Catalogne : Pablo Hasél a fait de l’apologie de la haine son fonds de commerce

De nombreux médias se complaisent à affirmer que le rappeur Pablo Rivadulla Duró a été condamné pour des insultes qu’il aurait proféré publiquement à l’encontre de la Monarchie. La vérité est plus grave que quelques « gros titres » qui cherchent, une fois de plus, à vendre

Pablo Hasél – de son vrai nom Pablo Rivadulla Duró, un rappeur parmi tant d’autres, jusqu’il y a peu, totalement inconnu a choisi la provocation et l’apologie de la haine pour appeler la lumière sur lui. Une manière de composer avec un talent qu’il n’a manifestement pas. De là à le considérer comme un artiste il y a un pas que votre serviteur ne franchira pas.
Je me suis interrogé sur la définition de l’art. Celle que m’a donnée un professeur aux Beaux-arts, aujourd’hui retraité, sonne juste à ma conception de la grandeur : «L’art est le résultat d’un dépassement de soi. » Est-ce que faire l’apologie d’organisations terroristes telle que l’ETA qui a lâchement assassiné plus de 800 personnes, citoyens désarmés, femmes et enfants compris, de plus dans un pays dont l’exercice de la démocratie n’est remis en question par aucune institution onusienne un minimum sérieuse ni aucun État est un dépassement de soi ? 
Probablement, que c’est un dépassement de soi dans la bêtise mais ce n’est certainement pas de l’art. 
Rivadulla Duró avait jusqu’à vendredi soir dernier pour se rendre volontairement en prison et commencer à y purger la peine de neuf mois qui lui avait été infligée par la justice. Reconnu coupable d’apologie du terrorisme, ainsi que d’injures et calomnies à l’encontre de la couronne et de l’Etat.  
Aussi, je ne me prononcerai pas sur la nature de la peine. Seulement, je m’interroge sur les dispositions pénales, pour autant qu’elles existent, des autres pays européens vis-à-vis d’un individu qui profèrent publiquement les injures et des menaces ? Parce que la personne qui nous occupe a également menacé un témoin. 
Je m’interroge aussi sur quelle portée cela aurait dans nos médias dont une bonne partie s’évertuent à contenter une gauche moraliste qui n’a de progressiste que le nom si Hasél faisait l’apologie du nazisme en lieu et place des assassins séparatistes basques ou encore du « Grapo », autre mouvance criminelle ? 
Et que dirait le collectif d’artistes - de vrais artistes cette-fois-ci - qui ont récemment signé une tribune en soutien à Pablo Rivadulla Duró si on remplaçait policiers; bourbons et l’Espagne prétendument fasciste que le « rappeur - artiste » appelle de ses vœux et implicitement à rayer de la surface de la terre par « juifs »,  « nègres » ou «arabes»? 
Finalement, que faisait-il encore dans ce pays où l’air est à ce point irrespirable ? 
C’est regrettable, sa condamnation par la justice pénale lui procure une publicité qu’il n’aurait jamais obtenue par d’autres moyens. Pour le moins, il mérite désapprobation et indifférence. Le problème est que dès qu’on légifère sur la réponse à donner à l’appel à la haine et au meurtre il est difficile de n’appliquer la loi seulement quand cela ne risque pas de provoquer des émeutes. Il reste, certainement, un travail de pédagogie à fournir par nos intellectuels et autres faiseurs d’opinions pour expliquer la gravité du comportement de Pablo Hasél. 
Rappelons qu’en France voisine d’odieux assassinats ont été perpétrés par des déséquilibrés inspirés par des appels à la haine et au meurtre sur les réseaux sociaux. 

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