Tribulation d'un nouvel anar... l'anarchisme comme issue au chaos présent ?

La recherche d'une autre voie sociale et économique est indispensable : environnement détruit, corps social détruit, individualisme exacerbé... Nous, citoyen, nous devons trouver une autre voie qui prépare le futur de nos enfants. La question sociale fut centrale au 19ème siècle, et une voie alternative fut proposé : l'anarchisme. Ne constitue-t-il pas une des voies à venir ?

C'est au 19ème siècle que la question sociale devint cruciale : l'augmentation des richesses dues a l'explosion de l'ère thermo-industrielle a exacerbé les inégalités sociales au point de les rendre explosive. Et c'est ce qui arrive : une explosion.

L'avènement de la nouvelle classe sociale dominante qui gouverne encore de nos jours, nommons-la, la bourgeoisie, devient de plus en plus prépondérante. Et ne le nions pas, elle fait progresser grandement la société : innovations technologiques, médecine, ... Mais elle ne le fait que pour son intérêts personnel, donnant raison d'un certain point de vue, à la théorie d'Adam Smith sur l'impact des intérêts individuels sur la "meilleure organisation économique". Mais la somme des intérêts individuels de la bourgeoisie bénéficia surtout à la bougreoisie, très peu au prolétariat. La misère du prolétariat, les conditions de travail mortifères, et les inégalités de propriété sont délétères pour lui, mais assurent la prospérité de la bourgeoisie.

Ne nous y trompons pas, comme dans l'antiquité, la classe dominante se sert de la classe dominée pour assurer sa prospérité. Il suffit de payer un salaire pour s'octroyer le droit de disposer de la vie d'autrui... La richesse des uns à un coût, la vie des autres, les plus nombreux.

Mais les horreurs de cette époque font naître une alternative de pensée, jaillissant de la fumée noire des centres d'exploitation du prolétariat (nous dirons les usines pour être plus consensuel) : la question sociale s'impose pour beaucoup. Marx, Proudhon, Kropoptkine, Bakounine, Malatesta, etc ... Et voilà que les ennemis idéologique du capitalisme triomphant sortent de l'ombre : anarchisme (dans sa diversité, sa pensée humaniste puissante, mais aussi ses faiblesses et ses errements (dont la propagande par le fait qui lui fut fatal)), communisme (qui porte en son coeur même les germes de sa corruption (un Etat tout puissant devenant un pouvoir absolu, totalitaire et qui construira un capitalisme d'Etat plutôt qu'un réel collectivisme, ou c'est chaque membre du peuple qui est propriétaire du commun, et pas la structure qui se définit comme une abstraction du peuple)), et enfin le socialisme (qui voulait transformer la société capitaliste triomphante de l'intérieur, et qui s'est vu transformé en cette absurdité de "sociale démocratie", offrant une black box pour les contestataires modérés du capitalisme).

3 idéologie, dont 2 ont été tentés, et ont échoués. Et cela a suffit aux porteurs de la lumière capitaliste pour obtenir la conclusion finale de l'histoire : "there is no alternative". Les utopies humanistes n'ont plus leur place, le grand marché est déjà là.

La 3ème l'anarchisme (dans toute sa diversité) a aussi été tenté, mais elle n'a pas échoué, elle a été écrasé, brisé, dans le sang, par son frère le communisme, par son ennemi le capitalisme (la commune, etc ...).

Elle reste donc une voie possible, et qui je le crois va se révéler salutaire dans cette période ou la survie même de l'humanité est en jeu, où nous sommes à la croisée des chemins : survivre et évoluer, ou persister dans la destruction de la majorité d'entre nous pour que quelques-uns survivent et persistent dans une voie destructrice : et voilà le vieux combat qui refait surface : darwinisme social contre entraide facteur d'évolution telle que Kropoptkine l'a définie.

Alors, balayons tout de suite les objections, je ne suis pas un spécialiste de l'anarchisme, ni même des autres idéologies, ce que j'écrit dans ce billet, c'est juste des convictions profondes, personnelles, des réflexions subjectives,  quelque chose d'instinctif, sans doute d'irraisonné, et qui tiendra sans doute plus du conte que d'une réalité, mais j'essaierai dans les prochains billets de poser là quelques réflexions, dans l'espoir d'échanger avec ceux qui auront assez d'indulgence et de curiosité pour lire mes égarements, mes délires, bref, ce que j'écrirai sorti de mon imaginaire sans doute malade (mais être fou dans notre monde n'est-il pas le signe que l'on est sain d'esprit ?).

Il m'a fallu atteindre l'âge vénérable de 38 ans et me confronter avec l'une des pires institutions pour laquelle j'ai travaillé (le ministère de l'intérieur) pour comprendre et enfin assumer ce qui est ma conviction profonde : il faut pour que nous nous sauvions, et mieux, pour que voir l'humanité évoluer, nous émanciper de toute autorité, nous entraider, partager, respecter l'autre, et le vivant, pour enfin devenir un membre de celui-ci honorable et protecteur.

Ai-je été à la hauteur de cette conviction dans ma vie ? Non, je les ai même trahi à plusieurs reprises, dans mon travail, dans des moments où je me suis laissé déborder par l'émotion (les attentats de Charlie Hebdo ont eu un effet très négatif sur ma pensée, et ma vision du vivre ensemble, et il m'a fallu m'isoler des réseaux sociaux notamment pour pouvoir reprendre une réflexion honnête sur ce qui c'était produit, et comment je devais voir les choses). Mais se tromper est le meilleur mécanisme d'apprentissage. Se tromper, se relever et avancer.

Alors je chercherai entre autre chose avec vous, enfin avec ceux qui liront, à répondre à 2 de mes interrogations : 

  • Quelles solutions offrent les anarchismes pour gérer l'effondrement qui vient et créer un avenir plus brillant que celui qui nous attends ?
  • Quelles stratégies devraient être mises en place pour substituer une société de l'entraide à la société de concurrence absolue actuelle ?

J'essaierai aussi d'aborder avec vous le résultat de mes lectures politiques : les anciens d'abord (Proudhon, Kropoptkine, Malatesta, etc ...), les nouveaux aussi (Begaudeau, Ruffin, etc ...), mais aussi de ce que j'aurais tiré comme enseignement d'autre média (Youtube, avec les conférences gesticulés de Franck Lepage, le fabuleux  documentaire "ni dieu ni maitre", etc ....).

Enfin, j'aborderai aussi parfois d'autres sujets qui me tiennent à coeur, la technologie notamment, mais aussi l'artisanat, bref le savoir en général.

Voilà la fin de ce billet. Cher lecteur, j'espère te revoir au prochain !

Bien à toi.

 

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