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Billet de blog 14 févr. 2021

Catalogne : l’identité catalane séquestrée par les séparatistes

Sonia - prénom d’emprunt - est une mère de famille habitant la région de Tarragona avec qui je me suis entretenu à plusieurs reprises entre juillet et décembre 2018. Son témoignage, déjà publié le 4 novembre de la même année dans le blog du quotidien suisse « 24 heures », est toujours d’actualité. Les séparatistes ont fagocité la culture catalane.

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FM : Sonia, nous nous sommes entretenus le mois dernier sur l’endoctrinement à l’école. Vous venez de publier un texte puissant sur l’identité catalane sur la plateforme « Catalunya peuple d’Espagne. » Pouvez-vous nous expliquer votre démarche ?

Sonia : Si on met les choses à leur place, peut-être pourrons-nous récupérer ce que les séparatistes nous ont volé: notre identité.

Qu’est-ce que la Catalogne ? : une région d’Espagne.

Qu’est-ce que la langue catalane ? : une langue officielle, tout comme l’espagnol, d’une région d’Espagne.

Qu’est-ce qu’un catalan ? Un espagnol de la région de Catalogne.

C’est comme ça depuis des siècles et la majorité des catalans sommes fières que ce soit ainsi.

Au vu de tout ceci, il n’y a aucun besoin de complément indicatif quand on parle d’un catalan. Il n’est pas nécessaire d’ajouter « constitutionnaliste », « unioniste » ou pire « espagnoliste », un catalan est espagnol et s’il faut nuancer, c’est quand un catalan prétend être autre chose.

Nous ne devons pas permettre qu’on nous identifie d’une autre manière, nous sommes les Catalans et les autres sont des séparatistes, indépendantiste ou se qu’ils veulent bien être.

FM: À vous lire, cela paraît limpide. D’autant plus que l’appareil séparatiste est entaché de grosses affaires de corruption et de clientélisme. Pourtant, dans les faits, la majorité non indépendantiste semble avoir de la difficulté à sortir d’une certaine léthargie...

Sonia : J’ai remarqué que les catalans ne savent pas bien comment réagir face au séparatisme et je pense que les indépendantistes se sont simplement appropriés toute l’identité catalane comme propre à eux seuls. Comment une personne peut avoir le cœur à lutter contre l’image de sa culture, de sa langue et de ses coutumes... ? Il faut remédier à ça, car nous n’allons pas renoncer à ce que nous sommes et encore moins lutter contre. Nous allons nous battre pour récupérer notre identité qui est celle de 5’500’000 de catalans (n’hésitons pas à brandir les chiffres que l’on nous a fourni).

FM : On vous le souhaite mais force est de reconnaître que de puissants lobbys financés avec vos impôts tels que l’Assemblée nationale catalane (ANC) et Òmnium Cultural vous ont mis sous le tapis si j’ose dire. Qu’en pensez-vous?

Sonia : De quel droit les indépendantistes catalans se sont appropriés de toute notre culture, nos coutumes et notre langue pour les utiliser comme bouclier et les ridiculiser sur le plan international en offrant une image de la Catalogne victimiste, vaincue et faible ? Ceci n’est pas la Catalogne. Notre région est solide, prospère depuis des siècles et fière d’être un important maillon économique de notre pays qui peut soutenir les régions plus défavorisées. La Catalogne est solidaire et charismatique. Suite aux événements delictueux du 1er octobre 2017 et contre toutes attentes (les séparatistes nous ayant convaincus que toute l’Espagne nous haïssait), toute l’Espagne s’est levée comme un seul homme et a fait preuve d’un grand soutient et d’une solidarité envers les Catalans. Eux l’ont vu et ont su le valoriser. Ne les décevons pas maintenant en abandonnant une partie de la culture espagnole à des individus  qui se montrent radicaux, xénophobes et suprémacistes.

Cette culture est aussi bien la nôtre qu’aux indépendantistes catalans qui l’accaparent et nous ne devons pas permettre qu’elle soit utilisée avec de mauvaises intentions. Notre langue ne s’impose pas, notre langue est une richesse. Nous devons en être reconnaissants et en assurer la préservation. Ce ne doit pas être un objet de différence, mais un objet enviable et d’intérêt commun.

FM : Prions pour que le message soit entendu Sonia. Que comptez-vous faire à présent ? 

Sonia : Je pense qu’il est temps de se lever, avec la tête bien haute, non pas pour lutter contre nous-même, mais pour protéger et récupérer ce qui est à nous : notre culture et notre langue.

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