Un rabbin militant des droits humains battu par des Israéliens en Cisjordanie

Israël, 7 avril 2021 - Un homme masqué a attaqué Arik Ascherman tandis qu'un autre prenait son téléphone dans les environs de Maaleh Ahuvia.

https://fr.timesofisrael.com/un-rabbin-militant-des-droits-humains-battu-par-des-israeliens-en-cisjordanie/

---

The Times of Israël

Par Nurit Chinn et Time of Israël Staff

8 avril 2021, 16h54

Jewish settlers beat up human rights activist rabbi Arik Ascherman near West Bank - Anadolu Agency © Anadolu Agency

Un résjdent d'implantaiton frappe Arik Ascherman avec une batte en bois, le 7 avril 2021 en Cisjordanie, près de Ma'ale Ahuvia. (vidéo Anadolu Agency)

---

Le rabbin militant des droits humains, Arik Ascherman, a été battu par un résident juif masqué mercredi près d’un avant-poste illégal en Cisjordanie, lors d’une attaque qui a été filmée.

La vidéo montre un homme agressant l’ancien président de l’organisation Rabbins pour les droits humains avec un bâton en bois, le frappant plusieurs fois au corps et à la tête.

Certaines des personnes présentes ont crié « arrêtez » et « pas de violence », alors qu’un autre homme prenait le téléphone d’Ascherman avant de le jeter au loin.

Après l’incident, Ascherman a reçu un traitement médical à Jérusalem.


תיעוד אלים של מתנחלים תוקפים את הרב אריק אשרמן

גיל המרשלג צילם וחגית עופרן @hagitofran מדווחת:
"לפנות ערב תקפו מתנחלים את הרב אריק אשרמן בסמוך למאחז ״מעלה אהוביה״ שפונה אתמול, הם לקחו ממנו את הטלפון הנייד והוא בדרכו לקבלת טיפול בירושלים." pic.twitter.com/9qoYRXAGCJ

— Lior Amihai (@lioramihai) April 7, 2021


L’agression a eu lieu dans les environs de Maaleh Ahuvia, un avant-poste illégal qui a été évacué mardi par la police des frontières et l’administration civile israélienne. Le groupe extrémiste des Jeunes des collines a commencé à reconstruire l’avant-poste dès le lendemain, selon le site d’information Ynet.

L’avant-poste a été installé dans la zone où Ahuvia Sandak, un jeune de 16 ans, a été tué il y a quatre mois dans un accident de voiture alors que lui et d’autres adolescents fuyaient la police, après avoir jeté des pierres sur des Palestiniens.

Ascherman s’est rendu sur les lieux afin d’empêcher le bétail appartenant aux résidents de l’avant-poste de paître dans des champs cultivés par les Palestiniens qui vivent dans le village voisin de Deir Jarir.


arilascherman1
Le rabbin Arik Ascherman à Susya, le 19 Juillet 2015 (Crédit : Elhanan Miller / Times of Israel)
« J’ai reçu un appel vers 17 heures d’un berger de Deir Jarir, disant que le troupeau de Maaleh Ahuvia était passé dans ses champs, et était de nouveau là. Nous avons accouru là-bas et leur avons demandé de quitter la zone cultivée », a déclaré Ascherman au Times of Israel.

Après leur avoir demandé de faire partir leur troupeau du champ, plusieurs autres individus sont arrivés et l’un d’eux a agressé le rabbin.

« L’un d’entre eux a commencé à m’attaquer », a déclaré Ascherman, « un autre a pris mon téléphone et l’a jeté dans le champ ».

Il a dit qu’il avait appelé l’armée israélienne et la police après l’incident, puis encore une fois après l’arrivée de nouveaux individus avec « des battes et des gros gourdins ».

« C’est la dernière d’une dizaine d’attaques physiques ayant eu lieu au cours des deux derniers mois. D’autres volontaires et militants ont également été agressés. Et il y a eu une tentative de sabotage de ma voiture », a déclaré Ascherman, qui avait déjà été attaqué par un adolescent armé d’un couteau en octobre 2015.

« Ils ont desserré les écrous des jantes et deux roues sont presque tombées… C’est une violence continue », a-t-il déclaré à propos de l’incident de janvier.

« Mais la véritable histoire, c’est nos essais continus pour amener les forces de sécurité à faire leur travail et à s’occuper de tout cela », a déclaré Ascherman au Times of Israel.

arikascherman2

Les activistes israéliens Guy Hirschfeld (R) et le rabbin Arik Ascherman (2e-R) se disputent avec des soldats israéliens après avoir demandé à des bergers palestiniens de quitter une zone désignée comme zone militaire dans la ville d’Um Zuka, au nord de la vallée du Jourdain, le 19 février 2020. (Crédit : Emmanuel DUNAND/AFP)

---

Ofer Cassif, un membre juif de la Knesset appartenant à la Liste arabe unie, a écrit sur Twitter : « Ne croyez pas que ces [assaillants] ne sont que des ‘pommes pourries’. C’est ce à quoi ressemblent les ouailles de Netanyahu, Smotrich et Ben Gvir. Cette violence est leur façon de faire ».

De nombreux suspects de terrorisme juifs ont été représentés légalement par Itamar Ben Gvir, le politicien d’extrême-droite élu à la Knesset lors des élections du mois dernier avec l’aide du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Le Premier ministre a travaillé en urgence pour permettre la fusion entre le Parti sioniste religieux de Bezalel Smotrich et le parti de Ben Gvir, – de sorte que ce dernier franchisse le seuil électoral afin d’aider le Premier ministre à former une coalition.

Les actes de vandalisme et d’attaques menés contre les Palestiniens, les forces de sécurité israéliennes et les militants en Cisjordanie sont communément appelés attaques du « prix à payer ». Leurs auteurs affirmant qu’il s’agit de représailles à la violence palestinienne ou aux politiques gouvernementales considérées comme hostiles au mouvement des implantations.

Les arrestations des auteurs ont été extrêmement rares et les groupes de défense des droits humains déplorent que les condamnations soient encore plus exceptionnelles, la majorité des accusations dans ces affaires étant abandonnée au final.

arikascherman3
La semaine dernière, des résidents israéliens d’implantations ont été filmés en train de jeter des pierres sur un Palestinien près du village de Jalud dans le nord de la Cisjordanie. Les images ont été diffusées par Yesh Din, un groupe de défense des droits humains de gauche.

Et le mois dernier, un groupe d’une dizaine de personnes masquées, apparemment des résidents israéliens d’implantations, a jeté des pierres sur une famille palestinienne en Cisjordanie lors d’une attaque que la famille a filmée.

Il y a également eu des incidents récents de vandalisme menés contre des Palestiniens en Cisjordanie ainsi qu’à l’intérieur d’Israël.


https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-israeli-settler-assaults-left-wing-activist-after-dispute-on-west-bank-grazing-land-1.9693220

maalehahuviasettlement

The Ma’aleh Ahuvia settlement outpost, north of Ramallagh, in January.Credit : Moti Milrod

---

https://www.middleeastmonitor.com/20210408-prominent-rabbi-assaulted-by-israeli-settlers-as-he-defends-palestinians/

arikascherman4

Read : Israel settlers spray racist graffiti, set fire to cars in Palestinian village

---

https://www.palestinechronicle.com/video-prominent-rabbi-assaulted-by-jewish-settlers-as-he-defends-palestinians/

https://agencemediapalestine.fr/blog/2021/04/12/video-un-eminent-rabbin-agresse-par-des-colons-juifs-alors-quil-defend-des-palestiniens/

arikascherman5

L’ancien président de Rabbins pour les Droits de l’Homme a été violemment agressé hier par des colons juifs d’extrême droite.

L’enregistrement vidéo de cette brutale agression, près de l’avant-poste colonial illégal Maale Ahuvia, montre l’éminent rabbin Arik Ascherman battu avec un bâton en bois et entouré de colons.

D’après le Jerusalem Post, Ascherman est arrivé sur cette zone pour demander à des bergers juifs de faire sortir leur troupeau de champs labourés appartenant à des Palestiniens locaux. Il a utilisé son compte Twitter pour partager une vidéo des minutes précédant l’agression, qui montre une vive discussion entre lui et plusieurs colons, l’un d’entre eux le traitant de « meurtrier » tout en le menaçant.

Après l’agression, Ascherman a dit que les forces d’occupation israéliennes se tenaient à côté et voyaient alors qu’on le frappait à coups de bâton.

« Cette attaque brutale contre moi a eu lieu parce que les forces de sécurité israéliennes ont autorisé Ma’aleh Ahuvia à reconstruire après l’avoir fait évacuer hier », a-t-il expliqué, « et n’ont pas empêché les troupeaux d’entrer sur les terres de Dir Jarir pour brouter ce qui y poussait. »

Le mois dernier, Ascherman a été emmené aux urgences d’un hôpital à la suite d’une attaque par des colons juifs, et les soignants ont pu voir qu’il avait des points à l’oreille alors qu’ils vérifiaient si son bras était fracturé. Écrivant sur cet incident dans le Times of Israel, le rabbin a décrit ce qu’il a appelé « la résurgence du Kahanisme » et a dit « qu’il s’agissait de la dernière et la plus grave des nombreuses agressions de ces quelques dernières semaines. J’en ai oublié le nombre, mais j’ai déposé près de dix plaintes à la police pour ces agressions ».

Partageant une photo de son oreille déchirée, Ascherman a expliqué : « Je n’ai pas été la seule victime, et bien sûr les véritables victimes sont les Palestiniens. C’est la même histoire que celle que j’ai racontée plusieurs fois. »

Les colons, a-t-il dit, sont « animés d’un désir insatiable de déposséder les Palestiniens ». Il a expliqué qu’ils vont presque quotidiennement voler ce que d’autres ont planté afin de provoquer une peur et des pertes financières suffisantes pour que les Bédouins palestiniens abandonnent et ne reviennent pas dans leurs résidences d’été où leurs animaux peuvent paître sur ce qu’ils ont planté.

Source : The Palestine Chronicle

Traduction J. Ch. pour l’Agence média Palestine

-------

Remarques personnelles

Imaginons qu'un militant des droits humains ait été violemment agressé en Russie par des agents du FSB ou par des nervis du "bloc Rodina" . L'info aurait été relayée au moins une fois dans les jités hexagonaux du soir, avec "sujet" de quelques minutes sur le harcèlement des militants de l'opposition par "le régime".

Imaginons qu'en France un dirigeant de la LICRA – ou de "Laïcité-République",  ou une sommité médiatique telle Alain Finkielkraut, ou manuel valls – en opération d'enquête dans "les quartiers" (pure supposition) avait été violemment agressé par deux "islamistes" habitants des "quartiers", l'info occuperait la "une" pendant au moins huit jours, plus intervention solemnelle du macron en live sur toutes les chaînes, plus longs débats chez "C dans l'air" et "C politique" (C Lagardère), plus dépôt d'un nouvel amendement LR au sénat, plus manif ciotti-darmanin-lepen devant la statue de Jeanne d'Arc, plus le zemmour...

AGENDA SETTING - La « mise à l’agenda » concerne les « effets » du discours médiastique sur le débat public et sur les électeurs, en particulier lors des moments de « surchauffe symbolique » que sont les élections. Maxwell McCombs et Donald Shaw ont formulé en 1972 le principe suivant : il se peut que les mass médias échouent à dire aux gens « comment » il faut penser – surtout en ces temps difficiles –, mais ils parviennent toujours à orienter le "cher public" vers « ce à quoi » il faut penser et en débattre sur les réseaux sociaux, dont cantines d'entreprise, machines à café, bistrots et forums de Mediapart... et telle est la fonction du quatrième pouvoir, arme no 1 : le mensonge par omission.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.