Mozart, Clementi, Ciccolini

Comment composer quand le mal court ? 83, 84 et 85èmes des années 1700, Mozart est aux abois tout autant que célèbre.

Une rivière en douce coule, un relai se transmet cependant, source que l’on dirait miraculeuse qui s’avance vers Beethoven, une histoire comme les aiment les arts- au soleil. En écoutant ce nouveau disque d’Aldo Ciccolini, c’est d’abord à cela que l’on songe. On oublie cinq secondes l’interprète. Ensuite, évidemment…

L’inquiétude gagne de trop en dire ou de trop en faire. « Quoi ? Ciccolini ? Encore lui ?» pourraient à bon droit s’insurger les lecteurs. On le pense aussi, bien entendu. Mais il faut assumer, parce que c’est tout de même un destin qui se dessine: un artiste, après avoir un brin choisi le chemin des écoliers, se révèle depuis douze ans le pianiste du siècle. On dirait que rien ne l’arrête, que les menaces de la nuit lui donnent des ailes.

Parlez d’une Fantaisie : ce sont les tourments de la soie libertine, un pressentiment romantique, une idée d'avant-garde à l’approche du tombeau. Deux sonates et l’on croit que le tour est joué. Mais Clementi, que l’on n’attendait plus, danse un retour à l’Italie, retour à l’origine. Au piano se livre quelque chose. A s'en régaler, de toute urgence.

 A noter :

Mozart et Clementi : « Sonates et fantaisie » par Aldo Ciccolini. Label Dolce Volta, dist. Harmonia Mundi

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