Bien sûr que nous sommes tous des Princesses et des Princes

Et parfois des Cendrillons ou même des roses

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J’ai lu un billet de blog sur Mediapart qui dit que les princesses ça n’existe pas et Cendrillon non plus. Chacun est libre de faire de sa vie ce qu’il veut, de croire ce qu’il veut et de lire les contes qu’il veut et surtout, surtout, de les interpréter comme il en a envie.

Nous sommes tous différents, uniques. La seule chose que nous ne choisissons pas c’est où, dans quel pays, dans quelle famille nous naissons. Et ça change tout. Le loup mange bien le Chaperon rouge et dans certaines versions, à la fin, le chasseur vient la sauver. Comme si les chasseurs sauvaient quoi que ce soit. Je sais je sais, certains sont écolos. Ça s’appelle l’exception qui confirme le règle. Les humains ne sont pas tous parfaits et même parfois un même humain est capable du meilleur et le jour d’après du pire.

Alors les généralités, il faut oublier.

Les petites filles et les petits garçons ont le droit de rêver. Quand ils sont confrontés à des pires saloperies dès tout petit ils rêvent aussi, même si c’est pour rêver que ça s’arrête. Ils se construisent des mondes intérieurs où ils se sentent bien et en sécurité. Et parfois quand ils grandissent, ils ont du mal, beaucoup de mal à revenir dans le monde réel.  

Et non Le petit Prince c’est pas des histoires pour les enfants même si c’est à l’école qu’on nous raconte ça et qu’après on n’a plus envie de le lire parce qu’on n’a rien compris. Le Petit Prince c’est pour les grands. Et quand on lit le petit Prince quand on est une grande fille, on sait qu’on est une princesse et qu’on a le droit de rêver du meilleur et ne pas oublier qu’on peut aussi tomber sur le pire. Et on fait avec et on essaie de s’en sortir, parce qu’on le vaut bien.

Oui les petites filles ont le droit d’imaginer qu’elles sont des princesses et les petits garçons qu’ils sont des princes. Parce qu’ils sont des enfants et qu’ils ont le droit de rêver. Et les adultes aussi ont le droit de rêver et il est même recommandé d’avoir des rêves tellement grands, pour être sûr de ne jamais les perdre de vue. C’est tellement tentant parfois, de se dire que tout va mal à cause des autres, et qu’on n’y peut rien.  Un adulte qui ne rêve plus devient désenchanté, rabougri. Et ces adultes-là ne savent rien donner aux autres et encore moins à eux-mêmes. Ils doivent réapprendre à rêver d’un monde plus juste, meilleur.  

Et les adultes qui ont morflé quand ils étaient petits choisissent le plus souvent de protéger leurs petits pour qu’ils aient le droit qui leur a été volé, celui d’être des enfants. Les enfants se racontent des histoires auxquelles ils ont envie de croire surtout quand la vraie vie est trop dure avec eux. Et ces enfants-là ne sont pas dupes. Parfois un tout petit grandit d’un coup alors qu’il n’avait rien demandé que de rester un enfant. Les autres, ceux qui ont le droit d’être des enfants, auront toute leur vie pour se raconter de belles histoires s’ils ont envie, et même d’y croire. La vie est belle.

Nous sommes tous des princesses et des princes. Nous, les autres, tous. Si nous sommes assez nombreux à en être plus que persuadés, ça finira forcément par être vrai. Nous sommes nous-mêmes simplement humain et complètement humain. Unique et seul. Et c’est seulement dans le regard des autres que nous pouvons le vérifier...

- S'il vous plaît... dessine-moi un mouton...

Quand le mystère est trop impressionnant, on n'ose pas désobéir. Aussi absurde que cela me semblât à mille milles de tous les endroits habités et en danger de mort, je sortis de ma poche une feuille de papier et un stylographe. Mais je me rappelai alors que j'avais surtout étudié la géographie, l'histoire, le calcul et la grammaire et je dis au petit bonhomme (avec un peu de mauvaise humeur) que je ne savais pas dessiner. Il me répondit :

- ça ne fait rien. Dessine-moi un mouton.

Antoine de Saint Exupéry

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