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Billet de blog 22 oct. 2018

Démission d'Amandine Fouillard de la France Insoumise

Démission de l'animatrice du livret égalité femme-homme de la France Insoumise : "Je ne sens plus capable aujourd'hui de rester dans un mouvement dont certaines méthodes dérogent à mes valeurs".

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Amandine Fouillard

Pourquoi je quitte la France Insoumise

J'ai toujours su que la politique n'était pas un monde de bisounours. C'est pour moi une décision difficile puisque je mets fin à deux ans d'engagement intense dans un mouvement auquel j'ai cru. Je ne sens plus capable aujourd'hui de rester dans un mouvement dont certaines méthodes dérogent à mes valeurs.

Le 18 septembre le national m'appelle pour me parler de la manière dont je réagis sur les réseaux sociaux : je serais trop "agressive", disant à certains qu'ils seraient "racistes", "des hommes blancs ". Que je représentais tout le mouvement, même sur mes propres réseaux sociaux et qu'il fallait éviter une nouvelle polémique (comme celle sur l'immigration ) qui aurait un impact sur les élections européennes. Quel était le but de l'appel ? Je ne pouvais plus être co-animatrice du livret égalité femme-homme de la France Insoumise.
Je suis donc "écartée" par "prévention" (et sans réelles raisons). Que je sache, cette fameuse polémique sur l'immigration n'a pas remis en cause les responsabilités ou candidatures des personnes impliquées.

Ce qui est agressif ce sont les milliers de propos sexistes, transphobes, racistes, homophobes, qui sont perpétrés; que ce soit en réunion, dans les médias, en actions militantes ou sur les réseaux sociaux; par des militants, des responsables, des candidats et des élus de la France Insoumise. Même par des groupes d'action entiers dans certains endroits.
Ce qui est agressif ce sont les violences sexistes et sexuelles que nous subissons de la part des militants, des responsables, des candidats et des élus de la France Insoumise. Certains de ces actes, sont répréhensibles par la loi.

Et c'est ce que nous avons combattu avec les Féministes Insoumis.es : en sensibilisant à la lutte féministe, en créant des groupes d'action, en mettant en place des formations et des conférences, en participant à l'élaboration du programme de la France Insoumise aux européennes, en étant présent.e.s aux rassemblements, etc.
Et également en travaillant à des outils pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles au sein de la France Insoumise, notamment la cellule d'écoute et de vigilance. Nous avons écrit une charte et le fonctionnement de cette cellule, collectivement, en se renseignant sur qui existe déjà dans d'autres mouvements et institutions. Un vrai travail de fond. Nous y travaillions depuis le debut des Féministes Insoumis.es et tout écrit depuis 6 mois. Nous avons eu de nombreuses réunions avec le national qui n'ont pas abouti. Le 18 septembre j'ai appris également que ce n'était pas le rôle du livret de mettre en place la cellule d'écoute et de vigilance (on aurait bien voulu le savoir avant) et que d'autres s'en occupaient déjà.

Cet appel a été la goutte d'eau qui a fait débordé le vase : je ne peux pas rester dans un mouvement qui utilise ce genre de méthodes et qui ne va pas assez loin quand il s'agit de démocratie et de lutte féministe.


Cela m'attriste beaucoup mais je veux rester fidèle à mes valeurs. Le féminisme (comme la lutte contre les discriminations en général), plus qu'un sujet qui me tient à cœur, est un pilier fondamental du changement de société que nous souhaitons mettre en place, et il devrait être traité comme tel.

Je pars mais je reste convaincue de l'utilité d'un mouvement comme la France Insoumise, et je sais que nombre de militant.e.s continueront le combat.
Par cette tribune je ne renonce pas à mon engagement politique et féministe, simplement je ne souhaite plus le faire dans le cadre de la France Insoumise.

On se retrouvera dans de nombreux événements mes camarades.
Sororité
https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=412678992597951&id=100015675619106

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