Gabrielle Teissier K
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Billet de blog 3 déc. 2022

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Se loger est un Droit

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C’était hier à l’Assemblée nationale que William Martinet, député LFI, commissaire aux affaires économiques – NUPES,  a cité l’Abbé Pierre. Il a dit :

"Nous avons eu droit, à l’instant, des amendement du RN qui sont une fuite vers la répression de la pauvreté. Du coup je tenais, pour compenser à participer au discours avec davantage de générosité et de solidarité. « Mes amis au secours une femme vient de mourir gelée, cette nuit à 3h sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier on l'avait expulsée... Chaque nuit ils sont plus de 2000 à se recroqueviller, dans le gel, sans pain, sans toit Plus d’un presque nu. Devant tant d’horreurs, les cités d’urgence, ce n’est même plus assez."

Ce discours, vous l’avez peut-être reconnu, c’est le discours de l’abbé Pierre en hiver 54. C’est un discours qui n’a jamais été autant d’actualité. Dans son discours, vous l’avez entendu parler de 2000 personnes qui vivent sans toit. Dans notre pays, ce sont tous les soirs, aujourd’hui, là, en France en 2022, ce sont plus de 6000 personnes qui appellent le 115 et qui ne se voient proposer aucune solution d’hébergement d’urgence et qui donc dorment à même les trottoirs de nos villes. Cette misère sociale que vous refusez depuis le début des discussions de faire rentrer dans le débat, comme si on pouvait discuter de procédures d’expulsion sans se poser la question de « après, où vont les gens » et quand on les expulse ils se retrouvent à la rue que pourront-ils devenir ? Et bien l’abbé Pierre nous parlait il y a plus d’un demi-siècle d’une femme qui après avoir été expulsée, est décédée, morte de froid. Et bien je trouve terrible qu’un demi-siècle après nous e soyons au même débat, aux mêmes preuves d’inhumanité, et que l’Assemblée nationale, au lieu de réfléchir à comment résorber cette crise terrible du mal logement, que l’Assemblée nationale en soit à discuter comment nous remettons plus vite à la rue, des hommes et des femmes de misère et comment peut-être malheureusement, nous allons provoquer leur décès. »

Le même jour on apprend par le Monde - vous savez ce journal soutenu financièrement par un milliardaire qui contrôle les journalistes…l-, que sur 41 membres du gouvernement, 19 d’entre eux sont millionnaires.

« Les ministres du gouvernement d’Elisabeth Borne détiennent un patrimoine moyen de 1,9 million d’euros. La majorité d’entre eux figure dans le top 10 % des Français les plus fortunés. » LE MONDE

Je n’ai jamais pensé que c’était une faute d’être riche ni même une tare. Il y a des gens riches qui partagent, qui sont généreux et qui soutiennent les associations qui s’occupent des laissés pour compte. Niel en fait partie, c’est pour ça que je l’ai croisé et que je sais ce qu’il a dans le ventre. Ce que je pense par contre, c’est que si on a toujours été riches, on ignore ce que coûte de simplement vivre, de se nourrir et de se loger, de nourrir et de loger ses enfants ; on ne connait pas ce pincement, ces larmes qu’on retient quand on sait qu’on ne pourra même pas se payer un bout de pain. Moi j’ai eu la chance d’en rencontrer tellement, de ceux qui vivent ça, de jeunes, des vieux qui sont jeunes parce qu’on ne vit pas vieux dans la rue… Et non ce n’est pas de leur faute. L’Abbé disait que pour se retrouver à la rue il suffit d’un mois et pour en sortir ça prend des années.  

Et 19 ministres, sur 41 c’est beaucoup, pour imaginer qu’ils puissent comprendre ce que c’est que de devoir se priver de manger ou de ne pas avoir un toit pour se mettre à l’abri du froid.

Et je rappelle qu’il ne s’agit ni de générosité, ni même de solidarité, mais de justice et de Droit.  « Le droit à un logement décent et indépendant, mentionné à l'article 1er de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en oeuvre du droit au logement, est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'Etat, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. »

De dignité humaine aussi. la nôtre. On ne laisse personne mourir de froid et de faim dans la rue, ni ici ni ailleurs.

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