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Billet de blog 9 avr. 2021

Podemos la gauche radicale qui met à l’épreuve l’Espagne

Pour exister, les chavistes de Podemos jettent de l’huile sur le feu du nationalisme identitaire. Alimentent toutes sortes de polémiques dont leurs leaders Pablo Iglesias et Irene Montero ont le secret. Ils soutiennent le rappeur délinquant Pablo Hasél jusqu’à justifier la guérilla de rue et les agressions sur policiers.

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Mercredi 7 avril 2021, le meeting électoral du parti politique conservateur Vox à la place de la Constitution, à Madrid, fut une fois de plus sérieusement et honteusement perturbé par la gauche radicale à la tête de qui on retrouve quelques ministres de la formation de Podemos. 
L’acte qui avait normalement été annoncé et autorisé devait marquer le début de la campagne électorale pour la Communauté de Madrid. 
Comme pour les violences de mars dernier à Barcelone, on retrouve comme principaux instigateurs du boycotte des opinions politiques divergentes par le biais des violences de rue des protagonistes Podemos. 
Cette formation très proche de la dictature vénézuélienne appartient à la coalition gouvernementale avec le parti socialiste depuis plus d’une année. Seulement voilà le président du gouvernement le socialiste Pedro Sanchez qui a choisi les « podemistas » pour former sa majorité, aux côtés de la gauche fasciste Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) et des nationalistes basques, ne leur fait aucune confiance : « Podemos occupe des ministères qui ne sont pas régaliens, ses membres ne peuvent donc pas briller par leur gestion » explique Fernando Vallespin, professeur de sciences politiques à l’Université autonome de Madrid. 
L’économie, les finances, l’intérieur, la défense et la justice sont tenus par les socialistes tandis que Podemos a hérité des ministères des universités, de la consommation, de l’égalité et du travail. Beaucoup diront que c’est un moindre mal pour une Espagne déjà bien malade économiquement comme sur le plan moral. 
La crise sanitaire n’a rien arrangé pour les « podemistas »qui demeurent dans l’ombre des ministres socialistes qui gèrent principalement la pandémie de la Covid-19 : « Sans le coronavirus et la crise économique, les choses seraient différentes. Du coup pour exister, Podemos doit jouer sur la communication, afficher ses différences avec les socialistes et assurer que leur parti irait plus loin dans les décisions », explique Pablo Simon, professeur de Sciences politiques de Carlos III.

Le parti de la gauche radicale se concentre donc sur des débats sur le féminisme et sur leur position antimonarchique, profitant des révélations dans le scandale qui éclabousse l’ancien roi Juan Carlos. « Sur la question de la monarchie, Podemos n’a pas la même position que les socialistes, mais ce débat ne dépasse pas le seuil du symbolique car changer le système ne dépend pas d’eux seulement », ajoute Pablo Simon.

Sur le front économique, Podemos multiplie les différents avec le parti de Pedro Sanchez. Il n’a pas réussi à obtenir une autre augmentation du salaire minimum interprofessionnel ou à annuler la hausse du pris de l’électricité. « Le programme de Podemos est difficile à appliquer. Pour financer l’économie espagnole, comme le souhaite ce parti, il nous faudrait avoir une économie très compétitive avec beaucoup de recettes fiscales et ce n’est pas le cas », précise le professeur Vallespin.

Pour exister, les chavistes jettent continuellement de l’huile sur le feu du nationalisme identitaire. Alimentent toutes sortes de polémiques dont leurs leaders Pablo Iglesias et Irene Montero ont le secret. Ils soutiennent publiquement le rappeur délinquant Pablo Hasél jusqu’à justifier la guérilla de rue et les agressions de policiers. 
Quant aux socialistes espagnols, ils comprennent, non dans une certaine douleur, le refrain populaire : « Mieux vaut être seul que mal accompagné. »

Quant à l’observateur politique étranger - comme il en existe beaucoup dans les chancelleries européennes - il pourra s’exclamer, non sans une méconnaissance des faits: « C’est le premier gouvernement de coalition de l’histoire de la transition démocratique espagnole. » Certes, mais à quel prix ?

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