Michel Rateau (1938-2020)

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Connaissez-vous Michel Rateau? La photographie que nous pouvons voir ici reflète une bienveillance, une fantaisie qui ne laissent pas indifférents. Le parcours de cet homme est également étonnant.

Peut-être par modestie, peut-être par passion pour l'éphémère - deux inclinations qui ne s'excluent pas forcément- ce compositeur n'a pas voulu que ses œuvres fussent enregistrées. Le billettiste, n'ayant pas eu la chance de les entendre, est heureux de citer Johanne Rateau, veuve de cet artiste qui, depuis sa prime jeunesse, associant les instruments classiques aux objets de la vie quotidienne: "C'était un homme et un musicien libre qui ne s'est jamais enfermé dans des cases, nous dit-elle. Sa musique n''est pas " contemporaine" au sens boulézien. Elle n'est pas non plus néo-tonale ou classique.  Or chaque salle a ses cases et  il n'est pas facile de programmer des penseurs libres..." Le titre des ses partitions révèle une fantaisie que l'on n'avait pas connue depuis Satie: "Est-ce un oiseau, un enfant qui rit ?", " En écoutant le temps chanter", "Fleurs des chants", "Au pays des airs de musique", "En jouant deux si deux la"... Mais à la différence de l'homme d'Arcueil, Michel Rateau paraissait animé d'une bonne humeur authentique, d'une force de vie.    

Grâce à la toile on peut savoir qu'élève dans une école religieuse dès l'âge de cinq ans, l'enfant du quinzième arrondissement fut découvert et soutenu par une bonne sœur -ainsi parlait-on naguère-  prénommée Marie Laurent, qui lui transmit un solide enseignement musical jusqu'à l'âge de onze ans. Michel Rateau, qui jouait de l'orgue autant que du piano, intégra le Conservatoire National supérieur de Paris, dans les classes de Jacques Février, puis Jean Doyen. Mais c'est la composition qui vraiment l'inspirait. Michel Rateau devint l'élève de Maurice Duruflé, André Jolivet, Jean Rivié. Le Premier Grand prix de Rome, obtenu en 1967, couronna ce parcours d'excellence.

 

Une certaine tristesse nous anime en songeant que nul ne peut écouter aujourd'hui ce compositeur. Qui sait? Peut-être quelque artiste aura-t-il le désir de les jouer, de les enregistrer? Le Billettiste va s'atteler à la tâche... Un homme qui déploya sur plus plusieurs années la composition d'une partition qu'il avait baptisée Les chants du temps mérite un effort collectif. Bonne journée à tous !

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