Georges-André
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Billet de blog 9 nov. 2021

Une campagne lamentable dans la division, confusionisme et bonimenteurs

Lamentable campagne où tout semble joué d'avance pour un 2nd tour entre extrême-droite à double tête et sortant répressif /régressif. Dans l'arrière-cour une foule de candidat·es qui se disent de gauche, regardent ailleurs avant le choc contre le peuple. Voici venu le temps des bonimenteurs de foire et d'audimat, la société civile, ses résistances et ses alternatives pour amorcer un autre avenir.

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Franchement je voudrais bien écrire sur le thème durable du réchauffement climatique, ses conséquences, ses fausses solutions et la complexité des solutions à avancer plutôt que revenir pour si peu à cette déjà lamentable élection présidentielle qui s'annonce comme historique à rebours de ce que nous voudrions si ce n'est à son opposé.

L'un pourtant ne va pas sans l'autre et c'est tout ce qui m'intéresse, vu que cette campagne annonce des lendemains cuisants au double sens du réchauffement, de la perte de bio-diversité et de la démocratie. Comment impulser une saine et franche lutte pour le climat dans les bonnes directions si en France, notre beau pays qui n'est pas doux pour un sou*, s'enfonce dans une autocratie répressive et une régression sur tous les fronts voire pire ? Lutte légèrement plus compliquée avec des bruits de bottes ! Cette élection présidentielle et la politique qui va se poursuivre toujours plus à droite dans l'extrême mou ou dur (la paralysie flasque ou rigide est tout autant une saloperie) annonce une chute plus dure encore. Et quand je dis chute, j'ajoute chute dans un précipice qui se creuse jour après jour, déclaration après déclaration sur tout le spectre politique dénaturant en accéléré un discours politique déjà criblé de propos mensongers, lâches et complices, extrémistes et racistes.

Bref, jetons un oeil et le bon sur ce qui est désastreux aujourd'hui et quelques éléments de responsabilités à partir de ce que nous appréhendons des forces du moment en présence au-delà de tel ou tel sondage manipulateur :

Macron - Le Pen - Zemmour même combat à nuances près

Après un quinquennat sanglant et répressif, une politique anti-sociale d'esbrouffe, un Macron qui fait tout, y compris par son silence assourdissant, pour profiter un maximum des candidatures multiples et extrêmes, ainsi apparaître comme un moindre mal à défaut d'une adhésion. A défaut en effet, le seul calcul électoraliste se suffit à lui-même. Avec cinq ans de plus et le même, c'est le vrai recul social et démocratique qui attend pour avancer ses pions, ceux qu'il n'a pas pu avancer dans ce mandat (pour cause de manifestations et de pandémie) et les autres qu'un deuxième et ultime mandat sauraient éclore. C'est bien sûr, la politique du mensonge les yeux dans les yeux qui se poursuivra avec son blabla forcené (au sens GretaThunberghien du terme) d'arnaqueur du réel qui sera toujours au service des profits pour grosses sociétés mondiales qui entendent bien empocher les budgets de la « transition énergétique » sur le dos de la plus grande partie de la population et de la direction radicale que suppose une vraie transition qui ne peut être que turbulente en remettant en cause un modèle productiviste et extractiviste toujours bien en selle. Lui c'est l'extrême mou mais l'extrême quand même ; l'extrême bonne présentation du beau parleur prétendument sérieux mais l'extrême quand même.

Derrière, la course de chevaux annonce la candidate et le non-candidat-candidat dans un mouchoir de poche comme alternative au sein de cette extrême de toujours qui n'encaisse rien depuis 89, depuis 36, depuis 45, depuis toujours, sinon le retour du petit matin par des coups frappés à la porte. Ceux-là vomissent la démocratie mais veulent s'en emparer pour l'abattre, cette fois en faisant bon ménage. L'une ou l'autre c'est du dur même si l'une fut dite molle. Lui c'est un militant de la nouvelle cause nazillarde de haine et de fureur qui en reprend les fondamentaux raciaux, culturels et révisionniste. Pétain de 40 réhabilité comme un héros protecteur, un vrai cauchemar ! Ce Z là est un cas clinique, le Zorro des jours sombres de violences et d'exclusion. Il revendique sa judéïté et fait la courbette aux thèses et aux hommes qui ont participé au plus grand génocide de l'Histoire. Ce n'est pas sans rappeler les politiques extrémistes d'Israël qui mènent une politique d'apartheid avec les palestiniens au vu et au su de la planète qui ne bouge pas, quand leurs ancêtres, leur parents ont eu tant à souffrir et à mourir de ghettos en chambres à gaz. Comme quoi, avec le temps, l'Histoire retourne étrangement sa veste.

A l'élection de Sarkozy, j'avais bien senti et écrit que le temps de l'homme providentiel était venu. Nous en sommes aujourd'hui bien au-delà au terme d'une involution dramatique aux portes du pouvoir : C'est un bateleur ce mec vociférant, pas un homme politique, un camelot, un bonimenteur, harangueur de foire qui fait ses choux gras de toutes les provocations les plus abjectes. Pourquoi s'en priverait-il puisque depuis des années, via les réseaux sociaux qui exacerbent les tensions, clivent et font la part belle aux outrances impulsives à l'opposé d'une prise en compte des complexités, via les télés-poubelles qui de Hanouna, de Zemmour, de Praud etc managés par Bolloré l'africain aussi rapace qu'un vautour, sont l'aboutissement d'un processus de plus de trente ans d'abrutissement télévisuel initié par les téléréalités indécentes et obscènes pour déculturer, laisser un cerveau disponible aux messages simplistes, faux et répétés qui ne sont pas seulement publicités mais idéologie et  manipulation du réel.

Oui, le vrai problème n'est pas d'abord l'homme qui cristallise avec haine mais comment, pourquoi aujourd'hui le nazisme et ses avatars resurgit-il de ses cendres et parvient-il à séduire malgré son histoire de semeur de morts ? Le confusionnisme ambiant préparé par quarante ans de labourage et de bourrage de crâne, de dénis et de mensonges, de trahisons et d'affairismes, de conflits d'intérêts à la corruption qui ne dit pas son nom, sévit et inonde, corrompt mentalités et projets, discours et postures.

En 2002, comme chacun sait, l'éviction de la gauche au second tour avec Le Pen qualifié fut un tremblement de terre au sein du peuple de gauche et au-delà. Aujourd'hui la qualification possible de l'un ou de l'autre au second tour avec un réservoir de voix que l'extrême-droite n'a jamais eu, qui a déterminé jusqu'à peu ce plafond de verre indépassable, est une échéance des plus plausible y compris avec ces deux asticots qui pourrissent tous les fruits.

De multiples candidatures ... pour se qualifier au second tour

Plus loin derrière, une flopée de petits candidats qui n'arriveront pas au deuxième tour, emmuré·es dans leur conviction qu'il faut en être pour la suite en sautant sur la présidentielle ingagnable. La suite nous la verrons sans eux. Ils en porteront la responsabilité historique et leur naufrage ne sera qu'anecdotique avant de reconstruire, dans la tourmente, par la société civile et l'engagement citoyen, des forces politiques au service du peuple et de la vie, pas de la finance et du seul profit qui détruit toute vie, tout peuple sans sourciller.

Qui sont-ils/elles ces candidat·es déclaré·es (restent les 500 parrainages à réunir) ? Ceux qui se réclament de gauche (le sont-ils relève aujourd'hui du sexe des anges) vont de Mélenchon à Jadot, en passant par Montebourg, Roussel, Hidalgo, Larrouturou et aussi Poutou, Arthaud, Kazid... Bien sûr, certains sont des habitué·s ou plutôt leurs organisations qui grapillent une notoriété quinquennale et quelques points ou moins. Un outsider revenu de la ruche qui flaire son coup venu et tous les autres, toutes ces organisations se réclamant de la gauche qui avance son champion ou sa championne pour jouer dans l'arrière-cour de la qualification ratée.
La candidature de Mélenchon le plus ancien dans l'exercice a quelque chose de pathétique, finalement dramatique : c'est cette fois ou la génération suivante prendra la relève, si relève il y a, tant la marche forcée derrière son leader a façonné un parti sans démocratie interne qui camoufle les divergences dans une belle unité contrainte ou assimilée. Oui Mélenchon a fait un sacré boulot en rassemblant une force conséquente mais il n'a jamais pu être le gagnant, ni la fois dernière, ni ne peut l'être cette troisième fois.  Le plafond de verre c'est pour lui depuis toujours et pour ceux/celles qui ne peuvent pas le voir emporté·es par une foi de charbonnier. Je les admire quelque peu même s'ils et elles s'auto-intoxiquent dans la dynamique à créer, les actions électorales à mener en refusant le doute. Dans la dynamique de la présidentielle, comment ne pas rêver au succès auquel on croit ? Après pourra venir l'accusation rituelle des trahisons externes (ou internes ?) mais peut-être aussi doute et reconstruction. Une génération de nouveaux militant·es s'est levée et se lève plus encore dans les associations et la société civile avec ses alternatives à l'essai ou déjà plus affirmées. C'est bien une fois de plus, la jeunesse qui tient les clés de l'avenir en bousculant les certitudes, le ron-ron du bla-bla, de la prudence et de la continuité des exploitations du vivant, êtres humains inclus. Ils et elles se battent dos au mur pour bifurquer de la fatalité du désastre.

Bien sûr rien n'est encore écrit mais la trajectoire est lisible :  à moins - soyons délibérément "surprudent" - d'un séisme de grande ampleur, epsilon de probabilités au-delà de l'imagination, digne de « la patrie en danger » et ... d'une réduction drastique du nombre de candidatures, le second tour, c'est ter-mi-né. Belle alternative entre extrême mou ou dur pour un second tour cauchemardesque et ravageur dans le camp progressiste même.

Le temps des bonimenteurs

Les bonimenteurs s'apprêtent à prendre le pouvoir, ceux-là même qui délaissant la rue et les marchés, ont envahi médias et réseaux sociaux, ces joujoux qui intoxiquent et détruisent la planète mais motus, faut pas s'en priver.
Voilà deux jours je fus témoin de l'arnaque de marché qui consiste à vendre à un prix so élevé que tous les « cadeaux » distribués sont eux-même payés à l'insu des arnaqués mais encore à un prix exorbitant avec leur plein assentiment arraché dans l'instant après deux heures de baratin échevelé et franchouillard. Zemmour est ce type-là qui arnaque, baratine, matraque mensonge après mensonge sur le ton de l'évidence révélé pour en faire des vérités de sentiment, d'impression, ce type qui n'arrête jamais son discours pour ne jamais laisser le temps de penser à ses interlocuteurs qui d'ailleurs ont abondamment laissé de côté cette possibilité utile et ultime. Cet homme n'est pas dangereux, il est le Mal incarné dans l'hydre renaissante. Le Pen et Macron sont juste derrière pour paraître plus présentables et ramasser la mise mais ils sont du même tonneau quoique « moins brutaux » en mots par posture qui devrait les amener au fauteuil présidentiel.

Nous sommes aux portes de l'enfer. Sans des millions de personnes dans la rue, unies sur l'essentiel, - le retour de l'idéologie nazie – aucun argument, aucun fait, rien ne peut arrêter la bêtise, la lâcheté et le confusionnisme ambiant que des candidats indignes embrassent pour en tirer les fruits amers et émerger dans la multitude des candidatures. Des millions de personnes dans la rue pour refuser cette fatalité quand les politiques et les partis qui devaient représenter et défendre le peuple sont dans une démarche suicidaire, pour eux-mêmes et pour nous, citoyen·es anonymes qui connaissons le prix des trahisons. Des millions ? Pas très probable.

Il n'y aura plus bientôt qu'une épreuve de force pour renverser la vapeur. Certain·es appellent cela la Révolution. Hypothèse suspendu à quel prix exorbitant ? La Résistance n'est pas seulement à l'ordre du jour et le restera longtemps. Elle devient la seule alternative opiniâtre, forte et pensée pour chasser cette large engeance et construire un peu de mieux dans les hoquets de l'Histoire. N'oublions jamais dans ces mobilisations ni le monde, ni l'Europe pour ne pas enfourcher des solutions à notre seule convenance.

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* comme d'ailleurs Trenet a composé cette chanson : on a vu mieux que l'occupation comme Douce France qui s'employait à dénoncer, pourchasser et torturer résistant·es, juifs, tsiganes, gays et tous les dénoncé·es sans autre forme de procès. C'était aussi espérance d'un futur désiré.

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