Hervé Christiani

Il est libre MAX - Hervé Cristiani © salix44
C'était au printemps de 1982, la Sacem honorait quelques artistes de variété.

Charlélie Couture était mince, arborait une coiffure inspirée de Fu-Manchu-vous salue-bien, pratiquait la dérision contre l'institution -tout en acceptant son prix, quand même, on ne sait jamais...

Bientôt surgit un homme jeune et joyeux: Hervé Christiani. Sa bonne humeur et sa modestie, son costume blanc paré d'un piano lumineux clipé à sa boutonnière, tout le désignait comme l'incarnation du succès populaire.

"Il est libre Max" a dit quelque chose de son temps sans ramener sa fraise, avec douceur.  Hélas, après deux chansons repérées- "Salve Regina", "Ma claque"- Hervé Christiani jamais plus n'a connu la reconnaissance publique.

Il est mort il y a quelques jours, trop jeune bien entendu. L'artiste d'une seule chanson? Ceux qui le connaissaient pourraient nous raconter les oeuvres nombreuses qu'il a conçues mais qui ne sont jamais venues jusqu'à nous. C'est ainsi la dure loi de la variété, qui laisse à l'écart un certain nombre de ses enfants, sans que l'on sache toujours pourquoi.

Christiani sans doute n'était pas Geogres Brassens. Mais il ne le prétendait pas. Faut-il à tous les coups viser l'excellence? Il avait un jour expliqué qu'il avait signé son premier contrat en gagant une partie d'échecs, au cours d'un voyage en train, à l'encontre de Jacques Kerner- alors directeur du label Polydor. Une manière élégante de ne pas se prendre au sérieux qui signe les personnes de qualité. Nous ne l'oublierons pas.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.