Bourgeoisie partout, justice nulle part

Le mois de juillet, mois de fête populaire, est un mois de deuil, car la bourgeoisie, cette caste du passé, enterre la modernité perfectible de la société française : sa réponse au fait social est tranchée : que le peuple subissent et se taisent, comme la loi bourgeoise lui ordonne, si il parle, que la matraque bourgeoise le réduise au silence, et si il regarde, qu'on lui crève les yeux.

Salut à toi, cher lecteur de mediapart.

Ce billet n'abordera pas mes sujets de prédilections, l'émancipation populaire et l'anarchisme comme je souhaite le faire dans mon blog. Mais les nouvelles en ce mois de juillet ce que fait le gouvernement, ce que fait sa police, ce que ne fait pas sa justice, bref, tout cela a produit un profond dégoût chez moi, de la négativité, dont je souhaite pourtant me prémunir. Et prémunir ce blog. 

Alors pourquoi, cher lecteur, je te fait part de mes états d'âmes ? De ma négativité ? Parce que ce mois est une apothéose, un florilège comme j'en avais rarement vu depuis des années. Même la présidence Sarkozy avait su faire preuve de plus de retenu, car elle craignait (un peu) la réaction de son peuple.

Mais pas la néobourgeoisie de Macron, ou plutôt je devrais dire ces rétrobourgeois, voir ces rétronobles. Rétro, car dans le fond, leurs conceptions de la société est une société du passé. Leurs solutions sont des solutions du passé. Ils sont le passé.

Quels évènements m'ont poussés à écrire cette (petite) diatribe ? 

Tout d'abord le pouvoir législatif et ces dernières lois : la loi Avia, contre "la haine" sur internet : censure privée, définition de "la haine" bien floue, système de délation en dehors de tout circuit judiciaire, dans laquelle certains ont même tenté d'ajouter le droit de critiquer les professionnels de l'agriculture qui serait pratiquerait l'élevage de façon inhumaine, poussé par une économie devenu folle qui marchandise tout, ne respecte plus rien. 

Ratification du CETA qui officialisera juste ce qui avait déjà été mis en route en dehors de toute décision populaire, ou de toute décision des représentants qui se disent populaires : ce traité, qui sera validé à n'en pas douter, va tuer beaucoup de monde, plus ou moins vite : les agriculteurs tout d'abord, qui vont souffrir d'une concurrence déloyale de produit frelatés, produit pas cher, avec des produits dangereux (pesticides, antibiotiques de croissance, etc ....). Le consommateur qui n'aura pas les moyens de s'assurer que le produit qu'il consomme ne le tuera pas à terme d'un cancer, d'une maladie neurodégénérative ou autre. Car même si il est écrit que les produits interdits restent interdits, aucun contrôle n'est possible dans la France du passé de Macron.

Privatisation d'ADP, d'Engie, de la Française des Jeux : pas de stratégie sur l'énergie, sur le transport, du profit maintenant, tout de suite, pour qui ? pour quoi ? On le saura peut être dans quelques années, si il reste des "mediaparts", des "medias" et des "canards enchainés" ou des "Le monde" qui n'auront pas été baillonné par les lois bourgeoises, ou par des mécènes bourgeois qui seront bien sûr soucieux de la qualité de l'information apporté sur leurs façon de diriger le monde et les gens qui y vivent. Et ce maudit compteur pour le référendum contre la privatisation d'ADP qui ne décolle pas, .... sommes nous a ce point assommés que nous allons nous faire dépouiller jusqu'à nos derniers sous sans réagir, sans même essayer les rares fois ou une occasion de gripper la machine de destruction qui nous broient se présente a nous de la ralentir ? Car la bloquer je n'y crois plus, elle ne s'arrêtera que quand il ne restera rien, ou plus personne pour l'alimenter de son sang, de sa sueur, de sa vie.

L'exécutif aussi, et sa morgue, toujours plus cinglante, toujours plus vive, cuisante comme la brûlure d'un fer chauffé au rouge qu'elle applique patiemment et méthodiquement sur le corps de ce peuple qu'il voit comme sa propriété : la mort de Mme Redouane du fait de l'explosion d'une grenade de la police qui devait la protéger ? L'enquête est en cours. La disparition du jeune Steve ? L'enquête est en cours. Les centaines de cas de mutilés, de blessés pendant les manifestations ? Les arrestations arbitraires ? la tentative de perquisition chez mediapart ? L'intimidation des sources, des journalistes en en appelant jusqu'a la DGSI ! Enquête en cours.

Silence, le silence.... le silence de cet exécutif : je me demande parfois ce qu'il voit dans ces drames, dans ces deux vies perdues, dans ces blessés, dans cette fracture sociale que cette rétrobourgeoisie provoque, mais n'assume pas, pas encore en tout cas, pas au delà de leurs mots. Un dommage collatéral ? un affreux concours de circonstance ? Quel force dans le cynisme. Pardon, je me trompe, dans le "pragmatisme" (je me suis trompé de colonne dans le dictionnaire de la novlangue). J'en suis abasourdi. En colère aussi.

Et la justice ? Sarkozy s'en sortira, ça fait plusieurs années que la justice lui coure après, que mediapart montre preuve à l'appui un certains nombre de fait justiciable, mais rien. Ou si : du silence, de l'attente. Mais rien. Balkany ? idem. Regarder le nombre d'enquête en cours sur des membres anciens ou présent du gouvernement ou de l'administration Macron .... rien ... le silence. Ah et j'oubliais le cas le plus emblématique du rétro monde : Mr Alexandre Benalla. Rien ... le silence ... Ne pas compter sur la justice pour ramener enfin de la probité dans tout ça : la justice applique la loi avec nuance, la loi est écrite avec nuance. Et la petite cerise sur le gâteau : l affaire de rugy. Sans doute rien de (trop) répréhensible au regard de la loi bourgeoise. Il ne manquerait plus que la loi soit faite pour éviter que l argent public, ce bien commun, ne soit considéré comme mal utilisé par des hommes bien intentionné.... je dis bien intentionné car j ai été frappé par la sincérité de mr de Rugy : pourquoi se voit il frappe du sceau de la honte ainsi ? Il avait le droit ! Comme les seigneurs avait le droit de cuissage. Alors pourquoi le vilain mediapart lui fait subir cette épreuve ? d ailleurs l assemblée  nationale qui enquête sur l assemblée nationale a conclu que .... rien. Le silence. Et le ministère qui enquête sur le ministère ? Rien. Le silence. Comme la police qui enquête sur la police. Bref. Tout est ok. La République des copains a de beau jours devant elle.

Et puis regardons l'équation simplement : qui décrit comment écrire la loi ? la bourgeoisie. qui écrit la loi ? La bourgeoisie. qui applique la loi ? la Bourgeoisie où la partie du peuple qui croit agir pour la république en oubliant qu'elle agit pour l'essentiel pour la bourgeoisie. 

Rien. Le silence. Le silence assourdissant de notre société. Non. De leur société. de leur société du passé. De cette société qui s'agite qu'ils veulent maintenir, car c'est leur place de dominant qui est en jeu. Alors ils font appels a chaque élection à notre bonté, à notre honnêteté : c'est la domination autoritaire bourgeoise élue démocratiquement, ou la domination bourgeoise autoritaire élue démocratiquement. Le peuple lui n'en veut pas, car il flaire le piège, mais la petite bourgeoisie, elle, vit bien la domination bourgeoise. Alors elle gagne. La dictature d'une minorité dirigeante sur le reste du peuple, parce qu'aucune alternative ne naît du peuple. Rien. Le silence ....

Une phrase de mass hysteria me vient en tête :

Je ne vois aucun nouveau Jaurès à l'horizon
Ou sont les vrais hommes venu d'en bas ?

Tirer d'une chanson qui s'appelle l'Espérance et le refus.

 L'espérance oui. Le refus aussi. Mais il faut trouver une autre voie. Une autre voix aussi. Mais laquelle .... L'avenir ? il faudra tenter, se brûler surement .... Mais on ne peut laisser ce monde là à nos enfants. J'ai pas envie que mon fils soit en servitude, volontaire ou non, et j'ai pas non plus envie aussi qu'il soit un dominant. Je veux qu'il grandisse en humain, qu'il fasse grandir l'humain. qu'il soit plus humain que son père ne le sera jamais. 

Ce qui est sûr c'est que la rétrobourgeoisie doit rester dans le passé, l'avenir, notre avenir, doit a nouveau nous appartenir. 

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