Suicidés...

Si elle s’était sentie soutenue et encouragée, Naima el-Bezaz, l'écrivaine néerlandaise, serait toujours en vie… Luc, le prof est mort aux Baumettes alors qu’il n ‘avait manifestement rien à faire en prison.

Naïma El Bezaz sur Wikipedia Naïma El Bezaz sur Wikipedia

Sa vie ne devait pas compter assez pour les Européens puisque, lorsqu’on tape son nom sur le moteur de recherche, Naima el-Bezaz, on ne tombe que sur des sites marocains, dont Bladi.net où on peut lire  que… « L’annonce du décès de l’écrivaine a fait réagir de nombreuses personnalités. "Tu étais une personne très douce et pleine d’esprit, et toujours surprenante. Tu me manqueras terriblement", écrit Khadija Arib, présidente de la Seconde Chambre des États généraux. "Si longue, douce, drôle et courageuse Naima el Bezaz brille de tous ses feux comme un diamant", écrit son éditeur sur Twitter. Ahmed Marcouch, maire d’Arnhem se dit profondément bouleversé par la mort de Naima El Bezaz et profondément attristé par la disparition d’une écrivaine aussi spirituelle et originale. »

C'était avant, quand Naima-El-Bezaz était bien vivante qu'il fallait la soutenir, la défendre, la protéger contre tous ceux qui la détestaient. Elle vivait au Pays Bas depuis qu’elle avait 4 ans et à l’école déjà ses camarades se moquaient d’elle parce qu’elle venait d’ailleurs. Quand elle a édité ses premiers livres les extrémistes religieux l’ont menacée du pire et ses compatriotes l’ont rejetée également. Elle disait d’elle-même et je cite « : « J'ai une grande gueule et je suis très directe. Je suis quelqu'un de très calme. Mais ma plume est extrêmement dangereuse »  Ceux (le maire de sa ville, la présidente des députés, ou même son éditeur) qui s’expriment maintenant le font parce qu’ils ont honte de n'avoir pas agi avant...

Lui s’est suicidé aux Baumettes où il était enfermé parce qu’il avait crevé les pneus de sa psy  kiné qu’il voyait parce qu’il était en dépression. Sa maladie avait causé sa mise à la retraite anticipée par l’Education nationale. Il a fait ça plusieurs fois, de lui crever ses pneus.  Il devait voir un expert psy dans sa prison, mais voila, tout est toujours long et lent, dans la justice et dans l’administration pénitentiaire. L’expertise a été repoussée et il n’a pas supporté de retourner en prison…

Sa famille va porter plainte parce que l’administration pénitentiaire savait qu’il était déprimé et donc en danger.

Autrefois on disait que les gens qui se suicident sont fous. Et en prison, le suicide était considéré comme un délit… d’évasion.

Aujourd’hui on dit qu’ils sont dépressifs. Il y a sûrement des personnes dépressives qui se suicident, ça ne fait aucun doute. N’empêche, il y en a d’autres qui sont devenues dépressives parce qu’on ne les a pas écoutées et surtout pas entendues.

Et il y en a même qu’on pousse au suicide, parce que vivants, ils dérangent, comme ça on pourra dire, que s'ils sont morts, c'est de leur faute...

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