TELERAMA: Chien de garde de l'idéologie dominante

Télérama ; chien de garde de l’idéologie dominante

 

En ces temps de "crise économique" où les pays sont saignés à blanc par des délinquants en cols blancs, le film :"Ma part du gâteau " de Cédric Klapisch" est un joli coup de pieds dans la fourmilière des idées reçues. Il nous montre, avec pertinence et beaucoup d’ironie, le parcours d’une jeune femme licenciée d’une entreprise délocalisée suite aux manigances d’un trader, honnête homme et moralement irréprochable, qu’elle rencontre dans sa fonction de bonne et de garde d’enfant ! Le fonctionnement du système bancaire, ses vols par traders interposés qui ramassent par un simple jeu de spéculations sur ordinateurs, en quelques minutes quelques milliers d’euros, qu’ils empochent avec une grande satisfaction, souvent au détriment des entreprises mis en faillite et donc « obligés » de délocaliser, (comme cela est montré dans le film)

Ce film, politiquement subversif, plein de scènes « humoristiques et hautement significatives, nous montre bien comment on vit dans ces deux mondes : celui des « gens d’en bas » et celui des « gens d’en haut » où l’argent facile est roi. Et surtout, à travers des épisodes hilarantes, et parfois pleins de tendresse, Cédric Klapisch épingle, mine de rien,, ce monde de gens respectables et respectés, qui agissent en toute bonne conscience et en toute légalité avec la complicité du pouvoir en place. Celui-ci, envoie d’ailleurs ses « flics » (comme cela apparaît à la fin du film) pour réprimer le moindre acte de délinquance de toute personne ordinaire, (dans le film il s’agit de l’ enlèvement de l’enfant » par la bonne chargée de s’occuper de lui,dans le but d’alerter une presse absente et bien muette) mais ce pouvoir en place n’intervient d’aucune façon dans toutes ces malversations, ces "vols commis en toute légalité et bonne conscience, par ces « crapules » en col blanc !

Ce film populaire dans le bon sens du terme c'est à dire accessible à un large public, a été comme cela se passe souvent, vraiment peu diffusé, et comme par hasard (sic) Monsieur Jacques Morice le descend en flèche en laissant sous-entendre , sans doute pour décourager les lecteurs de Télérama, que : ce film sur joué , démonstratif et maladroit, passe à côté d'un sujet d'un brûlante actualité, et se réduirait à une joute politique assez dérisoire qui pourrait se résumer: "Klapisch Mélenchon même combat" Par cette dernière remarque d’une douteuse subtilité, le journaliste de Télérama se range bien dans la meute des « chiens de garde » qui dénoncent tout discours subversif en le disqualifiant d’une manière imbécile et idéologiquement plombée !

Pour ceux qui trouveraient encore à l’affiche : Ma part au gâteau, je leur conseille de se précipiter pour le voir avant qu’il ne soit déprogrammé. Il s’agit bien d’une « fable » à la fois drôle et sérieuse, à la fois légère et grave, qui étrille d’une bien belle manière nos « valeurs démocratiques »

 

Dans le même numéro (N°3192 du 19 au 25 Mars), nous avons trouvé, comme par hasard, le même genre de critique idéologiquement plombé, sous la plume de Monsieur Samuel Douhaire à propos du film de Ken Loach:"Route Irish" qui a subi, sur le plan de la publicité et de sa diffusion,un service minimum

Alors que le sujet du film est, en ces temps d’exaltation humanitariste et guerrière, d'une actualité brûlante parce qu'il nous fait saisir à travers une successions d'épisodes poignants et politiquement implacables, le fonctionnement de la guerre en Irak où la cupidité des "mercenaires" encouage une succession quotidienne de crimes contre l'humanité

Que Monsieur Samuel Douhaire puisse ne pas apprécier, en ces temps de guerre menées au nom de nos valeurs de civilisation, ce film Route Irish où Ken Loach épingle les mensonges, turpitudes et crimes de guerre qui sont au coeur des "interventions humanitaires", téléguidée par les U.S.A et approuvés par le "bon peuple de France" abreuvé par les campagnes de propagande de l'ensemble des média, dont Télérama, nous pouvons bien le concevoir, dans l’exacte mesure où nos journalistes remplissent, comme il se doit, leur fonction de « gardiens du troupeau », de « chien de l’idéologie dominant. Mais que Monsieur Samuel Douhaire procède, au nom d’une appréciation critique artistique, à une exécution sommaire de ce film mettant en scène un Irak débarrassée de ses étendards démocratiques et clairement envisagée comme un coup financier juteux pour tous ces "mercenaires" engagés par les U.S.A, relève d’une imposture, assez coutumière du côté des critiques « artistiques » de Télérama Pour que vous puissiez apprécier, nous ne résistons pas au plaisir de citer de longs extraits de cet alignement de quelques phrases pompeuses et dis qualifiantes: « Le premier quart d’heure revoie au meilleur de Ken Loach au bout d'un quart d'heure Irish Route devient un thriller poussif sur fond de guerre en Irak. Rien ne fonctionne dans cette enquête menée par un agent de sécurité anglais sur la mort de son copain d’enfance à Bagdad. Marc Womack, monolithique, s’épuise en vain à sur jouer l’énergie du désespoir. Le scénariste Paul Laverty, plus prêchi – prêcha que jamais, se révèle aussi peu subtil dans sa dénonciation des turpitudes occidentales en Irak que ces personnages de mercenaires dans leurs opérations de « nettoyage. Et «notre critique», en bon moraliste, conclut doctement : « Pour montrer à quel point les mensonges et les violences d’Etat ont contaminé les individus, Ken Loach transforme son héros en bourreau dans une scène de torture pour le moins embarrassante, à la fois timide dans sa réalisation et complaisante dans sa durée Revoyez plutôt "Le vent se lève ». Cette « invitation » cadre bien avec les « versets » de la propagande actuelle

Comme pour, Ma part du gâteau le film précédent, le journaliste est vraiment à côté de la plaque. Irish Route est un film extrêmement prenant et radicalement subversif parce qu’il nous amène à réfléchir, ce droit ou devoir d’ingérence que s’arrogent nos démocraties, en particulier les U.S.A, au prétexte de sauver les population civiles, dont on se moque, en réalité, comme d’une première chemise !. Pour preuve, cette scènequi se situe à la fin du film et qui montre les commanditaires des mercenaires, « ces nouveaux soldats de la paix », sablant le champagne après avoir signe un nouveau contrat pour faire régner l’ordre et la paix au Darfour ou dans d’autres pays, la Libye par exemple, alors qu’ils sèment la ruine et la mort Suivra cette autre scène où une explosion pulvérise leur luxueuse voiture, alors nous ne pouvons nous empêcher de penser que : « justice est faite »

Evidemment cet « acte de terrorisme »ne grandit pas, aux yeux du journaliste de Télérama le « héros » de Ken Loach, et ne devrait, sans doute pas, être montré au grand public. Nous pensons , contrairement à tous ces « journaleux » que Route Irish relève d’une « entreprise de salubrité publique » de déniaisement et de dénonciation des mensonges colportés par nos médias serviles

Francis Grislin

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