Le nid de Sarralbe

N’est pas seulement un nid de cigognes. C’est toute une histoire...

Pendant trois jours et trois nuits le vent a soufflé, la pluie est tombée. Un vent à décorner les bœufs, et ça continue. Qu’à cela ne tienne, les grands ont assuré. Vaillamment les cigognes se sont relayées, contre vent et gouttes elles ont apporté à manger à la nichée.

Cinq petit affamés, Qui miaulent à longueur de journée -si si c’est comme ça qu’on dit. Il y en a un qui est si petit que son avenir est compromis. Enfin ça c’est moi qui le dis, et je n’y connaissais rien en cigognes la semaine dernière. Depuis j’ai un peu appris. Et je me dis qu’au lieu de dire qu’il fait un temps de chien, on devrait dire qu’il fait un temps de cigognes. Haut perchées, sans abri, c’est pas facile. Le plus grand des cigogneaux aussi, risque sa vie. Téméraire il s’approche toujours plus près du bord du nid. Il vacille, bombe le torse, craquète et retombe, en déséquilibre. Il n’a pas encore les jambes, ni les pattes qu’il faut. Une boule de plumes déséquilibrée… Il y a encore trois jours, les adultes couvaient dès le repas fini. Depuis hier, fini de couver. La mère est restée debout, sur une seule jambe, ou sur deux, pendant plus de trois heures pendant que l’autre a mis tout ce temps pour revenir avec le dîner. Le soleil tape fort aussi, alors les grandes font de l’ombre. Et à présent, toute la journée tout le monde reste à découvert, même le petit dernier. La vie dans tous ses états et vitesse grand V.

Les oisillons sont sortis de leurs coquilles le 28 avril dernier. Fin juin ils seront prêts à s’envoler.  60 jours pour être grands et libres, si c’est pas une leçon de vie ça, pour nous autres qui pensons que tout vient d’en haut, du ciel ou des puissants… Enfin ça c’est ici, nous nos cieux, et encore pas pour tous, parce qu’ailleurs, ils sont nombreux à se débrouiller seuls très tôt, et à connaître le vrai prix de la vie.

Au fait, ces cigognes ont des noms. Maurice et Mélodie pour les deux adultes et Thomas, le téméraire, sorti de l’œuf en premier… Il y a les plus forts, les premiers et les autres. Des riens, dirait quelqu’un, dans les nids comme dans les halls de gare… Et ça bien sûr, cette idée de donner des noms, c’est une idée tout à fait humaine, de M Klein… Merci M Klein, de partager avec nous votre passion des cigognes, merci très sincère.  Il y a des trucs comme ça, même si on le voulait, on n’arriverait pas à les inventer…

ce vent qui ébouriffe © GTK ce vent qui ébouriffe © GTK

Quatre bien dodus et un tout petit © GTK Quatre bien dodus et un tout petit © GTK

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