Il était une fois...

une toute petite cigogne...

Une fratrie de cigognes. Ils étaient sept avec les parents. Deux adultes et 5 œufs au départ. Maman cigogne a couvé, couvé et encore couvé…  Papa aussi quand maman partait pour manger… Puis les œufs ont éclos. D’abord un puis deux puis trois et enfin le petit dernier. Les cigogneaux ont vite grandi, se sont développés, sauf le petit dernier, le numéro cinq comme le nomme M Klein, celui qui permet au monde entier de découvrir ce qui se passe dans un nid de cigognes… Le petit devait se battre pour manger, quand les autres lui laissaient quelques miettes. Tous ceux qui regardaient le nid se demandaient s’il pourra survivre. Il se faisait piétiner, écraser. Ses parents ne faisaient rien pour lui, rien contre non plus. Il paraît qu’il arrive que les parents se débarrassent d’un petit trop chétif… Enfin ça c’est ce que les humains racontent… Au début du mois de juillet, les petits devenus grands avaient vraiment très faim. Les parents apportaient à manger, mais ça ne suffisait jamais. Le nid était plein à craquer et le temps épouvantable en juillet. Alors les uns après les autres les grands ont pris leur envol et ils se sont tous vautrés, qui dans un champ, qui sur la route ou dans une cour. Comme M Klein les a bagués, il les a retrouvés, grâce aux pompiers. Ils sont tous finis chez le vétérinaire, dans un espace protégé, logés, nourris et requinqués. Ils y sont toujours… Ne restent dans le nid qu’une dernière grande à qui il manque des plumes, elle ne peut pas voler, pas encore -ça repousse les plumes mais ça prend du temps-. Elle le sait qu’elle ne peut pas y arriver alors elle attend patiemment. Et puis il y a moi, le petit dernier, celui sur lequel personne n’aurais parié une grenouille. Et j’ai fait ce qu’aucun des grands n’a su faire. Je pars du nid quand ça me dit, et je reviens quand ça me plaît. La première fois je suis parti pendant quatre heures. Je ne vais pas vous raconter tout ce que j’ai vu et tout ce que j’ai fait. Même une petite cigogne plus petite que les autres a droit à son intimité. Ça fait des mois que vous me regardez vivre 24h sur 24, mais ça, je le garde pour moi. Je suis retournée au nid parce que j’ai rien trouvé à manger. Je n’ai pas encore compris comment ça fonctionne ni où il faut aller… En tous les cas, je suis revenue. Depuis je suis repartie, jamais très loin et jamais longtemps, histoire de m’entraîner jusqu’au jour où je ne reviendrai plus. Et puis là tout de suite, je reste aussi pour la déplumée. Ils l’ont nommée France Bleue, comme la radio Sinon elle serait toute seule. On se chamaille parfois, mais on s’aime bien. Elle est plus grande que moi, ils sont tous plus grands que moi et je vais rester petit. Petit mais costaud… Moi c’est n°5, alors certains m’appelle comme le parfum… Ça fait pub je trouve… Je sais déjà que moi je vais rester dans la mémoire de beaucoup d’humains qui se sont inquiéter pour moi. C’est ça peut-être qui m’a rendu plus fort.

Si les humains s’inquiétaient davantage de ce qui arrive à leurs semblables, eux aussi ils deviendraient tous plus forts. Non ?

Pour tout savoir sur nous, c’est ici, sur le FB de Dominique Klein, télécigognes. Et pour me voir en direct, c’est ici. -là tout de suite à 10h40,  je suis partie et ma copine essaie de me suivre...- Bientôt ce sera terminé, il faudra revenir l’année prochaine, au mois d’avril…

Là, c'est moi, ce matin...

cest-moi

nb

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