, ce désir de lumière enfin, tout nous éblouit. Qu'importe la croyance de chacun, l'appel d'une transcendance est ici portée par un artiste qui voit loin. 

A écouter:

"Liszt, le piano de demain" par Roger Muraro. Label La Dolce Volta.

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