Catalogne : l’internationalisation du conflit !

Près de quatre ans après la tentative de coup d’Etat séparatiste, le constitutionnalisme catalan et espagnol éprouve toujours beaucoup de difficultés à s’exporter

*Que cela soit à Perpignan ; dans le Rousillon ; à Strasbourg ; à Elne, en France ; en Belgique ; au Québec ; à Paris ; dans le canton du Jura, en suisse, en passant par Genève ; Lausanne ; Zurich ; Berne et Lugano, pour ne mentionner que ces lieux, l’appareil séparatiste catalan n’a pas de répit. Notons que ce sont autant d’endroits dans lesquels est intervenue l’association suisse, apolitique et bénévole « Catalunya peuple d’Espagne CPDE» C’est fort heureux. Il n’y avait personne d’autre. L’appareil séparatiste catalan qui est animé par des agissements criminels – malversations ; corruptions ; tentative de coup d’Etat ; guérilla urbaine – est composé, entre autre, par la Generalitat ; par Diplocat ; par l’Assemblée Nationale Catalane (ANC); par Catalonia Global Institute (CGI); par International Trial Watch (ITW) ou encore par Òmnium Cultural - a compris que nous vivons un monde interconnecté où l’émotionnel est à la mode. Il a compris qu’aujourd’hui les guerres se font avec des mensonges et non avec des bombes. Il a aussi compris que le centralisme de l’Union européenne (UE) a fortement diminué les prérogatives des Etats nations membres. Qu’à ce rythme le Royaume d’Espagne ne pouvait que s’affaiblir sur la scène internationale. Il a vu également que les indépendances récentes de la Slovénie ; de la Slovaquie ; de la Croatie ; de la Bosnie ; de la Macédoine; du Kosovo ; du Monténégro ; de la République tchèque etc ont été possibles grâce à l’intervention et à la reconnaissance de l’étranger. Il s’agit donc d’acheter les opinions étrangères. Et, l’appareil séparatiste le fait bien. En aucun cas, il ne s’agit de le sous-estimer. Pour preuve, en octobre 2017, lors de la déclaration d’indépendance unilatérale (DUI), les séparatistes catalans ont pris une gifle monumentale quand aucun des 195 Etats qui composent le concert des Nations unies (ONU) ne l’a reconnue. Pourtant, les sécessionnistes – évoluant comme une secte – ne se sont pas découragés. Ils poursuivent jour après jour leur guerre de la communication contre l’Espagne. Ils piétinent l’existence même des constitutionnalistes catalans. Nous déplorons que ces derniers n’existent quasiment pas sur la scène internationale. La faute est aux gouvernements successifs de droite comme de gauche qui ont passé quarante ans à ce vendre aux nationalistes en échange de votes. Mais probablement aussi en raison d’un désarmement moral. De la dictature franquiste à la démocratie égoïste et consumériste, beaucoup de politiques espagnols n’ont pas acquis la maturité et la responsabilité nécessaires pour conduire la destinée d’une grande nation. J’ai souvent été témoin de l’inefficacité voire de l’absence des autorités espagnoles à démentir le discours sécessionniste catalan véhiculé par les médias ; par les académiques et par les politiques suisses. Cette absence de riposte institutionnelle m’a convaincu que les constitutionnalistes catalans doivent prendre leur destin en main. Ils doivent à présent quitter le préau de l’école maternelle et devenir une réelle force d’opposition que l’on respecte et qui existe tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’autonomie catalane. 

*Texte publié, une première fois, en espagnol dans le bulletin d’information no 6 de l’association « Cataluña Suma por España »

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