PALESTINE: Pourquoi les Accords d'Oslo ont-il échoués

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Pourquoi les accords d’Oslo ont-ils échoué ?

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lundi 22 octobre 2007, par Alain Gresh

Pourquoi les accords d’Oslo ont-ils échoué ?

Dans quelques semaines devrait se tenir une réunion internationale à Annapolis (Etats-Unis) sur le conflit israélo-palestinien. A l’ordre du jour, une nouvelle fois, la création d’un Etat palestinien aux côtés de l’Etat d’Israël. Pour mesurer les chances de succès d’une telle réunion, il n’est pas inutile de revenir sur l’histoire et sur l’échec des accords d’Oslo. Dans une nouvelle édition de mon livre, Israël, Palestine. Vérités sur un conflit, qui sort mercredi en librairie, je reviens sur quelques aspects de cet échec, et notamment sur le rôle de la "communauté internationale".

Un autre facteur important de l’échec fut l’attitude de « la communauté internationale » (en fait, les Etats-Unis et l’Union européenne), dont la ligne de conduite a été constante : faire pression sur la partie la plus faible, les Palestiniens, pour l’amener à plus de concessions. Ce penchant est déjà perceptible lors des négociations secrètes d’Oslo. La chercheuse norvégienne Hilde Henriksen Waage, qui a eu accès à tous les documents, l’a mise en évidence. Comme on s’en souvient, dans un premier temps, entre janvier et mai 1993, les négociations abritées par les Norvégiens impliquaient des universitaires israéliens et des cadres palestiniens de l’OLP ; des responsables israéliens, notamment le ministre des affaires étrangères Shimon Pérès, étaient tenus au courant.La Norvègeavait été choisie par l’OLP parce qu’elle était une alliée des Etats-Unis, un pays proche d’Israël : ces facteurs, pensait Yasser Arafat, favoriseraient le dialogue. Oslo se borna d’abord à un rôle de facilitateur : créer les meilleures conditions pour que les réunions puissent se tenir, dans le plus grand secret. Au mois de mai, on passa à une autre étape : Itzhak Rabin, qui avait remporté les élections de juin 1992 et remplacé le dirigeant de droite Itzhak Shamir comme premier ministre, envoyait à Oslo des représentants officiels.

Leur premier geste fut de remettre en cause les avancées déjà réalisées. A partir de cette date également, le nouveau ministre norvégien des affaires étrangères, Johan Jorgen Holst, s’impliqua directement. Et il fut pris dans une logique infernale que l’on verra à l’œuvre durant les dix années suivantes : pour sauver les tractations, mises en cause par les exigences israéliennes, il faut faire pression… sur les Palestiniens. Hilde Henriksen Waage l’explique : « Le rôle dela Norvègen’était pas dicté par la sympathie à l’égard d’Israël ou par le désir de l’aider. Les Norvégiens n’étaient pas forcément d’accord avec les différentes propositions israéliennes. Mais le résultat était le même :la Norvègea toujours travaillé sur la base des demandes israéliennes, accepté les “lignes rouges” israéliennes, reculé pour prendre en compte les préoccupations israéliennes de sécurité. C’était la seule manière de maintenir son rôle dans le processus de négociation : les Norvégiens savaient fort bien qu’ils devaient être acceptés comme facilitateurs d’abord et avant tout par la partie la plus forte. » Et Johan Jorgen Holst jouera souvent le rôle de « facteur » du gouvernement israélien, se pliant à toutes ses exigences, lui rendant compte des négociations qu’il mène avec Yasser Arafat.

La Norvègeest un petit pays, avec des moyens limités. Dans la phase suivante, celle de la mise en œuvre des accords d’Oslo, les Etats-Unis comme l’Union européenne adopteront pourtant la même tactique. D’autant qu’aucun mécanisme de résolution des conflits n’a été mis en place. Dans un premier temps, il avait été prévu qu’il existerait un « arbitrage international obligatoire ». Cette clause aurait permis à la communauté internationale d’intervenir sur la base du droit. Mais cette mention sera rayée (à la demande israélienne) dela Déclarationdu 13 septembre, qui fait seulement référence à une éventuelle commission d’arbitrage qui ne pourra se tenir qu’avec l’accord des deux parties, une disposition qui restera lettre morte.

Les accords d’Oslo, qui auraient dû déboucher sur l’indépendance et la prospérité, ont engendré pour les Palestiniens vexations et privations, sans même garantir la sécurité aux Israéliens. C’est avant tout la gangrène de la colonisation, dévorant inexorablement les terres, qui éroda l’espoir de paix chez les Palestiniens. Quelques chiffres parlent d’eux-mêmes : en 1993, on comptait environ 120 000 colons en Cisjordanie ; leur nombre augmente de 40 000 sous les gouvernements travaillistes (celui de Rabin, puis celui de Pérès, juin 1993-mai 1996) ; de 30 000 sous le gouvernement de droite de Benyamin Netanyahu (1996-mai 1999) et encore de 20 000 durant le gouvernement d’Ehud Barak (mai 1999-février 2001). Quand éclate la seconde Intifada, le nombre de colons en Cisjordanie dépasse les 200 000 (plus un nombre équivalent à Jérusalem-Est, autre « territoire occupé »). « Un gouvernement du Likoud annonce la construction de dix implantations, mais n’en construit qu’une ; les travaillistes en annoncent une mais en construisent dix », disait un adage populaire israélien des années 1980. Durant les années 1990, « années de paix », ces différences entre les deux formations disparaîtront et chacune multipliera les faits accomplis. L’esprit d’Oslo aurait supposé, durant les cinq ans d’autonomie, une évacuation militaire de l’immense majorité des territoires palestiniens occupés ; il n’en fut rien. Le gouvernement israélien imposa un découpage kafkaïen (voir la carte du cahier central) dela Cisjordanieen zones A, B et C – la zone A (essentiellement les grandes villes) sous contrôle total palestinien, la zone B (la grande majorité des villages palestiniens) sous autorité administrative palestinienne mais dont la sécurité incombe à l’armée israélienne, la zone C restant occupée. En l’an 2000, quand commencent les négociations sur le statut final, l’Autorité palestinienne administre des confettis éparpillés sur 40% dela Cisjordanieseulement (si on additionne les zones A et B) et sur les deux tiers de la bande de Gaza.

 

51 commentaires sur « Pourquoi les accords d’Oslo ont-ils échoué ? »

  • Pierre :

22 octobre 2007 @12h15   »

Je ne comprends pas vraiment ce que les Palestiniens, viennent faire dans cette négociation, puisque ici encore il semble que ce soit un problème entre Israël et les États-Unis, voire un problème interne aux États-Unis.

En tournée au P-O, la secrétaire d’État US minimise les chances d’une percée avant la réunion internationale

"Au nom de Jésus, Gardez Gaza !"

Peut-être qu’après avoir clarifié ce problème, on s’apercevra quela Palestinen’en est pas un ?

...

  • Fakri :

22 octobre 2007 @17h01   « »

Il serait peut-être temps de cesser de parler des palestiniens, des israéliens et de la communauté internationale. Il y a chez les palestiniens le peuple et une bourgeoisie revenue en Palestine grâce à la première intifada pour récupérer pouvoir et honneurs (!). Elle n’aura de cesse d’accepter la politique israélienne du fait accompli, sa reconnaissance comme interlocuteur lui permettant de conserver sa position sociale. Il y a chez les israéliens le peuple et une bourgeoisie, un temps "socialiste", gardant son pouvoir basé sur la peur du "terroriste arabe", grâce à n’importe quelles alliances/magouilles. Ces deux bourgeoisies ont en commun, en plus de la corruption, un formidable mépris pour leur peuple. C’est du ciment palestinien qui permet la construction du mur israélien !

Quand à la "communauté internationale" ... l’expression tente surtout de masquer que la lutte des classes fait toujours rage dans le monde, pour mieux cacher qui en tire d’énormes profits et qui en meurt.

  • ahmad :

22 octobre 2007 @19h28   « »

Salam

Le porte-parole du dixième gouvernement palestinien, Dr Ghazi Hamad a nié d’avoir signé toute lettre qui critique le mouvement du Hamas que certains médias du mouvement Fatah avaient publiée.

Dans sa déclaration de presse publiée aux médias dont le centre palestinien d’information a reçu une copie, Dr Ghazi Hamad a dit :" je tiens à souligner que les nouvelles publiées dans les médias autour d’une lettre qui m’a été attribuée et envoyée au Hamas est fabriquée ".

Il a ajouté : " certaines parties cherchent à créer la discorde dans la société palestinienne en fabriquant de telles lettres ".

Salam

  • Jeff :

22 octobre 2007 @20h18   « »

Bonjour à tous

Merci pour cette info, Ahmad, mais la mise au point qui est publiée sur le site du centre palestinien d’information ne donne aucune autre précision aux passages que vous avez relevés.

Les propos de Ghazi Hamad qui sont ici démentis par l’intéressé ont d’abord paru dans le journal Haaretz, comme l’indique le lien donné par Guitl dans la page précédente du site d’Alain Gresh. L’article de Haaretz note que les paroles de G. Hamad rapportée par ce journal ont été "published on the Palestinian Web site AMAD".

Une rapide recherche de ma part concernant l’existence de ce dernier website n’a mené à rien.

Quelqu’un aurait-t-il plus d’infos sur cette histoire ?

  • Ph. Arnaud :

22 octobre 2007 @20h41   « »

A propos des accord d’Oslo

 L’histoire des accords d’Oslo me rappelle une autre négociation (très célèbre), qui mit fin à 30 ans de guerre et à plus de 100 ans de déchirements religieux : la paix de Westphalie. Pourquoi j’évoque cet événement ? Parce qu’il paraît étonnant (et scandaleux) que, vu les disproportions des conditions, nos ancêtres d’il y a 360 ans aient mené à bien une négociation qui maintint l’Allemagne en paix (en paix religieuse et intérieure) durant plus d’un siècle et demi – et dont les vestiges sont toujours présents dans l’Allemagne d’aujourd’hui.

 Disproportion du nombre de participants : à Oslo se trouvaient les Israéliens, Palestiniens et Norvégiens. On peut y ajouter, en arrière-plan (et pour les négociations ultérieures), les Américains, les Russes, l’Union européenne et les pays arabes agissant en corps, soit un total de sept participants. A Münster et Osnabrück, les participants européens ayant envoyé des délégations étaient 176…

 Disproportion de l’objet de la négociation. A Oslo, l’objet était un : celui de la coexistence des entités palestinienne et israélienne. Aux traités de Westphalie, il y en avait au moins trois : l’objet religieux de la coexistence entre catholiques, réformés et luthériens, l’objet politique des relations interallemandes entre l’Empereur, les Etats et les princes, l’objet de politique internationale des satisfactions des puissances étrangères intervenantes, France, Suède et Espagne. Sans compter les guerres parallèles (indépendance des Pays-Bas) et les intérêts religieux de l’Eglise catholique…

 Disproportion dans les moyens matériels : à l’époque, les dépêches mettaient 12 jours pour aller de Westphalie à Paris ou Vienne, 20 jours à Stockholm, 30 jours à Madrid. Aujourd’hui, le téléphone et Internet permettent une transmission instantanée des ordres et consignes.

 Disproportion intellectuelle. A l’époque, un congrès de cette ampleur était inédit et les négociateurs devaient inventer leurs méthodes et leurs moyens en même temps qu’ils menaient les négociations. Aujourd’hui, la diplomatie dispose de l’historique de 350 ans de congrès de paix internationaux, dont certains commencèrent quelques décennies seulement après ceux de Westphalie.

 Disproportion des rapports de force. Même si le camp habsbourgeois connut des revers sur la fin (Lens, Zusmarshausen) il parvint néanmoins à résister vigoureusement jusqu’au bout, par exemple à Prague. Aujourd’hui, le camp israélien (soutenu totalement par les Américains et bien étayé par les Européens) est tellement fort, tellement dominant qu’il pourrait, sans danger pour lui, accorder tout ce que veulent les Palestiniens (et même sans contrepartie). Qu’eu égard à tous ces éléments, il refuse toutefois la moindre concession témoigne d’une certaine mauvaise volonté…

  • K. :

22 octobre 2007 @20h44   « »

Pourquoi les accords d’Oslo ont-ils échoué ?

 À cause de la nature même du sionisme :

Si les intellectuels et les dirigeants sionistes ont ignoré le dilemme arabe, c’est principalement parce qu’ils savaient qu’il n’y avait pas de solution à ce problème dans la logique sioniste.

 Parce que comme le dit Pierre, les américains n’ont pas le désir de canaliser Israel. (Je n’ai jamais réfléchi aux moyens éventuels à leur disposition pour y arriver. Quels seraient-ils ?)

 Parce que, depuis 1948, la perpétuation de la cause palestinienne a exacerbé la fragmentation du monde Arabe. Pour cette raison il ne peut y avoir de juste solution à la question palestinienne en-dehors d’une solution du problème Arabe. Bien sûr, la cause palestinienne peut trouver une solution séparément de la cause Arabe, évitant de ce fait complications et complexité, mais ce ne serait pas une juste solution.

 Parce que les dirigeants arabes sont... modérés.

22 octobre 2007 @22h17   « »

dirigeants arabes modérés

  • K. :

22 octobre 2007 @23h09   « »

Pourquoi les accords d’Oslo ont-ils échoué ? (suite)

 Parce que grâce aux conflits guerriers, l’économie israélienne progresse (..), avec une bourse qui grimpe et des taux de croissance à la chinoise : Israel peut exporter des armes, vendre des dispositifs sécuritaires, notamment pour tuer les islamo-fascistes.

 Parce que Israel est le prototype du Capitalisme catastrophe

 Parce que le racisme haineux d’Israel est sadique.

  • Pierre :

23 octobre 2007 @06h50   « »

Israël et l’économie d’occupation :

Ce qui est étrange, c’est que ces mêmes dirigeants, y compris M. Sharon avant son attaque cérébrale, reconnaissent aujourd’hui en privé – et parfois publiquement – que les colonies constituent le principal obstacle à la signature d’un accord de paix avec les Palestiniens et le monde arabe. Israël est comme victime de ce monstre qu’il a lui-même bâti durant quarante ans d’occupation. Il lui est impossible d’absorber ces colonies sans annexer la rive ouest du Jourdain, un pas que même les gouvernements de droite les plus extrémistes ont refusé de franchir en raison de ses implications aux niveaux international, juridique et surtout démographique – car la différence des taux de natalité fait que le « Grand Israël » comportera bientôt une majorité palestinienne. Mais il ne peut pas non plus s’en débarrasser, dans la mesure où les colonies de peuplement font figure de composante de la société israélienne. La colonisation est devenue un piège.

(...)

Mettre fin à l’occupation équivaudrait à renoncer au sentiment d’être un privilégié, un pas très difficile à franchir.

Un des grands bouleversements de la société israélienne après 1967 fut sa transformation rapide en une société capitaliste moderne. Les grands travaux entrepris après la guerre ont créé une puissante classe d’entrepreneurs, qui a pu exploiter la main-d’œuvre à bas prix des territoires occupés. Des milliards de dollars – depuis 1973, les Etats-Unis en accordent 3, chaque année, à Israël au titre de l’aide militaire – ont été consacrés à la haute technologie militaire la plus performante, transformant le pays en superpuissance du high-tech.

Comment l’occupation a transformé Israël. Par Meron Rapoport

  • Pierre :

23 octobre 2007 @07h00   « »

Israël et la guerre permanente :

« Nous sommes en guerre ! » proclame Israël depuis cinq ans. Une espèce unique de guerre : une guerre unilatérale, où un seul des deux côtés, Israël, combat, frappe, détruit, assassine, arrête, torture. Et maintenant, soudain, l’autre côté riposte, en attaquant des militaires aux avant-postes israéliens et des véhicules blindés, et quand l’autre côté a fait des prisonniers de guerre - ils ne sont pas considérés comme des combattants ennemis, mais comme des terroristes qui attaqueraient sans raison un état souverain. La guerre préventive permanente d’Israël et les limites de l’unilatéralisme par Michel WARSHAVSKY

L’enjeu est le contrôle des réserves pétrolières de la région. Plus globalement, l’enjeu est de maintenir la domination économique occidentale sur le reste du monde, c’est-à-dire sur la 4/5ème de l’humanité qui vit dans la pauvreté. La domination coloniale et néo-coloniale prévaut toujours. Israël : l’Etat de la guerre permanente - Tract du CAP

Tant que les parrains américains d’Israël seront dans la stratégie du choc des civilisations et de la guerre globale et permanente, il ne faut pas s’attendre à un tournant de la politique israélienne, et la « guerre » - qu’il vaudrait mieux appeler pacification permanente - contre les Palestiniens et, plus généralement, contre les Arabes va suivre son cours. Avec son lot croissant de victimes, y compris israéliennes.Guerre permanente, par Michel Warschawski

  • Pierre :

23 octobre 2007 @07h53   « »

Israël et le complexe militaro-industriel étasunien :


L’article du Dr. Ran HaCohen du 15 juillet, sur Antiwar.com, doit être lu. HaCohen aborde la situation israélienne (attaques contre Hamas et le Hezbollah) du point de vue qui lui importe et où il est devenu maître : le rôle et l’influence de l’armée israélienne dans la conduite du pays. Comme nombre d’autres observateurs, HaCohen met en évidence que l’actuel gouvernement n’a pas de militaires à ses postes principaux, ce qui est une nouveauté par rapport à une tradition bien établie. La situation politique, sa décadence et ses aléas (maladie et départ de Sharon, arrivée improvisée au pouvoir de Olmert dans le cadre d’un nouveau parti, échec de Nétanyahou) sont la cause de cette incontestable nouveauté.

(...) Nous avons déjà signalé l’une ou l’autre intervention de HaCohen. On se reportera notamment à un article du 8 mai 2001, où HaCohen montre comment Israël s’est transformé en un pays sous contrôle d’une sorte de complexe militaro-industriel en réduction (par rapport à l’original). Dans divers autres textes, nous avons évoqué ce problème de la véritable substance du pouvoir en Israël, et la question complémentaire des rapports entre Israël et les USA.

Pour nous, le pouvoir israélien constitue, depuis le milieu des années 1980 et la liquidation du programme d’avion de combat Lavi au profit du F-16, une simple annexe du Pentagone. (Le Lavi constitue la dernière tentative sérieuse d’Israël d’asseoir sa sécurité nationale sur d’autres bases que ses liens avec les USA, et ainsi de renforcer une souveraineté nationale indépendante.) La crise récente avec les USA a montré à la fois la fragilité et la tension de ces liens, et le degré d’asservissement aux USA de la politique israélienne qu’ils supposent pour leur application bien comprise. Les récents événements portent sans aucun doute en bonne partie la marque de ces liens. L’actuelle offensive de l’armée a été décidée plus par la rencontre secrète de Cheney et de Nétanyahou de la mi-juin que par le gouvernement ; dans ce cas, Nétanyahou, président du Likoud, qui était l’homme-lige favori du Pentagone pour les dernières élections, agit comme intermédiaire entre Washington et l’armée israélienne. Avec le soutien de la fraction Cheney-Pentagone, l’armée n’a plus hésité à lancer une offensive majeure, sur un puis deux fronts.

Qui commande en Israël ?

  • K. :

23 octobre 2007 @10h57   « »

Pourquoi les accords d’Oslo ont-ils échoué ? (Suite)

 Parce que l’impunité est, quoi qu’elle fasse, assurée a Israel.

 Parce qu’il existe des humanistes de pacotille qui trouvent que Sharon a fait preuve d’un remarquable courage dans son évacuation de Gaza.

Israel punit des civils malades comme moyen de porter atteinte au Hamas (...). Israel demeure la puissance occupante a Gaza en dépit du désengagement, et a de ce fait l’obligation légale de faciliter l’accès aux soins médicaux.
Sarah Leah Whitson, directrice de la division M-O de Human Rights Watch

 Parce que les mots n’ont plus de sens, quand on justifie la mort d’une fille de 16 ans par des motifs de sécurité.

Whitson :Israelhas legitimate security concerns about militant groups firing rockets fromGazainto civilian areas,”. “But denying medical treatment to a 16-year-old girl with a congenital heart defect doesn’t makeIsraelany safer.”

  • Victor :

23 octobre 2007 @13h04   « »

Ce qui est intéressant dans ces forums consacrés au proche orient, c’est la diversité des participants (St Yves, Pierre, K et tutti petit) et surtout les analyses contradictoires, sources contradictoire, bref le débat d’idées apporté tant par l’auteur du livre que les intervenants.

Je n’ai que deux mots qui me viennent à l’esprit PASSIONANT et HONNÊTE

  • Pierre :

23 octobre 2007 @13h46   « »

 En 1978, les accords de Camp David I (Menahem Begin, Anouar el-Sadate, Carter), montraient la possibilité d’accord entre Israéliens et Arabes, mettant ainsi en péril les intérêts étasuniens au Proche-Orient.

 En 1991la Conférencede Madrid, avec la présence de l’URSS au côté des USA, comme garant d’une certaine équité des négociations, confirmait la menace pour les intérêts US.

 Avec Oslo en 1993, l’impensable se produit, la poignée de main maladroite entre Rabin et Arafat sous le sourire encouragent de Clinton indique à l’économie américaine, qu’il est temps de prendre les choses en main, avant que l’irréparable soit commis.

 Heureusement avec 2000 et Camp David II les choses rentrent dans l’ordre, les cabinets de communication se chargent d’informer le monde de ce qu’il faut en penser les images montrent un Clinton qui semble écarter Barak et Arafat et Charles Enderlin raconte dans l’émission Là-bas si j’y suis à l’occasion de la sortie de son livre Le rêve brisé, tout le processus de pressions et de manipulations dont les Palestiniens seront victimes.

 En 2007, nouveau progrès, on annonce l’échec de Annapolis avant d’en fixer les participants (« Je n’irai pas à Annapolis à n’importe quel prix ». La déclaration de Mahmoud Abbas signe le revirement de la situation qui met en avant les dissensions entre les demandes palestiniennes et les compromis que sont prêts à faire les Israéliens. )

L’économie de l’Empire respire.

23 octobre 2007 @14h10   « »

Merci Victor. En souhaitant, comme le disait Chahine, que l’on fasse la différence entre objectivité et neutralité.

  • victor :

23 octobre 2007 @14h53   « »

Lu Chahine, hormis quelques observations hitoriquement fausses, citations tronquées et affirmations sans fondement, je ne vois pas grande différence avec les habituels articles de Gresh et les observations de ses lecteurs et commentateurs assidus.

Aucun recul, aucune nuance, bref le néant.

  • K. :

23 octobre 2007 @15h21   « »

Le ministre des affaires étrangères norvégien des accords d’Oslo a-t-il voulu faire oublier la Norvège collaborationniste de Vidkun Quisling pendant la seconde guerre mondiale ?

Cette sorte d’“expiation” aux dépens des faibles serait méprisable.

23 octobre 2007 @15h29   « »

Et si Victor, éminent membre du tutti grandissimo, nous gratifiait de commentaires nuancés et pleins ?

  • victor :

23 octobre 2007 @15h44   « »

Aucun intérêt, compte tenu de la qualité du lectorat, pure perte de temps, d’autres (peu) s’y sont essayés...les malheureux.

  • Daniel :

23 octobre 2007 @16h02   « »

Aucun intérêt, compte tenu de la qualité du lectorat, pure perte de temps, d’autres (peu) s’y sont essayés...les malheureux.

Adieu, Victor.

  • Sébastien :

23 octobre 2007 @16h15   « »

Bonjour,

Les accords d’Oslo avaient des ambiguïtés, si vous les prenez à la lettre, il y a des ambiguïtés, et personne pour régler les malentendus liés à l’interprétation des accord d’Oslo.

Exemple sur les colonies :

 Israël ne doit plus bâtir de nouvelles colonies.

 Le territoire des colonies est très étendu, ( pour exemple Melae Adoumim est plus étendue que Tel Aviv ), et Oslo n’interdisait pas aux israéliens de construire sur le territoire déjà existant des colonies.

 Vous pouvez ainsi augmenter le nombre de colons tout en disant : "je n’ai pas bâti de nouvelles colonies, les colonies déjà existantes n’ont fait qu’être agrandies."

 Ajoutez le lobby des colons àla Knesset, ( le Parlement Israélien ).

 Ajoutez une campagne de haine contre Rabbin lancée par la droite et l’extrême droite israélienne.

 Ajoutez les attaques contre Arafat, accusé de brader la cause palestinienne.

 Ajoutez les premiers attentats kamikazes de Hamas, qui renforceront le camps du refus en Israël.

 Ajoutez l’extension des colonies et les Cheik Point, qui énerverons les palestiniens.

 Ajoutez l’assassinat de Rabbin, se seul dirigeant israéliens qui avait certainement la volonté et les moyens de faire la paix des braves avec Arafat.

  • Sébastien :

23 octobre 2007 @16h19   « »

Leïlla Shaïd à rapporté sur Arté qu’aprés l’assassinat de Rabbin, Arafat effondré lui avait déclaré : "C’est finit, nous n’avons plus de partenaire pour la paix."

Si l’OAS avait tué De Gaulle, comment aurait finitla Guerred’Algérie ?

Nous ne le sauront jamais, et c’est tant mieux !

  • K. :

23 octobre 2007 @16h23   « »

Du Yossi Alpher pur jus s’exprimant hier dans les colonnes du Daily Star Liban :

Il appelle à différer Annapolis. Et panique. Et utilise la recette “nuancée” des sionistes : il s’agit du combat du bien (arabes modérés/sionistes/Occident) contre le mal (dont le Hamas bien sur, mais surtout l’Iran)

Some would argue that it is nevertheless better for Washington to try and fail with this conference than to not try at all, and that the "political horizon" represented by the effort is vital to Abbas’ attempts to promulgate reform. Yet the real danger here is precisely that the unwinding of this conference - its cancellation, failure, or endorsement of a weak statement that in any case cannot be acted upon by Abbas, Olmert and Bush - will accelerate the negative dynamics in the region. It will hasten the downfall of the Palestinian and Israeli leaders, deter their successors from trying again, strengthen Hamas and its backers Syria and Iran, and further weaken Washington’s (and potentially Israel’s) Arab allies in the looming confrontations with Tehran and the radical elements maneuvering to succeed the US in Iraq.

Et pour finir, nous gratifie d’une réflexion pleine... de bonne foi : Better to postpone Annapolis and concentrate first on building Palestinian security and governmental institutions and rebuilding confidence between Israelis and Palestinians. That’s what the Quartet appointed Tony Blair to do. Annapolis is dangerous because it is liable to preempt and prejudice that effort.

  • Daniel :

23 octobre 2007 @16h27   « »

@ Sébastien

Ajoutez l’assassinat de Rabin, se seul dirigeant israéliens qui avait certainement la volonté et les moyens de faire la paix des braves avec Arafat.

"Les colons attribuaient à Rabin des intentions qui n’étaient absolument pas les siennes. Il n’a pas évacué une seule colonie, il n’a pas mis en œuvre une seule phase importante des accords qui n’offraient, de toute façon, aucune trace des questions centrales (réfugiés, frontières, Jérusalem) et pour autant qu’il m’en souvienne, il n’a jamais fait mention des mots « Etat palestinien » comme d’un objectif politique, il ne s’est bien évidemment pas retiré aux lignes de l’armistice, la fameuse Ligne Verte. (…)

Nul doute que du point de vue de Rabin - qui était un militaire et avait été un Ministre dela Défensebriseur d’indépendance lors de la première Intifada - la signature des accords d’Oslo constituait un tournant vers un regard différent sur le conflit, mais c’est encore loin d’en faire « un homme de paix marchant d’un pas décidé vers la conclusion du conflit », selon ce que la rhétorique officielle a bâti autour de lui. (…)

Les admirateurs de Rabin ne cessent de parler de « l’héritage de Rabin », mais il faut dire la vérité : c’est d’une prétention sans fondement. Rabin n’est pas un politicien ni un intellectuel ayant laissé un héritage. Il suffit de voir les héritiers de Rabin, ceux que même sa famille reconnaît comme tels - Peres et Barak - qui ont travaillé dur pour stopper, saboter et détruire tout ce qui pouvait comporter une quelconque indication d’un « danger de paix ». (…)

Gideon Spiro : — 12e anniversaire de l’assassinat d’Yitzhak Rabin, octobre 2007

  • Ph. Arnaud :

23 octobre 2007 @17h14   « »

@ Victor

Je suis, pour ma part, très intéressé par ce que vous pensez, et plus encore si vous avez un avis opposé ! Et, pour reprendre vos termes, que trouvez-vous, dans ce sujet sur les accords d’Oslo, « [d’]observations historiquement fausses, [de] citations tronquées et [d’]affirmations sans fondement » ?

  • Sébastien :

23 octobre 2007 @17h24   « »

Daniel, Rabin devait naviguer à vue, sous le pression des colons, assez puissant àla Knesset, et de la droite israélienne.

Il à pris des mesures sociales pour les arabes israéliens,(égalité au niveau des allocation sociales, reconnaissance de plusieures villages).

Il avait changé à la fin de sa vie, ces déclarations le prouvent, ("nous ne sommes pas revenu dans un pays vide").

L’opinion israélienne n’était pas forcément prête à un compromis, et le système électoral israélien, (proportionnelle intégrale) oblige tout Gouvernement israélien à faire des compromis pour former une coalition Gouvernementale.

Résultat : Rabbin n’aurait certainement pas put dire des le début qu’il fallait démanteller toutes les colonies, il aurait été renversé parla Knesset.

De Gaulle aussi à dut agir par étapes, pour préparer une opinion majoritairement Algérie française à l’indépendance de l’Algérie.

Le peut d’avancées qu’il y a eut, c’est sous Rabbin qu’elles ont eut lieu. C’est à cette époque qu’a commencé l’autonomie palestinienne, l’évacuation des villes de Cisjordanie, il y avait de l’espoir.

Non, Rabbin avait une réelle volonté de mettre fin au conflit, et de respecter Oslo, mais il n’était pas seul, il avait les colons devant lui, et les partisans du grand Israël.

A la mort de Rabbin, c’est le blocage d’Oslo.

  • Ph. Arnaud :

23 octobre 2007 @17h28   « »

@ Daniel

Je me permettrai de plaider pour Rabin, au moins pour des raisons de forme :

 Ce sont parfois ceux qui ont le plus donné dans une lutte qui sont les mieux placés pour conduire une politique opposée. Voir par exemple de Gaulle avec l’Allemagne, Nixon avecla Chine, Botha avec les Noirs d’Afrique du Sud ou Sadate avec Israël.

 Dialectiquement, si Rabin était moins accommodant (ou pacifique, ou irénique) que vous ne l’auriez souhaité, il l’était peut-être plus que des Netanyahu, Sharon, Olmert, ou Barak.

 Même si ses efforts pouvaient paraître timides, il n’y a, comme on dit, que le premier pas qui coûte, et il ne suffisait peut-être, au début, que de mettre le pied dans la porte pour enclencher un mouvement progressif – et irréversible - d’ouverture.

  • Sébastien :

23 octobre 2007 @17h35   « »

"Il n’a pas évacué une seule colonie, il n’a pas mis en œuvre une seule phase importante des accords qui n’offraient, de toute façon, aucune trace des questions centrales (réfugiés, frontières, Jérusalem) et pour autant qu’il m’en souvienne, il n’a jamais fait mention des mots « Etat palestinien » comme d’un objectif politique,"

L’autonomie des villes palestiniennes était la première phase des accords d’Oslo. Elle c’est réalisé sous Rabin, après : rien.

Si De Gaulle avait dit en 1958 : "Algérie indépendant", il n’aurait jamais été porté au pouvoir, et n’aurait pas put signer les Accords d’Evian, instaurant l’indépendance de l’Algérie.

Parfois en politique il faut avancer par étapes, préparer l’opinion, ne pas dévoiler d’entrer son jeu, et les gens évoluent.

  • K. :

23 octobre 2007 @18h35   « »

Qu’ils soient anciens ou encore en exercice, certains envoyés spéciaux de l’ONU sont littéralement dégoûtés par l’iniquité de la prise en charge du dossier palestinien.

 Les “deux facteurs importants pour la médiation de paix”, sont “l’impartialité du médiateur et sa crédibilité auprès des parties du conflit”. « Ces deux éléments de base sont absents du conflit israélo-palestinien » a déclaré hier l’ancien envoyé spécial de l’ONU au Proche-Orient, Alvaro de Soto, lors d’une conférence donnée à l’université Américaine de Beyrouth :

« Dans le conflit israélo-palestinien, l’ONU n’a pas joué un rôle accru dans la médiation de paix comme ça a été le cas en Chypre, par exemple, ou au Salvador », poursuit-il. Selon M. de Soto, qui a souvent critiqué la soumission des Nations unies aux pressions américaines, l’ONU s’est contentée de jouer le rôle « d’observateur au Proche-Orient ».

 John Dugard, l’actuel observateur des droits humains dans les territoires occupés palestiniens s’est également récemment exprimé dans une interview donnée à la BBC : Il est « très frappé par le sentiment de désespoir des palestiniens » et en veut à l’ONU d’une part de cautionner le quartet, qu’il accuse d’etre « lourdement influencée » par les Etats-Unis, et d’autre part d’adopter la meme attitude que le quartet en question, c-à-d ne prendre langue qu’avec le Fatah, alors que le Hamas a été démocratiquement élu.

Ce que Dugard ne veut pas dire, c’est que l’ONU aussi est “lourdement influencée” par les Etats-Unis.

  • Daniel :

23 octobre 2007 @18h42   « »

@ Sébastien

Résultat : Rabbin n’aurait certainement pas put dire des le début qu’il fallait démanteler toutes les colonies, il aurait été renversé parla Knesset.

De Gaulle aussi à dut agir par étapes, pour préparer une opinion majoritairement Algérie française à l’indépendance de l’Algérie.

Il n’est pas nécessaire de citer De Gaulle chaque fois que vous évoquez Rabin, comme si quelque chose les associaient, en faisait des hommes d’une même envergure. Cela m’évoque plutôt la... ’Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le boeuf’.

  • Pierre :

23 octobre 2007 @18h49   « »

Si De Gaulle avait dit en 1958 : "Algérie indépendant", il n’aurait jamais été porté au pouvoir, et n’aurait pas put signer les Accords d’Evian, instaurant l’indépendance de l’Algérie.

Petite parenthèse @Sébastien :

Personne ne peut affirmer que De Gaulle se soit déclaré "Algérie française", pour cacher sa volonté de libérer l’Algérie (une ruse en quelque sorte).

Dans la tourmente de ces années, De Gaulle naviguait a vue et essayait de suivre l’"opinion publique", dans une France exsangue qui ne possédait pas les outils de sondage d’opinion d’aujourd’hui.

Il fort possible que De Gaulle ait été réellement Algérie-française, et soit arrivé "à reculons" sous la pression d’une opinion métropolitaine de plus en plus anti-coloniale à la solution de l’autodétermination.

Le simple fait qu’il ait adopté la voie de l’autodétermination, montre qu’il avait adoptée une position de neutralité vis à vis du problème.


Une opinion publique en rupture

L’opinion publique française, initialement favorable à la guerre, glisse vers la recherche de la paix, même au prix de l’indépendance (en janvier 1961, le référendum sur l’autodétermination recueille 75 % de « oui »). L’utilisation pour la guerre d’Algérie de soldats appelés du contingent a installé le conflit au cœur des familles ; le FLN intensifie les attentats, la métropole n’est plus épargnée. La répression ne faiblit cependant pas, comme lors de la manifestation des Algériens à Paris le 17 octobre 1961, qui fait plus de 200 morts selon les sources officielles divulguées en 1997. En outre, le coût économique de la guerre ébranle une partie de la classe politique et les milieux d’affaires, qui voient avec inquiétude les pays concurrents se moderniser et connaître une forte croissance. Enfin, le coût moral de la guerre et le mépris pour les libertés républicaines que semblent avoir l’armée et le gouvernement poussent divers acteurs à entrer en action. - La guerre d’Algérie

Le fait que De Gaulle ait été "porté au pouvoir" est aujourd’hui de plus en plus contesté et son arrivée au pouvoir semble de plus en plus l’œuvre d’une manipulation orchestré par l’homme de l’ombre : Léon Delbecque.

D’une façon générale l’utilisation de l’analogie en matière historique ne peut conduire qu’à des graves malentendus et est condamnable.

  • K. :

23 octobre 2007 @21h07   « »

Jerome Slater du Belfer Center, (JFK School of Government, Harvard University), examine pourquoi entre 2000 et 2006 (période de son étude) « les États-Unis n’ont pas user de leur considérable influence envers Israël pour rechercher les changements nécessaires de la politique israélienne, lui fournissant au contraire un soutien presque inconditionnel », alors meme que « les conséquences ont été désastreuses pour les Palestiniens, pour la sécurité et la société Israéliennes, ainsi que pour les intérêts nationaux critiques des États-Unis dans la région du Moyen-Orient ».

Selon Slater « l’une des principales explications » se trouve dans « le type de couverture médiatique du conflit israélo-palestinien exercée par les journaux de référence, et même par l’élite, aux Etats-Unis. »

« Cette couverture fait preuve d’une grande ignorance et d’un parti pris aveugle en faveur d’Israël. En revanche, le débat en Israël est plus autocritique, vigoureux, et de grande envergure, créant au moins une possibilité de changement, alors même que la politique américaine stagne. Une comparaison de la couverture du conflit israélo-palestinien par les deux quotidiens les plus prestigieux aux États-Unis et en Israël, (en particulier de la rupture du processus de paix en 2000 et de l’Intifada palestinienne qui s’en est suivie, de la nature de l’occupation israélienne, du problème de la violence et du terrorisme, et des perspectives de paix d’aujourd’hui) souligne ces différences. Alors que le New York Times a tu le danger que représente le soutien inconditionnel des américains de la politique israélienne envers les palestiniens, le Haaretz a cherché à tirer la sonnette d’alarme. »

Le texte complet est disponible en PDF (37 pages).

  • K. :

23 octobre 2007 @21h54   « »

Pour Jerome Slater, par conséquent « il est peu probable que le gouvernement américain appelle Israel à changer ses politiques envers les Palestiniens tant que le discours public aux Etats-Unis ne commencera pas à réclamer un tel changement. »

  • Jeff :

23 octobre 2007 @22h22   « »

Merci K. pour le lien que tu m’as indiqué. Je ne connaissais pas cet article mais certaines des découvertes mentionnées oui, puisque je fais partie, depuis plus de 10 ans, de l’équipe de spécialistes qui étudie le matériel archéologique de ce site.

  • Ph. Arnaud :

24 octobre 2007 @01h22   « »

@ Pierre

Je me permets ici un nouveau plaidoyer, mais pro domo, en raison de mes fréquentes références à l’histoire.

 Il faut bien que l’histoire comporte de l’analogie car, sinon, elle nous serait inconcevable, comme les couleurs le sont à des aveugles de naissance ou les sons à des sourds de naissance. Et si, pour des époques reculées (par exemple celle de la conquête des Gaules) nous usons de concepts anachroniques, tels qu’« intendance », « stratégie », « tactique », « général », « équipement », « officiers », etc., ces concepts n’en ont pas moins valeur opératoire et leur emploi même constitue de facto une analogie.

 Et, de façon générale, on n’étudie pas n’importe quelle histoire n’importe quand ni n’importe comment. Et il est de fait que les époques de troubles, de révoltes ou de révolutions ont souvent amené les historiens à se pencher sur des épisodes similaires tels que les révoltes serviles de l’Antiquité, les guerres hussites, la guerre des Paysans en Allemagne ou les Révolutions anglaise et française. Toute histoire, dit-on, est toujours histoire contemporaine…

 Pour ce qui concerne les accords d’Oslo, l’analogie qui vient spontanément à l’esprit est celle où l’une des parties, qui l’a momentanément emporté sur l’autre, abuse de sa position de force. Et là, les exemples abondent, de Charles Quint avec le traité de Madrid, à Ferdinand II avec les protestants allemands, et de Bismarck confisquant l’Alsace-Lorraine àla Francehumiliant l’Allemagne de Weimar. Dans tous les cas précités (et on en trouverait bien d’autres), le vainqueur trop sûr de lui s’est mordu les doigts, plus tard, de son manque de mesure…

 Le pécheur est souvent châtié précisément par où il a péché. Nietzsche dit quelque part que « l’on peut mourir d’être immortel ». C’est ainsi, par exemple qu’est – pour partie – morte l’URSS. Lorsque le régime soviétique s’est rendu compte de la déréliction de son agriculture, il a proposé aux kolkhoziens et autres sovkhoziens une manière de libéralisation. Mais ceux-ci avaient trop bien retenu la leçon de l’économie administrée et ne voulaient surtout pas affronter les aléas d’une production libre, qui aurait ramené l’abondance. Eh bien, je me demande si, pour Israël, la catastrophe ne viendra pas précisément de ce qui, actuellement, lui confère sa plus grande assurance, à savoir sa certitude d’être toujours adossé à la puissance américaine, qu’il s’imagine indestructible…

  • emmanuel :

24 octobre 2007 @02h42   « »

Sans doute les accords d’Oslo ont-ils échoué, comme toutes les autres tentatives de trouver une sortie á ce conflit, parce qu’il n’y a, de la part des israéliens, aucune volonté de trouver une solution, ni probablement aucune possibilité de le faire sans déclancher au sein même d’Israël une crise majeure, violente, pouvant éventuellement déboucher sur une implosion.

En effet comment penser que la multiplicité ethnique, religieuse, culturelle, linguistique de la société israélienne, circonscrite et comprimée dans un territoire étroit et limité, pourrait résister á l’absence du conflit, c’est á dire á l’absence de l’ennemi commun ? Il est évident á côtoyer différents milieux dans le pays, que le combat contre les palestiniens, considérés comme majoritairement solidaires des terroristes palestiniens, est le seul véritable ciment des tous les israéliens, par ailleurs écartelés entre groupes et intérêts profondément divergents. Des colons extrémistes pouvant, á l’occasion, accueillir l’armée israélienne les armes á la main pour défendre le grand Israël promis, aux laïcs rêvant d’un pays oú vivre "normalement", en passant par la position particulière des arabes israéliens, la présence d’une communauté russe de plus en plus importante, le poids social et politique des intégristes religieux juifs, les minorités (éthiopiennes par exemple) en difficulté d’intégration, les arabes chrétiens..., les facteurs de tension, d’opposition, voire de confrontation ne manquent pas, et ne manqueraient pas de s’exprimer beaucoup plus fortement en cas de résolution du conflit. Celui-ci est donc entretenu, inconsciemment pour la plus large part de la population, de facon beaucoup plus consciente je pense de la part des chefs politiques, tous issus des rangs de l’armée, (tous les premiers ministres sans exception depuis Golda Meir par exemple) et pour qui le combat est une expérience fondatrice de l’union du groupe et de la collaboration sans discussion.

Ainsi, cimenter cette nation, cette société multipolaire, passe par la présence omniprésente et répétée, du danger - très largement fantasmé vu l’écart des forces en présence -, et de l’ennemi palestinien.

Pour désolante et désespérante que puisse paraître cette vision, elle renvoie d’autant plus á la responsabilité cynique et hypocrite de la "communauté internationale", dont nous faisons évidemment partie, qui accepte depuis quarante ans le sacrifice d’une population entière, au service d’intérêts bien compris, plutöt que d’affronter la réalité de la situation : la fragilité intérieure d’Israël et son impossibilité á régler ce conflit sans se mettre en danger vital.

  • Pierre :

24 octobre 2007 @07h10   « »

@ Ph. Arnaud,

Dans mon esprit, l’objectif était de dissocier la partie rhétorique de la partie historique du discours de Sébastien.

L’analogie appartient à la rhétorique, pas à l’histoire. Vous l’illustrez dans l’exemple que vous donnez avec les accords d’Oslo. Vous voulez démontrer que ces accords étaient déséquilibrés donc inapplicables, et vous procédez par analogie pour me persuader que votre thèse est vraie.

Mais ce n’est pas ce qui s’est passé, d’un point de vue historique. Les accords d’Oslo sont intervenus dans un perspective historique bien précise avec une évolution des consciences que j’ai évoquée brièvement dans un de mes posts, qui n’a jamais trouvé d’équivalent dans l’histoire de l’humanité, et si dans ce domaine une comparaison s’impose, elle ne concerne que l’aspect moral de la situation en Palestine en ce moment et c’est une référence à la fable L’Huître et les Plaideurs, mais ce n’est pas une analogie, ce n’est au mieux qu’une évocation.

La rhétorique argumentative utilisée par Sébastien, consiste à lancer des invocations quasi mystiques "Shoa" "De Gaulle" "Antisémite" a tout propos, qui créent des "images" parasites aux yeux de l’interlocuteur, masquant la réalité angoissée de son discours et qui finissent par irriter des esprits formés à une pragmatique plus cartésienne.

La seule analogie objective que je perçois entre Rabin et De Gaulle, c’est qu’ils étaient tous les deux des hommes de sexe masculin.

Comparaison n’est pas raison

Amicalement.

  • VICTOR :

24 octobre 2007 @10h07   « »

A PH. ARNAUD

Mon cher Philippe,

Si vous lisez les articles de GRESH comme mon dernier commentaire, je crains que vous ne souffriez d’une surdité oculaire, je ne parlais pas du livre de GRESH, mais du commentaire de Chahine auquel un anonyme m’a renvoyé..

S’agissant du livre de GRESH son titre seul "vérités sur un conflit" est déjà une démonstration des gonflantes certitudes de son auteur et de la dimension de son EGO

  • Pierre :

24 octobre 2007 @10h14   « »

Le langage des images:Le marionnettiste et ses créatures: 

Oslo:    

Camp David II:

 

Off: quand les créatures échappent au marionnettiste:

 

 

La proximité des élections présidentielles US n'est jamais favorable aux Palestiniens.

  • Sébastien :

24 octobre 2007 @13h39   « »

Bonjour,

Pierre : "La seule analogie objective que je perçoit entre Rabin et De Gaulle, c’est qu’il étaient tous les deux des hommes de sexe masculin."

Il est vrai qu’il y en à un qui à été assassiné, contrairement à l’autre.

Il fallait un certain courage pour s’opposer aux colons et aux militaires, même si le conflit israélo-arabe est différent de l’Algérie. L’OAS a bien faillit tuer De Gaulle, alors que Rabbin a subit le destin que l’on sait.

Rabbin comme De Gaulle ont sut voir la réalité en face, de ne pas se contenter de l’illusion d’une victoire militaire, et d’engager des négociations avec l’ennemi. Il fallait engager un processus pour faire basculer l’opinion.

Mais en Israël les colons ont été trop forts.

De toutes façon, Rabbin est mort, et c’est maintenant avec Olmert qu’il faut négocier.

L’on fait la paix avec son ennemi, et l’on a pas a choisir le représentant de son ennemi. Arafat l’avait compris, Rabin aussi, mais pas Sharon, (boycott d’Arafat et du Hamas).

Les arabes ne deviendront pas sionistes, et les dirigeants israéliens ne deviendront pas antisionistes, (sauf "miracle").

Sébastien

  • 23 octobre 14:10 :

24 octobre 2007 @14h00   « »

Alors il suffit juste de sortir du cadre des Accords d’Oslo pour enter dans celui des affirmations de Chahine et la question de Philippe reste très pertinente. On peut avoir une réponse à la question Victor ?

Quoi qu’il en soit je n’en démords pas. Victor et Cordoba sont une seule et même personne

  • Ph. Arnaud :

24 octobre 2007 @14h01   « »

@ Victor

Vos propos concernant Alain Gresh me laissent sur ma faim. Qu’est-ce qui vous empêche de dire le fond de votre pensée ? L’exigence des 3000 signes constitue un très bon exercice de style…

  • Pierre :

24 octobre 2007 @14h15   « »

Croyez aux miracles Sébastien :

Les arabes ne deviendront pas sionistes,

et

les dirigeants israéliens ne deviendront pas antisionistes,

(sauf "miracle").

  • VICTOR :

24 octobre 2007 @14h36   « »

Désolé chers anonyme et Ph. ARNAUD, Victor et Cordoba ne sont pas une seule et même personne.

Si les réponses de Cordoba à Chahine me satisfont et que j’aurai pu les prendre pour miennes, cela fait déjà 2 contradicteurs (très ponctuels et marginaux) à l’immense unanimité qui règne sur ce site.

Quand aux 3000 signes faisons confiance à M.GRESH pour avoir des exigences bien plus grandes, et il ne faut pas être grand faiseur pour deviner la teneur de son livre, il suffit de se référer aux précédents et à ses divers articles.

Quel courage de dénoncer une conformité de pensée sur Oslo alors qu’il la pratique allégrement quotidiennement avec quelques autres.

Débuter une discussion avec des sourds ou démontrer à des aveugles me semble totalement inutile.

Bien à vous deux

  • Sébastien :

24 octobre 2007 @14h51   « »

Pierre, les arabes sionistes et les juifs antisionistes ont autant de chance de diriger démocratiquement Israël etla Palestineque Marie Georges Buffet, (PCF), en avait de remporter la présidentielle en 2007.

Il n’y a qu’à voir le résultat des élections israéliennes et palestiniennes.

Avant que les palestiniens élisent démocratiquement des sionistes, et que les israéliens élisent démocratiquement des antisionistes, il aura coulé tellement d’eau sous les ponts que nous serons vieux, trés vieux, et il sera probablement trop tard.

Par contre les anticolonialistes israéliens peuvent faire évoluer la société de leur pays, mais Warschawski est conscient de leurs limites :

"Aussi honorable soit-elle, cette mobilisation des forces dites radicales, (anti colonialistes israéliens), n’est en rien comparable à celles de 1982 ou de 1988, non pas par leur nombre (elles sont en fait plus grandes que celles des décennies précédentes) mais parce que leur efficacité provenait précisément de la capacité d’être un catalyseur pour les forces plus modérées et beaucoup plus massives du mouvement pacifiste israélien. Aujourd’hui, malheureusement, pour utiliser une image du journaliste militant Uri Avneri, la grande roue que représentaitla Paix Maintenantn’existe pas et notre petite roue, qui avait pour fonction de faire bouger la plus grande, tourne à vide."

  • Ana :

24 octobre 2007 @16h11   « »

"Débuter une discussion avec des sourds ou démontrer à des aveugles me semble totalement inutile" - Victor

Mais alors, pourquoi cinq posts alors qu’un seul suffisait bien à la déclaration ? Et même celui-là aurait déjà été "totalement inutile".

Il ne s’agissait pas pour Victor de "débuter une discussion", mais de faire savoir qu’ils sont sourds à des gens qui ne le sont pas. Là, je crains bien que cinq posts ne suffisent pas.

  • Berthelot :

8 novembre 2007 @00h34   « »

Monsieur Gresh,

Comment pouvez-vous laisser passer ce délire ? VOTRE CREDIBILITE VIENT DE PRENDRE UN SACRÉ COUP


"l’homme ne sont commises par le régime marocain mais plûtôt par un psychopathe nommé Senhaji abdelaal, un cireur de chaussures et un compagnard de khmis-zemmamra et un juif de l’ancienne médina raoul yacoubi, ces dérniers avec une arme scalaire s’adonnent à la boucherie humaine et à la vente des organes et huiles humaines éxportées vers la suisse, ainsi qu’au trafique de cannabis et de drogues fortes par le nommé Said Benbiga , finançé par le nommé Othmani accusés de crimes politiques, de crimes contre l’humanité et de genocide arabe, en autres il éspionne Rabat pour le compte du Mossad en assassinant les agents du service de renseignement de Rabat par transformation biologique et transfert physiologique dans les caves des carriéres centrales et casa-anfa, ces deux délégations forment des stations subversives contre le régime marocain et ne sont pas encore découvertes par les autorités marocaines. "

28 février 2008 @15h24   « »

Cher Berthelot,

C’est vous qui déraillez, monsieur Gresh est un homme ouvert à toutes les opinions et non seulement à votre égoisme sioniste.

  • francis.grislin@orange.fr :

28 avril 2010 @21h13   «

1°ACCORD ISRAELO PALESTINIEN « Accords d’Oslo »

UNE CAPITULATION SANS CONDITION

La poignée de main entre Arafat et Rabin nous a été présentée comme un moment historique d’une importance capitale, comme un acte de courage des « deux frères ennemis » : un prélude à une paix juste et durable. Les inquiétudes des uns sont vite balayées par des sophismes du genre : « Rien dans ce monde n’est parfait, il faut bien faire un premier pas après tant de sang versé ».L’hostilité farouche des autres est vilipendée, honnie, mise au pilori. De fait, « le naufrage du bateau OLP », ce sabordage dicté par d’autres aux Palestiniens s’avère être, à la lecture des « accords d’Oslo et de la réalité du terrain, une reddition sans condition.
L’abandon par les Palestiniens de toute référence à la résistance, à la lutte contre l’occupant israélien, nous est présenté comme un préalable nécessaire à toute discussion avec Israël ! La colère des colons et des « extrémistes » israéliens apparaît comme la preuve de la bonne volonté des dirigeants israéliens. De ce fait, dans la logique implacable de nos ardents « pacifistes », tous ceux des Palestiniens qui crient à la trahison ne peuvent être que des fanatiques classés dans la catégorie « Hamas » contre lesquels la mise hors d’état de nuire devient, au nom de la paix, un devoir sacré. L’ardeur mise en branle par nos médias et nos intellectuels humanistes dans cette campagne de propagande « anti - extrémiste » et cette promotion de la « volonté de paix » d’Israël, nous laissent perplexes.

Les bonnes intentions affichées par Israël nous rappellent cruellement que : « l’Enfer est pavé de bonnes intentions », que les bonnes intentions sont toujours mauvaises parce qu’elles n’engagent pas vraiment ceux qui les profèrent et surtout, en cas d’échec, excluent la reconnaissance quelconque d’une faute. Tout ce beau monde qui célèbre avec ferveur cette « espérance de la paix » semble avoir complètement oublié, qu’il ne peut y avoir de paix juste et durable quand l’un des partenaires (les Palestiniens) est sommé de déposer ses armes, alors que l’autre (les Israéliens) reste sur son pied de guerre et se donne tous les droits dans la poursuite de sa politique de répression arrogante au nom de sa sécurité et de son droit biblique aux représailles. Rabin résume en deux phrases lapidaires cette situation : « Nous sommes prêts à tendre une main aux Palestiniens, mais dans l’autre main nous tenons notre fusil, le doigt appuyé sur la gâchette, prêt à faire payer sept fois plus tout acte de terrorisme palestinien . En aucun cas il ne peut être question d’un Etat palestinien indépendant et souverain »



 

 

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