L’entre deux

Inconfortable et jouissif

Il y a de ces instants inoubliables, comme avant une élection ou comme avant une embauche, une prise de retraite, une naissance, un mariage, une rupture ou un déménagement…

Des moments où on sait que l’après sera forcément différent. Un après qu’on a choisi et dont on est responsable.

En général c’est rapide. C’est du jour au lendemain que les choses changent. Pris par le temps, on a rarement celui de penser à ce qui arrive. Et comme on ne sait pas bien de quoi demain sera fait, on ne s’attend à rien en particulier et à tout quand même, pour ne pas être trop pris au dépourvu.

Et parfois ce temps d’entre deux dure, pour des raisons qu’on ne maîtrise pas forcément. Et cet état inconfortable et jouissif en même temps, plus jouissif qu’inconfortable en vérité, comme un déménagement. Où on va n’a rien à envier à là où on est.  Une gageure en pleine pandémie où tout est ralenti. Une pépite dégotée en trois jours, un miracle. Et un mois en double vie, histoire de se faire à l’idée, de prendre le temps d’emballer, de transhumer, transbahuter, et surtout celui de se défaire pour se refaire… Une parenthèse enchantée qu’il faut vivre à fond pour l’apprécier. Un passage en douceur, quasi au ralenti où tout est comme suspendu. Le temps s’étire, le désir d’y être aussi…

De nouveaux paysages à découvrir dont on sait déjà qu’ils seront remplis des couleurs du soleil qui se couche, de bleu du ciel, d’arbres et de fleurs… Ces choses de la vie auxquelles on tient, immuables où que l’on aille et qui ont le don de nous faire sentir chez nous, partout.

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