Tourner le dos ou regarder dans les yeux

C’est notre liberté…

Depuis hier je me pose la question de savoir pourquoi un article concernant un propagandiste d’extrême droite compte plus de 800 commentaires, alors que ce billet extraordinaire n’en compte que trois, dont un mien, sans aucun intérêt parce que je pense que tout y est dit et tellement bien dit qu’il n‘y a rien à y ajouter et que je préfère le faire ici pour ne pas en rajouter là-bas.

Dans ce billet, son deuxième qui commente le procès de l’horreur du 13 novembre, avec des mots tellement justes, Georges Salines père de Lola morte au Bataclan, raconte ce qui l’a fait fuir loin au début du procès, les excuses qu’il a trouvées pour ne pas être là, parce qu’il aurait préféré «  oublier pour quelques jours encore le procès, le djihad, la douleur, la mort, et me concentrer sur le vol des vautours au-dessus des pics d’Europe, la houle venant se briser au pied du phare de Santander, le soleil se réfléchissant sur les surfaces du musée Guggenheim de Bilbao, ou le tentacule de poulpe dans mon assiette ».

Et puis il est rentré et a pris le chemin du palais de justice où l’attendaient les victimes, les juges, les experts, les témoins et aussi les accusés. Ces accusés dont il donne le nom de chacun quand il rapporte ce qu’ils ont dit. Comme s’il les connaissait personnellement, et surtout comme si pour lui, ceux-là sont restés des êtres humains puisqu’il souligne leur identité. Je vous remercie pour ça Monsieur Salines, pour cette leçon, parce que moi j’ai envie de tous les mettre dans un même sac… Lorsque professionnellement, pendant dix ans, j’étais moi-même à l’écoute des victimes de délits ou de crimes, j’ai toujours été frappée par cette capacité à prendre de la hauteur des personnes les plus touchées dans leur chair ou leur être, pour mieux revenir à l'essentiel, à ce qui compte vraiment... Et je retrouve ça chez vous, en vous lisant. Parce que vous êtes pleinement présent.

Et j’aimerais tellement que tout le monde le lise votre texte, parce qu’il brille comme un phare dans la nuit qui nous entoure et pas seulement à ce procès. Et la conclusion de votre billet est incontestablement une voie, un chemin, le chemin pour demain et pour nous tous…

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