Mort de Zineb Redouane : les preuves qui accusent la police

Disclose et Forensic Architecture ont enquêté sur le tir qui a coûté la vie à Zineb Redouane, le 2 décembre 2018 et démontrent que la responsabilité de la police est plus que jamais engagée.

https://disclose.ngo/fr/article/mort-de-zineb-redouane-les-preuves-dune-bavure...

PUBLIÉ LE 30 NOV. 2020 PAR DISCLOSE

En ce matin du mois de mars 2019, l’enquête sur la mort de Zineb Redouane en est à ses débuts. Le ministre de l’intérieur de l’époque, Christophe Castaner, livre au micro de Nicolas Demorand, sur France Inter, ce qui va devenir la thèse officielle. « Je ne voudrais pas qu’on laisse penser que les forces de l’ordre ont tué Zineb Redouane, parce que c’est faux » Puis, le ministre d’asséner : « Il faut arrêter de parler des violences policières ».

A l’aide de documents inédits et d’une modélisation 3D des événements, Disclose et Forensic Architecture ont réalisé une contre-expertise des faits. Cette reconstitution permet de démontrer la responsabilité de la police dans la mort de Zineb Redouane, le 2 décembre 2018.

Mort de Zineb Redouane, les preuves qui accusent la police © Disclose

Zineb Redouane est décédée à 22 h 20, à l’hôpital marseillais de la Conception. La veille, le 1er décembre, en marge de l’acte 3 des gilets jaunes, la femme âgée de 80 ans a été percutée en plein visage par une grenade lacrymogène lancée à 97,2 km/h. Au mois de mai dernier, un nouvel élément a été versé à l’enquête en cours. Il s’agit d’un rapport d’expertise balistique censé déterminer si le tir en question était réglementaire. Résultat : l’auteur du coup de feu, qui n’a toujours pas été identifié, est mis hors de cause.

L’intérêt public

Pour parvenir à leurs conclusions, les auteurs du rapport, un responsable de la police scientifique de Lyon et un médecin légiste rattaché à l’université Lyon 1, se sont appuyés sur « différents calculs et mesures » effectuées dans la rue et l’appartement de Zineb Redouane. A partir de ces éléments, ils fournissent un calcul approximatif de l’angle de tir au moment du coup de feu, « entre 30 et 45 degrés ». Sur cette base, les deux experts concluent que « l’arme a été utilisée selon les préconisations et les procédures d’emploi en vigueur dans la police nationale ». L’enquête de Disclose et Forensic Architecture contredit formellement cette conclusion, remettant ainsi en cause la défense adoptée par la hiérarchie policière depuis maintenant deux ans.

Dans l’intérêt du public et de ceux qui souhaiteraient confronter le sérieux de notre enquête avec l’expertise officielle, Disclose publie ici l’intégralité du rapport balistique actuellement entre les mains de la justice.

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https://beta.documentcloud.org/documents/20417943-rapport_d_expertise_balistique_du_10_05_2020_zinebredouane


disclose
Enquête : Francesco Sebregondi (Forensic Architecture) et  Mathias Destal (Disclose)

Modélisation 3D : Martina Marciniak

Montage et motion design : Emile Costard

Voix : Magali Serre

Mixage : Quentin  Bresson – Binge Audio

Photo : Benjamin Girette

Graphisme site : Tomas Steffen


Disclose, en partenariat avec Forensic Architecture.

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