Tulsi Gabbard (née le 12 avril 1981) est une femme politique américaine d'origine océanienne, membre du parti démocrate et représentante du deuxième district d'Hawaï à la chambre des représentants des États-Unis depuis le 3 janvier 2013. Elle est aussi vice-présidente du Democratic National Committee, membre du US House Committee on Armed Serices et du US House Committee on Foreign Affairs.

Elue en 2012, elle est la première américano-polynésienne membre du Congrès des Etats-Unis, et l’une de ses premières anciennes combattantes (Combat Veteran) : officier(e) de le Garde Nationale d’Hawaï, engagée volontaire en Irak, etc.

Voici ce qu'elle a déclaré, fin octobre 2015, à la "Situation Room" de CNN : « La CIA doit arrêter la guerre illégale et contreproductive pour renverser Assad ».

https://www.youtube.com/watch?v=IHkher6ceaA

Wolf Blitzer (CNN) : « Parlons de cet accord conclu aujourd’hui entre les Etats-Unis et la Russie pour éviter toute collision frontale accidentelle entre avions de combat au dessus de la Syrie… Le caractère secret de ce deal — nous [l’administration] ne l’avons pas rendu public — vous pose-t-il problème ? »

Tulsi Gabbard : « Non ! Je pense que Pentagone sait et comprend combien il est important d’être sûr que nos troupes ne soient pas mises en difficulté, et que nous ne soyons pas mis en situation de ‘conflit militaire accidentel’ avec la Russie dans les airs. C’est pourquoi le deal avec la Russie pour désamorcer ça est une chose importante. Mais il y a plus important. Je suis préoccupée par le fait que les États-Unis et la CIA œuvrent pour renverser le gouvernement syrien d’Assad, tandis que la Russie – alliée de longue date d’Assad, depuis des décennies – agit pour défendre et maintenir le gouvernement syrien d’Assad et cela, cela nous met dans une position de possible conflit direct, face à face avec la Russie, aussi longtemps que les États-Unis et la CIA continuent dans cette voie. »

Blitzer : « […] Comment peut-on éviter cette collision potentielle ? »

Gabbard : « C’est très simple. Les États-Unis et la CIA doivent stopper cette guerre illégale et contreproductive pour renverser le gouvernement syrien d’Assad et doivent rester focalisés sur le combat contre notre ennemi réel, les groupes islamistes extrémistes. Car actuellement, nous voyons pourquoi cela est contreproductif : en œuvrant pour renverser le gouvernement syrien d’Assad, nous ne sommes pas seulement en train de renforcer nos ennemis, les islamistes extrémistes, qui avancent, et sont en train de s’emparer de l’ensemble de la Syrie – actuellement, ils ont environ la moitié de ce pays sous leur contrôle –, mais cela nous met également dans une position de potentiel conflit direct, en face-à-face, avec la Russie, ce qui nous mène au bord d’un potentiel conflit de plus grande ampleur, une situation de type Troisième Guerre mondiale. »

Blitzer : « Pourquoi dites-vous que les efforts US pour se débarrasser du régime Bachar el Assad sont contreproductifs et illégaux ? »

Gabbard : « Tout d’abord, il n’y pas eu de vote au Congrès pour autoriser l’usage de la force, pour autoriser une guerre visant à renverser un gouvernement souverain. Depuis que j’ai siégé [à la Chambre des Représentants], il n’y a eu aucun vote, y compris avant que je sois élue. Donc le peuple américain n’a pas eu l’opportunité de s’exprimer, d’approuver ou de désapprouver une telle guerre. Par conséquent, elle est illégale.

Deuxièmement, elle est contreproductive car actuellement, des armements US vont dans les mains de nos ennemis, al-Qaïda et ces autres groupes, des groupes islamistes extrémistes qui sont nos ennemis jurés. Ce sont des groupes qui nous ont attaqués le 11-Septembre, et nous étions censés chercher à les vaincre, mais pourtant nous les soutenons avec ces armes pour renverser le gouvernement syrien… »

Blitzer :  « Donc, vous ne voulez même pas que les USA fournissent des armes à ces rebelles anti-Assad ? »

Gabbard :  «  Je ne veux pas que le gouvernement des États-Unis fournisse des armes à al-Qaïda, à des islamistes extrémistes, à nos ennemis. Je pense que c’est un concept très simple dans mon esprit : vous ne pouvez vaincre vos ennemis si, en même temps, vous les armez et vous les aidez ! C’est absolument insensé pour moi. »

Blitzer :  « Vous avez dit ça aux officiels de la Maison Blanche ? »

Gabbard :  « Nous en avons discuté, à la fois durant des auditions [parlementaires] et à d’autres occasions, et je pense qu’il est important que les citoyens américains se lèvent et disent ‘Regardez, nous ne voulons pas aller [en Syrie] et faire ce qui s’est passé avec Saddam Hussein, faire ce qui s’est passé en Libye avec Kadhafi, car ce sont des pays qui ont sombré dans le chaos et qui ont été conquis par des terroristes islamistes à cause des actions des États-Unis et d’autres’ ».

Blitzer : « Vous avez récemment twitté que tout candidat qui soutient une zone d’exclusion aérienne en Syrie doit admettre que cela implique l’envoi de troupes terrestres et aériennes pour la faire respecter… »

Gabbard : « Oui ! »

Blitzer :  « C’est une déclaration dirigée contre Hillary Clinton, qui se déclare en faveur de la zone d’exclusion ? Le président s’y oppose, du moins pour l’instant. »

Gabbard : « C’est une déclaration qui concerne tout ce à quoi un président devrait être candidat. Parce que pendant qu’ils se posent ces questions et prennent position sur elles, les Américains doivent comprendre exactement ce que ces positions veulent dire. Qu’on appelle la chose "zone d’exclusion aérienne" ou "zone de sécurité", ceux qui en font la promotion doivent être comptables des décisions qu’ils prennent. Ça impliquerait un investissement aérien pour faire appliquer [la zone d’exclusion], ça impliquerait de gros moyens à sortir — un système complet de missiles anti-aériens par exemple —, des moyens que le gouvernement syrien a aussi. Et une fois de plus, ça nous jetterait dans un conflit direct, face à face, avec le gouvernement syrien, les Russes et leurs alliés, ce qui exigerait l’envoi sur le terrain d’une quantité considérable de troupes au sol. Il y aurait bien d’autres conséquences, et c’est pourquoi ce serait une terrible erreur.

Blitzer : « Je sais que vous êtes manifestement très concernée par ce qui est arrivé en Libye suite à l’élimination de Kadhafi, la situation effrayante qui… »

Gabbard : « La même chose arriverait à nouveau. »

Blitzer : « Le désastre en Libye, aujourd’hui… »


La deuxième partie de l’entretien est tout aussi passionnante, et la chute typiquement américaine.

Commentaire de 'ZeroHedge' :

http://www.zerohedge.com/news/2015-11-21/us-congresswoman-introduces-bill-stop-illegal-war-assad-says-cia-ops-must-stop

Et celui de Maxime Chaix sur 'dedefensa.org' :

http://www.dedefensa.org/article/sur-cnn-une-parlementaire-us-confirme-que-la-cia-soutient-al-qaida-pour-renverser-bachar-el-assad

Autre intervention de Tulsi Gabbard sur CNN, suite aux attentats de Paris : « Notre administration refuse toujours de reconnaitre qui est notre ennemi ». Et la députée démocrate persiste : « Keep Assad in place, fight ISIS ! ».

http://edition.cnn.com/2015/11/20/politics/tulsi-gabbard-syria-paris-keep-assad/

Nouvel entretien avec Wolf Blitzer, le 8 décembre dernier :

https://www.youtube.com/watch?v=_KAmT5bRNKs

Voir aussi les vidéos de cette playlist : Fighting the Bail-out of Big Banks, Protecting Americans’ Privacy, Demanding Transparency in the TPP, Fighting for Health Care for Veterans, etc.

Si j'étais Chief Executive Officer de Mediapart, j'inviterais la députée Tulsi Gabbard à Paris. Et je la présenterai aux abonnés de Mediapart, juste pour leur montrer que les Américains ne sont ni « de grands enfants », ni des Crétins des Appalaches. Enfin, pas tous...

Et moi CEO, je mettrais ces deux billets en tête de gondole :

https://blogs.mediapart.fr/danyves/blog/120116/en-2016-l-etat-doit-combattre-reellement-le-terrorisme-par-maxime-chaix

https://blogs.mediapart.fr/danyves/blog/160116/frapper-l-arabie-saoudite-la-ou-ca-fait-mal-par-robert-parry

Pour que le vrai débat sur le terrorisme AQI-AQS s'engage enfin en France, hors hystéries d'urgence étatique, et hors « haine des causes »...

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