Mon tour de France des solidaires en solitaire - Introduction

J'ai toujours navigué, dans ma vie...

J'ai toujours navigué, dans ma vie.

Une chanson qui m'a suivi toute ma vie, dans sa sonorité et ses paroles, est "Le voyageur", des Ogres de Barback. Je ne m'en suis jamais revendiqué, par humilité peut-être. Mais elle m'a suivi dans mon histoire, ses mots résonnent pour moi comme elle peut résonner totalement différemment pour une autre personne. J'ai toujours navigué dans ma vie.

En cela que j'ai besoin d'avancer. De construire avec des gen.te.s et, quand la vie de celleux-ci bifurque de la mienne, prendre un autre chemin, continuer avec celleux qui restent ou rencontrer de nouveaux ami.e.s avec qui construire un autre bout de chemin.
Puis quand la vie de celleux-ci bifurque de la mienne, prendre un autre chemin, continuer avec celleux qui restent... Bref, j'ai toujours navigué dans ma vie.

J'ai aimé chaque personne rencontrée, plus ou moins fortement selon les situations. J'ai, bien sûr, été déçu par certain.e.s d'entre elleux. Certain.e.s d'entre elleux ont, bien sûr, été déçu par moi. C'est ainsi qu'on avance et qu'on apprend. Parfois, cela prend quelques heures. Parfois, quelques années.
L'important est d'apprendre et de comprendre, non? Avec le temps, j'ai appris à apprendre et comprendre de plus en plus en vite. Pour ça, j'ai dû me détacher de mes acquis, déconstruire, et entendre que mon évidence n'est pas celle des autres. J'avais déjà quelques bases dès l'adolescence mais pas de mots à mettre dessus. Pour ça, j'ai dû entendre ce que mes ami.e.s me disaient et passer par des phases d'introspection. Phases plutôt solitaires et nécessaires pour moi. J'en ai de moins en moins besoin et j'en suis heureux. D'ailleurs, je suis dans une de ces phases. Mais je la veux constructive, bien qu'elles n'ont jamais été inutiles, en soi. C'est pour ça que je me fais ce tour de France à pied des ami.e.s et des lieux solidaires. Car je veux reprendre le contrôle de mon temps en plus de continuer à naviguer dans ma vie.

Occasion de regarder d'un œil nouveau la nature, de vivre sans avoir à regarder l'heure pour le bus (4 ou 5 par jour en direction de la "grande ville", 2 pour aller au travail, 2 pour en revenir et - soyons grand seigneur - 1 le midi pour les personnes à mi-temps), d'écouter la radio dans la tente avant de m'endormir et laisser mon esprit divaguer, de voir un village au loin et décider d'installer mon bivouac juste avant afin de remplir ma poche d'eau au cimetière sur le chemin en partant le lendemain.
Je suis actuellement en Bretagne et je remarque que la majorité des papillons que j'ai rencontré pour l'instant sont blancs. Est-ce par eugénisme ou tout simplement pour capter le plus de soleil possible? Mes ami.e.s breton.ne.s savent que je les taquine, les autres ne m'en tiendront pas rigueur, j'espère. Je ne partirai pas dans une écriture littéraire en vous affublant d'un nouveau "J'ai toujours navigué dans ma vie".

Car je pense que vous l'aurez compris, maintenant. Oui, d'accord, cela donne un effet de style mais ce n'est pas la tournure que je donnerai à mes écrits. Ce sont juste les mots qui me sont venus à l'esprit sur le moment et je trouvai que ça en jette de se donner un style. Bref, ne vous y habituez pas trop. Tout ça pour vous dire que je conterai mes tribulations tout au long de mon voyage, les rencontres faites (souvent positives, je vois le bon côté des choses généralement), les pensées me traversant sur le monde qui m'entoure, sur ma perception des choses.

Pourquoi faire ce voyage? Pourquoi écrire? Pourquoi sortir de ma zone de confort? Qu'est-ce que j'appelle zone de confort? Elle est tellement différente selon les personnes. Peut-être que c'est une bonne question à poser aux personnes que je rencontrerai. J'espère que la lecture ne sera pas fastidieuse pour vous, que cela vous apportera un point de vue intéressant à aborder lors des apéros, moments où on refait le monde et qu'on étaye avec des arguments (selon le degré d'alcoolémie, arguments parfois fallacieux, il faut être honnête!) et des histoires entendues ou lues.

En tous les cas, mes mots et mon histoire seront posés et ne m'appartiendront plus. En vérité, mon histoire, je la connais. Peut-être juste un besoin de poser les idées en me disant que c'est une solution pour vider mon esprit et ne plus y penser ou que j'y trouverai une réponse à mes questions. Ceci est le début de mon tour de France des ami.e.s et des lieux solidaires et je ne sais pas ce que j'en attends réellement, au final. Peut-être qu'après, je trouverai un endroit où me poser et que j'arrêterai de naviguer dans ma vie (et oui, j'ai quand même réussi à le poser!).

P.S.: Oui, nous sommes sur de l'écriture inclusive et ne m'en voulez pas si je fais des erreurs à ce niveau. Je m'améliorerai au fur et à mesure, surtout vous me donnez en commentaires des corrections. Et pour les personnes pour qui cela est fastidieux à lire, dites-vous qu'on s'y fait très vite si on y met un peu du sien. :)

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