6 mars - Horreur à Hébron / al-Khalil

[Palestinian Chronique] Deux enfants palestiniens ont été tués dans un incendie dans leur maison d'Hébron occupé (Al-Khalil) après que les autorités israéliennes ont empêché les pompiers de les atteindre à temps.

https://www.palestinechronicle.com/two-palestinian-children-killed-in-blaze-after-israel-blocks-fire-brigade/

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https://rtnews24.net/?p=1304

Les deux enfants - dont l'un aurait tout juste 18 mois - ont été brûlés vifs dans l'incendie de leur maison du quartier Al-Salaymeh de la vieille ville d'Hébron, en Cisjordanie occupée.

L'un a été signalé mort tard hier soir, tandis que l'autre a succombé aux brûlures reçues ce matin après avoir reçu des soins d'urgence à l'hôpital gouvernemental voisin d'Hébron. Selon le directeur de l'hôpital, le Dr Walid Zalloum, un troisième enfant, que l'on croit être le frère des enfants décédés, a également été gravement brûlé lors de l'incident et reste en soins intensifs.

Les noms des trois enfants n'ont pas été publiés officiellement, mais le site d'information palestinien Palestine Today a nommé les deux enfants qui ont été tués : Wael Al-Rajabi, quatre ans, et sa sœur Malik, 18 mois. Le porte-parole de la police locale, le colonel Loai Arziqat, a confirmé dans un communiqué de presse que deux enfants étaient morts, mais n'a pas fourni d'autres informations.

Bien que les services d'urgence aient été appelés, les soldats israéliens ont empêché les pompiers de se rendre sur les lieux. Dans une vidéo filmée hier soir à 21h50 heure locale (19h50 GMT), on peut voir le camion de pompiers en train de rouler dans une rue étroite. Le camion s'arrête à un barrage routier obstruant le passage, tandis que les habitants implorent les soldats israéliens stationnés là d'« ouvrir la porte rapidement, pour les enfants ».

Les soldats israéliens n'ont cependant pas cédé aux supplications des témoins, ce qui a retardé l'intervention des services d'urgence et les a empêchés d'atteindre la propriété. La cause de l'incendie reste inconnue.

Two Palestinian children killed in blaze after Israel blocks fire brigade, 18-months old baby © Palestine Revolutionary United Front 48

Israël n'est pas étranger à la restriction de l'accès des services d'urgence aux Palestiniens dans le besoin. Selon Medical Aid for Palestinians (MAP), citant la Société du Croissant-Rouge palestinien, depuis 2015, Israël a empêché à 123 reprises des ambulances de franchir des postes de contrôle. En outre, 386 attaques ont été lancées contre des équipes du Croissant-Rouge dans les territoires palestiniens occupés (TPO) au cours de la même période, et 105 ambulances ont été endommagées.

En vertu du droit international, en tant que puissance occupante, Israël n'a pas le droit d'empêcher l'accès aux soins médicaux et aux services d'urgence pour les personnes vivant sous son occupation. Selon la quatrième Convention de Genève,

« La puissance occupante doit assurer des normes suffisantes d'hygiène et de santé publique, ainsi que la fourniture de nourriture et de soins médicaux à la population sous occupation. »

En outre,

« Le personnel du Mouvement international du Croissant-Rouge doit être autorisé à mener ses activités humanitaires. »

Israël, cependant, continue de violer cet article et d'autres articles du droit international et des conventions internationales en toute impunité.

DeepL Traducteur

Autres sourceshttps://www.middleeastmonitor.com...https://morningstaronline.co.uk/...https://www.timesofisrael.com...https://www.europalestine.com...


Hébron, la ville où l’essence de l’apartheid israélien éclate au grand jour

Abbs Winston © Réseau International

http://www.pourlapalestine.be/hebron-la-ville-ou-lessence-de-lapartheid-israelien-eclate-au-grand-jour/

Gideon Levy :

« Si vous voulez voir l’apartheid israélien en résumé, allez à Hébron. Il n’y pas d’endroit où l’on puisse voir avec une telle clarté éclatante toute une communauté expulsée des maisons de ses ancêtres, des milliers de personnes chassées de leurs magasins… Vous y verrez une ville fantôme où ne vivent pratiquement plus que des Juifs, après que tous les Palestiniens ont été obligés de fuir à cause des menaces qui pesaient sur eux, de la violence dont ils ont été la cible, … et à cause de l’armée.

Vous verrez des rues dans lesquelles seuls les Juifs ont le droit d’aller, et des routes réservées aux propriétaires juifs. Qu’est-ce que c’est, si ce n’est pas de l’apartheid ? »

Yehuda Shaul connaît bien ces rues, il est un ancien sergent de l’armée israélienne qui a [pendant son service militaire obligatoire] été en garnison à Hébron et y a patrouillé la nuit. Il témoigne que les ordres qu’il recevait étaient clairs : détruire la vie des Palestiniens de toutes les manières possibles.

« L’idée était théoriquement que j’étais supposé protéger la vie de ceux qui vivent ici. Mais comme soldats sur le terrain c’était en fait tout différent. On nous disait que nous étions là pour protéger les colons. Si on voit un colon qui agresse un Palestinien, c’est pas notre affaire, c’est le boulot de la police israélienne. Donc, je me trouvais à un poste de garde, et devant mes yeux j’ai vu des douzaines de fois des colons jeter des pierres, briser des fenêtres, battre des gens, arracher les lignes électriques des maisons palestiniennes… et les ordres étaient de ne rien faire.

On devait aussi faire en sorte que les Palestiniens aient la sensation que l’armée est présente partout et tout le temps, pour qu’ils aient trop peur pour attaquer. Donc on devait faire sentir notre présence. Il y avait trois patrouilles dont le boulot était de faire sentir notre présence.

La patrouille de nuit, de 22 heures à 6 heures du matin, choisissait une maison au hasard. Le sergent qui conduit la patrouille – donc moi-même dans certains cas – fait irruption dans la maison et réveille la famille qui y vit. On sépare les hommes et les femmes, et on fouille tout. Je vous laisse imaginer ce que ça donne quand une patrouille militaire se rue dans votre maison à deux heures du matin. Ils entrent, ils sortent, il vont dans la rue, frappent aux portes, font un maximum de bruit, vont à la maison suivante et réveillent une autre famille. Et c’est à cela qu’ils passent principalement la nuit.

Mon officier de compagnie adjoint a balancé une grenade lacrymogène sur un enfant palestinien qui pouvait avoir 3 ou 4 ans, qui se trouvait sur un balcon en train de manger de la pastèque, en prétendant que cet enfant était là pour réunir des informations sur les opérations de l’armée. Ce gamin était haut comme 3 pommes [geste]

Il y avait une compétition entre cet officier et un opérateur radio, pour savoir qui parviendrait le premier à tirer deux grenades lacrymogènes dans la maison d’une famille palestinienne pendant qu’elle se trouvait à l’intérieur après l’heure du couvre-feu et ne pouvait donc pas sortir. Un sergent de ma compagnie a tué un jeune Palestinien en lui tirant une balle enrobée de caoutchouc en plein visage à dix mètres de distance. »

 

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