Marie Vermeulin

Qui la regarde est marqué par son regard: Marie Vermeulin diffuse une lumière.

Mozart Concerto N°17 K453 en sol majeur © Marie Vermeulin
Qui la regarde est marqué par son regard: Marie Vermeulin diffuse une lumière.

"J’ai découvert la musique par hasard" dit-elle dans un sourire. A l'entendre on aimerait, parodiant Diderot, murmurer: "comme tout le monde". Mais la musique ne visite jamais les êtres sans leur offrir un chemin, des roses de notes, une destinée. "Mes parents n’étaient pas musiciens, quoique mélomanes, ajoute la jeune femme.Ils m’ont inscrite dans un cours de piano, vers l’âge de sept ans. Très vite, j’ai aimé cet instrument. C’était un vrai jeu". De bonnes fées se sont penchées sur l'artiste en herbe: Jacqueline Dussol, puis  Lazar Berman et Roger Muraro.

Quoique soliste, Marie Vermeulin n'oublie jamais les autres:"lorsque l’on joue seul, on peut avoir l’impression d’accéder à un idéal, de poursuivre une recherche musicale sans frein. Mais pour ma part, j’essaie de développer des duos, des trios, de ne pas cultiver un rapport solitaire avec mes idées".

L’expression "construire une carrière" lui semble péjorative- heureux privilège de la jeunesse quand elle est éclairée de qualités. "J’ai surtout envie de jouer, dit Marie Vermeulin. Je ne peux me départir de ce que j’ai appris pendant mes études, mais je sais m’en éloigner aussi – d’ailleurs, quand j’essaie de me rappeler ce que mes maîtres m’indiquaient, je constate que  je m’en souviens mal. Je parlerai donc plutôt d’un héritage, d’une façon de creuser, d’aborder le champ musical, d’aller au-delà des choses. J’apporte ma sensibilité, sans jamais chercher à imiter, ce qui est de toute manière impossible".

Le 29 juillet prochain, Marie Vermeulin donnera un concert au Festival Olivier Messiaen du pays de la Meije. "C'est la cinquième fois que je m'y produis, fait-elle observer sans plus de manières. Olivier Messiaen est désormais l’un de mes compositeurs familiers.Mon premier disque, enregistré chez Paraty, comporte deux des « Vingt regards sur l'enfant Jésus ». Messiaen laisse beaucoup de libertés à ses interprètes. En cela sans doute est-il un classique. Le sens du phrasé, la respiration, le choix des couleurs enfin, telles sont les variations de sonorité que j’aime faire surgir, auxquelles bien sûr il était attentif". Un joli programme, à ne surtout pas manquer.

 A noter:

"Les vingt regards sur l'enfant Jésus", d'Olivier Messiaen, par Marie Vermeulin, à 21 heures le 29 juillet, en l'Eglise Notre-Dame de l'Assomption, La Grave, Pays de la Meije.

 

 

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