J’ai regardé l’autre soir un reportage de France 3 Aquitaine.

Visible ici.

L’histoire se passe à quelques kilomètres de chez moi, sur la commune de Cercoux :

Dans leur jeune temps, M. et Mme Belmon (80 balais aujourd’hui) avaient acheté un petit bois, juste pour y passer les vacances. Et puis, « réformes » après « réformes » (de droite, puis « socialistes »), et la vieillesse et la maigre retraite finissant par arriver, ils se sont retrouvés tous les deux quelque peu dans la mouise, ce qu’on appelle pudiquement en langage administratif « sous le seuil de pauvreté ».

Alors, au lieu d’aller vivre dans un studio HLM, avec leur minimum vieillesse (1), ils ont décidé de se construire une cabane dans les bois. Dans leur bois. Une citerne pour l’eau, un panneau solaire, un potager pour les légumes, bref, une petite maison écolo à pas cher. Sans rien demander à personne. Ni argent public, ni subventions, ni rien. Un peu anars, les Belmon. Un peu tapis dans l’ombre…

 

Sauf que Jeanne Blanc, Madame la maire du village de Cercoux depuis 2014, ne l’a pas entendu de cette oreille. Cette construction « sauvage » était illégale, parce que bâtie en zone naturelle. Et point barre.

Elle a déposé plainte, est allée fissa chercher M. Belmon chez lui, et l’a emmené direct chez les pandores, à Montguyon. Comme un dangereux criminel.

Moi, ça m’a évidemment fait penser à certains « grands travaux ». Partout dans nos campagnes.

Ça m’a rappelé NDDL et le massacre du bocage, l’expropriation des paysans.

Ça m’a rappelé Sivens, et le massacre d’un autre zone humide. Et la mort d’un jeune homme de 20 ans.

 

Ça m’a rappelé Roybon, et Bure, et le camp militaire du Larzac qui reprend du service, etc.

 

Tous ces « grands travaux » acceptés par « les élus » avec enthousiasme.

Et puis, j’ai découvert que sur la commune de cette brave Jeanne Blanc, il y avait effectivement une zone protégée, baptisée « zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique », les étangs de Levrault.

Sur ce document officiel, on constate que le site a déjà été passablement dégradé dans le passé, ce qui n’a pas empêché l’installation d’une « halte équestre » sur le site …

… avec la pub pour les petits commerçants du coin, y’a pas de petits profits : Celle-ci, est située à l’étang de Levrault en plein coeur de la forêt de la Double Saintongeaise. À quelques kilomètres, dans le bourg de Cercoux, vous pourrez trouver un hôtel-restaurant, boulangerie, épicerie, bibliothèque, coiffeur, un complexe sportif avec terrain de football, deux terrains de tennis, un boulodrome.

Et ça n’a pas dérangé Madame la Maire.

Mais surtout, sur 150 hectares (quand même), et à environ 500 mètres de la dite zone protégée, la construction du « Domaine de Levrault »… ce machin ayant failli être un centre équestre (voir plus haut), puis un « parc photovoltaïque », pour se terminer en « lotissement »… enfin si on peut dire.

Un article sur le lotissement en question…

Là non plus, Madame La Maire n’a rien trouvé à redire.

Sur cette image, le « lotissement » figure en haut à droite, et l’étang Levrault au centre, en bas.

Bon, faut dire que tous ces beaux projets, ça rapporte du pognon à la commune (enfin, en principe), alors que M. et Mme Belmon, minables sans dents dans leur cabane écolo… Selon que vous soyez puissant ou misérable, hein…

Alors, voilà, si vous voulez contacter Madame La Maire pour lui dire votre façon de penser, c’est là :

http://www.cercoux.fr/

Elle a aussi (évidemment) une « page fesse de bouc » :

Facebook commune de Cercoux

 

(1) Minimum vieillesse, désormais baptisé « ASPA » :

Personne seule sans ressources : 803 euros par mois.

Deux personnes : 1 247 euros par mois.

Mais attention : l’Aspa est partiellement récupérable au décès du bénéficiaire sur les successions dépassant 39 000 euros. En d’autres termes, si la succession dépasse 39 000 euros (c’est souvent le cas lorsque le bénéficiaire de l’Aspa est propriétaire de son logement), la caisse peut demander aux héritiers le remboursement des sommes versées …

Évidemment, ceux qui par exemple sont châtelains dans la Sarthe ne sont pas concernés. Ils ne touchent pas l’ASPA, et n’ont rien à rembourser...

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Tous les commentaires

Discrète et esthétique la cabane. Ces personnes seraient de bon conseil pour les promoteurs de maisons bling-bling...Mais où ai-je la tête!
A suivre.
Merci Gavroche.