GILET JAUNE BLESSÉ À BORDEAUX : LES INCROYABLES RÉVÉLATIONS DE L’ENQUÊTE DU MONDE

Le quotidien a mené une grande enquête après la blessure au LBD d’un gilet jaune à Bordeaux le 12 janvier. Et les conclusions pointent la responsabilité des forces de l’ordre.

La Charente Libre, 17 octobre 2019

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Olivier Beziade, allongé sur le sol, après avoir été touché le 12 janvier à Bordeaux par un tir de LBD. Capture d'écran

Les révélations sont accablantes pour les policiers. Dans une longue enquête publiée ce jeudi, Le Monde revient sur les circonstances autour de la blessure d’un gilet jaune, visé par un tir de LBD le 12 janvier dernier à Bordeaux. Ce samedi-là, Olivier Beziade, pompier volontaire, manifeste pour la première fois au côté de sa femme Cindy dans la cité girondine. La tête du cortège atteint la célèbre Place de la Comédie, plusieurs gilets jaunes s’immobilisent alors devant le Grand-Théâtre.

"J’ai vu mon tireur"

Non loin de là, les forces de l’ordre bloquent l’accès au Cours de l’Intendance qui jouxte la place. Après qu’un manifestant leur a jeté un projectile, ces dernières ordonnent à deux reprises de libérer les lieux avant de charger. La place se vide et une partie du cortège fuit par la rue Sainte- Catherine où se trouvent Olivier et Cindy dans le sens inverse. Ils se retrouvent dans le mouvement de retrait et alors que Cindy rebrousse chemin vers la rue Saige, perpendiculaire à Sainte-Catherine, Olivier s’arrête à hauteur de la boutique Apple – par ailleurs dégradée et pillée un mois plus tôt lors de l’Acte IV. Le cordon policier lance une nouvelle charge et Olivier se réfugie dans la rue de la Maison Daurade à quelques mètres de la boutique.

Alors qu’il est de dos, un agent de la BAC le vise une première fois au LBD 40 sans le toucher. Un 2e membre des forces de l’ordre lance ensuite une grenade dans la même direction. Voyant l’objet rouler à sa gauche, Olivier interrompt sa course et se retourne. "J’ai vu mon tireur, témoigne-t-il. Quand je l’ai vu pointer son arme sur moi, je me suis mis à courir." Une 2e balle de LBD tirée par un 3e membre des forces de l’ordre le frappe à la tête. Sonné, il s’écroule au sol. Et perd beaucoup de sang. Là est la première anomalie: selon une instruction sur l’usage du LBD, la tête ne doit pas être visée. 

Des devoirs d’assistance et de surveillance non respectés par la police

Les commerçants, sous le choc, se précipitent pour le secourir et demandent à la police d’appeler les secours. Lesquels rétorquent: "Appelez-les vous, nous on ne peut pas." Sauf que selon la même instruction, "Il convient de vérifier si la personne atteinte […] ne présente aucune lésion". Dans tous les cas, l’individu reste sous la surveillance des forces de l’ordre. Des devoirs d’assistance et de surveillance non respectés. 

Evacué par les pompiers une dizaine de minutes plus tard, Olivier souffre d’un traumatisme crânien, d’une hémorragie cérébrale et de multiples fractures au crâne. Après s’être vu prescrire 90 jours d’incapacité temporaire totale de travail, il vit désormais avec des séquelles comme l’hémiplégie.

Si l’IGPN a été saisie dès le 14 janvier, aucune sanction n’a été prononcée. Au total, 313 enquêtes pour suspicion de violences policières ont été ouvertes sans qu’aucune ne livre de conclusion. 

 

" Gilet jaune " blessé à Bordeaux : enquête sur un tir de LBD contesté © Le Monde

ME - La Charente Libre, 17 octobre 1919

L'enquête du journal "Le Monde", par Antoine Schirer et Asia Balluffier, publiée le 17 octobre à 8h.

Autres articles sur cette affaire : Arrêt sur Images, 20Minutes, Rue89Bordeaux, France3Régions, Sud Ouest, etc.

Rappel - Qui sont les Gilets jaunes ?

« Gilets jaunes » : une enquête pionnière sur la « révolte des revenus modestes » (Regards, octobre 2018, Pdf)

Un collectif de chercheurs présente, dans une tribune au « Monde », les premiers résultats d’une étude détaillée qui s’appuie sur 166 questionnaires distribués sur des ronds-points et lors de manifestations... Résultats par CSP page 4, à opposer aux marxistes d'opérette qui prétendent que le mouvement des GJ serait "petit-bourgeois", au grand ravissement des grand-bourgeois et de leurs psyttacidés.


Gilets Jaunes, une répression d'Etat | Documentaire © StreetPress
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Tant que ce régime fascisant, ses milices coloniales, sa "justice" aux ordres et son journalisme de préfecture seront en place, nous ne pourrons rien faire d'autre que nous indigner et partager largement entre nous ce genre d'info, sans céder un pouce aux vicieuses intimidations de Macron l'Eborgneur et de son CAC40 radicalisé, ni à ses immondes tentatives de retourner la colère du peuple français contre les nouveaux bouc-émissaires.

On est là, on est là, même si Macron le veut pas, nous on est là... MACRON DESTITUTION !

En attendant la Libération, nous pouvons joindre ce témoignage au lourd passif du régime policier, antisocial, raciste, sexiste et impérialiste (embedded in E.U. & NATO), pour nourrir le dossier d'accusation d'un tribunal pénal international et citoyen, genre Tribunal Russell, comme le suggère Vivre est un Village.

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