Poutine à Snowden : « Pas de surveillance massive »

Edward Snowden, l'ex-consultant de l'Agence américaine de sécurité (NSA), réfugié en Russie, a fait une intervention inattendue à la séance annuelle de questions-réponses du président russe Vladimir Poutine, l'interrogeant sur la surveillance en Russie.

Inculpé d’espionnage, Edward Snowden, qui est à l’origine de nombreuses révélations sur la NSA, s’est vu octroyer en août dernier, le statut de réfugié par Moscou, pour un an. L’ancien consultant de la NSA, auquel les autorités américaines avaient retiré son passeport, n’a fait aucune apparition publique depuis qu’il a obtenu l’asile en Russie.

La Russie stocke-t-elle les « communications de millions d’individus ? »

Alors que la séance – diffusée sur la chaîne Pervyi Kanal – durait déjà depuis deux heures, la présentatrice du programme a tout à coup annoncé une question « inattendue, voire sensationnelle, d’une personne ayant mené une véritable révolution de l’information ». Vladimir Poutine, de rétorquer : « c’est justement ce dont on a besoin », avant que n’apparaisse Edward Snowden, l’ancien consultant de la NSA, réfugié en Russie depuis ses révélations sur le système de surveillance américain.

« J'aimerais vous demander : est-ce que la Russie intercepte, stocke ou analyse d'une quelconque façon les communications de millions d'individus ? ».

Visiblement peu surpris, le président russe répond d’une voix impassible : « cher M. Snowden, vous êtes un ancien espion et j'ai eu des liens avec les services de renseignement, alors je vais vous parler dans le langage des professionnels. Des moyens modernes sont utilisés pour les enquêtes criminelles et notamment terroristes, mais nous ne le permettrons pas à une échelle massive, j'espère vraiment que nous ne nous le permettrons jamais ». Et Poutine de tacler Washington : « De plus, nous n'avons ni les moyens ni l'argent des États-Unis ».

Moscou fait bloc sur la situation en Ukraine

Lors de l’entretien vidéo, centré sur la situation en Ukraine, le président russe s’est une nouvelle fois montré ferme face à l’Occident. Poutine a fait appel aux valeurs patriotiques pour justifier sa position concernant l’Ukraine, en proie à des divisions, où, il a insisté « il n’y a pas d’unités russes. Voyez comment les événements en Crimée et à Sébastopol ont secoué la société. Il s'est avéré que le patriotisme était enfoui au plus profond de chacun d'entre nous ».

En outre, le président russe rappelle fermement : « Le Conseil de la Fédération russe a octroyé au président le droit d'utiliser les forces armées en Ukraine. J'espère fortement que je ne serai pas obligé de recourir à ce droit. Je n'ai pas peur de l'Otan », a t-il indiqué. Vladimir Poutine a aussi brandi la menace énergétique. « Nous allons patienter encore un mois. Mais si d'ici un mois il n'y a aucun paiement, alors, conformément au contrat, nous passerons au prépaiement » a-t-il lancé concernant l’Ukraine.

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