Le silence des pantoufles

Les agressions envers les chauffeurs et les citoyens se multiplient, c’est choquant. Ce qui l’est encore davantage ce sont tous ceux qui autour ne réagissent pas pour venir en aide à ceux qu’on agresse, laissent faire. Pourquoi ?

Trois personnes dont deux adolescents ont agressé une infirmière qui leur avait demandé de mettre leur masque sur le nez. Elle est infirmière et connait les risques et ils étaient tous dans le bus et dans les bus comme dans tous les transports en commun le port du masque est obligatoire. Ils l’ont giflée et l’ont tabassée. Et les autres passagers, qu’ont-ils fait ?

A Bayonne un chauffeur de bus est mort parce qu’il avait demandé à ses passagers de mettre le masque ; d'autres se se fait agresser depui. Qu’ont fait les autres passagers ?

Où en est notre société. La distanciation physique et le port du masque accentuent-t-ils le chacun pour soi ? On aimerait penser que ceux qui contreviennent au port obligatoire du masque le font parce qu’ils veulent rester proches les uns des autres. Ce n’est manifestement pas le cas. C’est juste parce que c’est une obligation et que beaucoup de jeunes et de moins jeunes prennent ça pour une contrainte qui ne les concerne pas. Ils se disent qu’ils ne risquent rien et que les autres ils s’en tapent. Et beaucoup de ceux qui portent les masques s’en fichent aussi, des autres.  La preuve c’est qu’ils ne bougent pas quand l’un de nous se fait agresser, tabasser. Et ce n’est pas nouveau. Ils regardent et se disent qu’ils ne s’en mêlent pas, que ce n’est pas leurs oignons. Le jour où eux-mêmes se feront tabasser pour un oui ou pour un non, il n’y aura personne pour les défendre. Et c’est lamentable.

Ce n’est pas nouveau, ça a toujours existé. L’indifférence, le refus de voir, de s’en mêler… La peur aussi, pas celle d'avoir un blessé ou un mort sur la conscience ou de ne plus pouvoir se regarder dans une glace. Non l'autre, celle qui tétanise et qui rend con.

Je viens de regarder le film « La femme du gardien de zoo », une histoire vraie. On ne va pas comparer l’incomparable mais tout de même. Comment ne pas se dire qu’il y a toujours eu et qu’il y a toujours des gens indignes de leur humanité et d’autres qui l’honorent. Et entre les deux une foule de gens ordinaires sur lesquels on ne peut pas forcément compter...

Et puis il paraît que nous sommes en guerre contre un virus. Le virus ne risque pas grand-chose lui. Nous, notre société, assurément oui. Parce que, tout de même, nous sommes sensés nous serrer les coudes, et beaucoup le font, pas nous taper dessus…

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