Eliahu Inbal (I)

A l'occasion de son quatre-vingtième anniversaire, le chef d'orchestre israélien donnera un concert à la Philharmonie de Paris, le 4 mars prochain.

R. Wagner: Tristan und Isolde - Prelude to Act I - Eliahu Inbal - Sinfónica de Galicia © SinfonicadeGalicia

Dans l'agitation de la brasserie parisienne où il a bien voulu nous accueillir, Eliahu Inbal impressionne à la fois par sa stature et sa douceur. Un géant qui garde son manteau, domine l'empressement des clients, des serveurs, un musicien qui ne manque jamais de glisser quelque sourire entre les mots. "J'étais impatient d'être octogénaire, explique-t-il. Alors que certains de mes confrères veulent cacher leur âge, il m'est agréable d'atteindre ce cap. Il est évident que je n'en ai aucun mérite, si ce n'est celui de ménager ma santé, mon alimentation. Au fond, la vie continue comme elle était juste avant que je fête mon anniversaire". 

L'écrivain Jean-Claude Carrière conseille à chacun de se demander ce que l'enfant qu'il fut penserait du parcours accompli. Comme nous posons la question à Eliahu Inbal, en quelques secondes il répond ceci: "Parfois je m'émerveille en songeant à mes débuts". Cette réflexion ne contient pas un gramme de mégalomanie, tout au contraire traduit-elle un étonnement, cette capacité que seuls conservent les êtres sincères à se laisser surprendre par le cours des choses."Je suis né pour être chef d'orchestre, c'est ma destinée, le but de ma vie, à part la famille, ajoute Eliahu Inbal. Mon extrême sensibilité à la musique m'a convaincu d'apprendre le violon mais, très vite, aux alentours de mes treize ans, j'ai voulu conduire un orchestre".

Pourtant le jeune Eliahu se passionnait pour la science. Enfant précoce titulaire du baccalauréat dès seize ans, il a même songé, pendant quelques mois, mener ce que l'on appelle un double cursus. Mais l'art des sons s'est révélé plus fort. "Je ne pouvais pas suivre les deux chemins en même temps, reconnaît-il, à moins de faire des compromis". Cette notion ne semble guère appartenir au vocabulaire de cet homme chaleureux: comment parvenir à l'excellence dans la demi-mesure?  

(A suivre...)

A noter:

Concert d'Eliahu Inbal et de l'orchestre Philharmonique de Radio France le 4 mars 2016 à 20h30 à Philharmonie de Paris.

Au programme: Jörg Widmann Flûte en suite création (soliste: Emmanuel Pahud) et la neuvième symphonie d'Anton Bruckner. Réservations: Philharmonie de Paris, 221 Avenue Jean Jaurès, 75019 Paris. Téléphone:01 44 84 44 84, par Internet: www.philharmoniedeparis.fr

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.