Rohani appelle de ses voeux « des élections libres » en Syrie

Hassan Rohani, le président iranien, a annoncé jeudi que la « meilleure solution » pour la Syrie était « d’organiser des élections libres et démocratiques » dans le pays.

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Lors du Forum Économique Mondial qui se tient à Davos, M. Rohani s’est longuement exprimé sur l’économie de son pays, sur sa volonté d’ouverture – notamment en direction des pays voisins et des pays européens – avant de donner son avis sur la crise syrienne.

« Une situation misérable en Syrie »

« La meilleure solution, c'est d'organiser des élections libres et démocratiques à l'intérieur de la Syrie. Aucun parti ou puissance extérieure ne devraient décider à la place du peuple syrien et de la Syrie en tant que pays », a-t-il déclaré, au lendemain de discussions tendues et peu concluantes entre adversaires syriens sous l'égide de l'ONU.

Parlant d'une « situation misérable en Syrie », le président iranien a indiqué qu'il était « triste de la présence de terroristes, se déversant en Syrie et tuant des innocents ». M. Rohani a repris la terminologie du régime de Bachar al-Assad, son allié, qui qualifie l'ensemble des combattants de l'opposition de « terroristes ».

« L’Iran n’a jamais désiré avoir une bombe atomique »

Dans le dossier nucléaire, le président iranien se défend d’avoir poursuivi le programme sur l’arme atomique : « l’Iran n’a jamais désiré avoir une bombe atomique, et dans le futur non plus. » La communauté internationale soupçonne pourtant le pays de poursuivre un programme nucléaire militaire sous couvert de son programme civil.

Depuis l’élection du nouveau président iranien, beaucoup voient l’Iran sous un nouveau visage. « Les conditions sont nouvelles en Iran, le pays a des ressources extraordinaires » susceptibles d’intéresser les investisseurs étrangers, a assuré M. Rohani. Mohammad Zarif, le ministre des Affaires étrangères iranien et Bijan Zanganeh, ministre du Pétrole, sont aussi présents à Davos. « Nous avons identifié un volume gigantesque d'investissements et d'activités techniques pour relancer la production de pétrole et de gaz, et les grandes compagnies internationales peuvent jouer un rôle » expliquent les deux comparses.

Par ailleurs, M. Rohani s’est dit prêt à mettre ses réserves de pétrole au service de la sécurité d’approvisionnement mondial, dans le cadre d’une éventuelle organisation regroupant pays producteurs et consommateurs.

L'Iran n'a finalement pas été invité à Montreux, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon ayant retiré son invitation à Téhéran, car le pays a refusé d'accepter ouvertement le principe d'une transition politique en Syrie associant des représentants du régime et de l'opposition. Ceux-ci doivent se retrouver vendredi à Genève sous l'égide du médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi.

Réaction de Benjamin Netanyahu           

Dans l’après-midi, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu s’exprimait à Davos, quelques heures après l’intervention du président iranien. « Les mots changent, mais pas les actes », a-t-il critiqué, estimant que l'Iran est l'ennemi commun d'Israël et de plusieurs pays arabes. « Je ne suis aucunement rassuré de ce que j'ai entendu ce matin. Le discours du président Rohani n'a aucun lien avec ce qui se passe en réalité [...] Il dit s'opposer à l'intervention militaire en Syrie? Cela sonne bien, mais c'est faux : l'Iran arme le Hezbollah et envoie ses militants massacrer la population syrienne », a-t-il condamné.

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