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Billet de blog 10 sept. 2021

Il sait faire pleurer les gens

A défaut d’être ému lui-même…

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« Ils n'ont rien à faire de l'amitié, ils se sont construits sur les réseaux. Ils ne doivent rien à personne, ils ne s'attachent à personne. Ils sont leur racine réciproque, ils ont tout quitté pour l'autre, coupant avec leur famille de part et d'autre. [...] Le problème c'est qu'ils font croire à l'affectivité, à l'amitié sincère [...]. »  a dit François Hollande en parlant des Macron.

Il les connaît mieux que beaucoup et en tous les cas mieux que moi. Et même si Hollande m’a déçu, je me dis que ce qu’il dit là, est sûrement vrai.

Alors hier, pour Belmondo, quand il a sorti sa jolie tirade qui a fait pleurer un grand nombre de présents à la cérémonie et peut-être aussi derrière leurs écrans, j’ai repensé à ce qu’avait dit Hollande et du coup, je me dis que M Macron est tout le temps en représentation. Les hommages qu’il rend, c’est pour se mettre en avant, rien d’autre. C’est de lui qu’il parle quand il parle des autres. Belmondo était gentil ça on l’a bien compris. Et les gens gentils sont gentils avec tout le monde, c’est même pour ça qu’ils sont gentils.

Pour en revenir à cette cérémonie, une fois de plus je ne comprends pas pourquoi on ne fait pas ce genre de choses quand les gens sont vivants. Parce qu’ils peuvent encore mal tourner peut-être, on ne sait jamais. Belmondo ne pouvait pas devenir méchant. Alors si on voulait lui rendre hommage, à lui, pourquoi ne l’a-t-on pas fait de son vivant ? J’espère que ses petits-fils lui ont dit mille fois ce qu’ils ont dit hier. Et que tous ceux, les artistes qui l’ont accompagné, le lui ont dit aussi qu’ils l’aimaient tellement. Parce qu’en vrai, les hommages posthumes, c’est toujours pour nous aider nous, les vivants, ceux qui restent, à surmonter la séparation.

Je l’ai déjà raconté ici, en Kanaky j’avais assisté à une cérémonie à nulle autre pareille, une cérémonie que je n’oublierai jamais, cher peuple Kanak… Les femmes de la tribu m’avaenit invitée à les suivre. Elles m’ont juste prévenu qu’on allait voir une vieille -en Kanaky, vieux ou vieille n’a rien de péjoratif, bien au contraire, très malade. Nous sommes allées dans une grande case ou était couchée une vieille. Elle était mourante et ne réagissait pas. Les femmes avaient apporté de nombreux cadeaux, nattes et paniers tressés, robes, légumes et fruits et les unes après les autres lui ont rendu hommage dans sa langue. Celles qui n’étaient pas de sa tribu parlaient en français. Des beaux mots, des mots doux, qui rappelaient à la vieille tout ce qu’elle avait apporté à la tribu, durant toute sa longue vie. Combien elle avait été importante pour tous et combien elle allait leur manquer… La ferveur était immense. Un moment où on pouvait toucher du doigt l’éternité, jusqu’à s’en faire une réelle idée…  Et quelques jours plus tard, j’ai appris que la vieille n’est pas morte. Elle a guéri. Elle était en pleine forme et a vécu encore de longues années. P. je me suis dit hier, si Belmondo avait été Kanak…

Bien sûr que ça faire rire les oiseaux... © GTK

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