Tour de chauffe et froid vif pour ce 30 janvier contre les lois liberticides

Ce samedi, un rassemblement mobilisateur à Clermont-Ferrand pour le 30 janvier contre ces lois liberticides à répétition qui tentent d'enfumer avant de s'abattre sur les citoyens a réuni des militants de 14 organisations sous un froid vif : froid dehors, chaud dedans, masques et chaud vêtu.es pour des interventions nombreuses et courtes dont voici quelques échos et extraits.

Sous un froid vif, ce 16 janvier à 11h, comme dans de très nombreux autres lieux en France, soutenus par trois organisations politiques, quatorze signataires d'un appel "Pour la défense des libertés publiques - Retrait du projet de « sécurité globale » - Retrait des décrets sur le fichage des militant·e·s" se sont retrouvés devant la préfecture du Puy-de-Dôme avec 120 militant.es de tous âges, masqué.es et chaud vêtu.es pour rappeler ces exigences et participer à la mobilisation conjointe du 30 janvier sur ces revendications, place de Jaude à 15h. C'est la quatrième manifestation contre cet ensemble de lois liberticides - et le schéma national des forces de l'ordre - qui ne cessent d'être mises et remises sur la table pour restreindre nos libertés, renforcer toujours plus la surveillance des citoyen.nes et accélérer le fichage de leurs opinions.
Ce n'est pas une simple loi qui est combattue, c'est la défense des libertés publiques qui est en jeu. Accepter ces évolutions, c'est s'avancer vers un état d'exception permanent où le droit ne sert rien que les pouvoirs exorbitants du seul chef d'état, ses ministres et conseillers ; un chef d'état qui excelle par le verbe pour maquiller ses décisions accélératrice d'un extrême politique.

 © Georges-André © Georges-André

La déclaration commune des organisations (citées en fin) ponctue photos et vidéos comme des extraits de déclarations écrites fournies :

"Le projet de loi sécurité globale menace nos libertés : interdiction de filmer les violences policières, utilisation de drones, contrôles... Le nouveau schéma de maintien de l’ordre marque aussi le tournant autoritaire de ce gouvernement, renforcé par les décrets sur le fichage des militant·e·s et de leurs appartenances syndicales, leurs opinions politiques, religieuses, philosophiques et même leur mode de vie. C’est un véritable glissement liberticide vers une société de la surveillance et du contrôle de plus en plus autoritaire de la population.

Tout au long du mois de décembre, dans toute la France des centaines de milliers de citoyennes et de citoyens ont manifesté pour le retrait pur et simple de ce projet liberticide. A Clermont-Ferrand, à l’appel de vingt cinq organisations syndicales, associatives, environnementales, politiques nous étions 3 000 à manifester le 5 décembre. Malgré ces mobilisations, la proposition de loi dite « sécurité globale », votée par l’assemblée nationale, poursuit son cheminement parlementaire au sénat. Le président de la République et le gouvernement n’ont répondu à aucune demande formulée par les organisations qui s’inscrivent contre ce projet pour défendre les libertés publiques.

Aux marches du ... de la Préfecture © Georges-André Aux marches du ... de la Préfecture © Georges-André

 Ce gouvernement utilise la crise pour accélérer ses projets de démantèlements mais profite aussi lâchement de cette période pour entraver toute contestation de sa politique. Les gouvernements qui cassent les acquis sociaux et démocratiques (services publics, conventions collectives, Code du travail…) multiplient tous les entraves à la contestation que leurs décisions provoquent. Et lorsque tous ces libéraux voient dans cette pandémie et le confinement qu’elle oblige, l’opportunité d’accélérer la casse libérale de toutes les positions conquises par des décennies de luttes, ils accélèrent également les restrictions dans le domaine des libertés. C’est dans cette logique qu’intervient la loi de « sécurité globale » qui s’ajoute à plus de trente lois répressives et de surveillance en 25 ans.

Pas besoin de tribune, les marches font l'affaire. © Georges-André Pas besoin de tribune, les marches font l'affaire. © Georges-André

Une fois de plus, une législation présentée comme antiterroriste viendrait introduire une nouvelle faille dans le droit commun susceptible de se retourner contre d’autres cibles. La priorité du gouvernement n’est pas de résoudre le problème du lien entre la police et les citoyen·ne·s, mais de s’attaquer à la diffusion d’images de policiers, en condamnant journalistes et manifestant·e·s. La vérité de ce projet de loi c’est : « cachez ces violences policières que je ne saurais voir ». Quand un Etat autoritaire et inégalitaire s’affirme toujours plus au détriment d’un état démocratique et égalitaire, la criminalisation du mouvement social et du syndicalisme s’accentue. Chaque semaine qui passe est l’occasion de défendre des militant·e·s et des syndicalistes traduits devant des tribunaux pour simple exercice de leurs mandats. C’est inacceptable et nous ne l’accepterons pas. Les patrons privés ou publics sont à bonne école et répriment avec zèle.

Syndicalistes, militant·e·s féministes, militant·e·s des droits de l’Homme, militant·e·s écologistes, militant·e·s politiques, journalistes, soutien aux sans-papiers, Gilets Jaunes ou simples citoyen·ne·s, nous pouvons toutes et tous être victimes de la répression ou de la violence policière. Nous devons ensemble arracher le retrait de ce projet sécuritaire.

Retrait pur et simple du projet de loi de « sécurité globale » - Retrait des décrets sur le fichage - Arrêt des poursuites contre les militant·e·s syndicalistes, associatifs et associatives et du mouvement social.

Manifestation samedi 30 janvier 15h Pl. de Jaude à Clermont-Fd

Un aperçu photos de ce rassemblement et de son public - les slogans sont ceux de la fin © Georges-André
Premiers signataires : AFPS 63, Amis du Temps des Cerises, ATTAC 63, Club de la presse Auvergne, Droit Au Logement, FSU 63, Greenpeace 63, Libre Pensée, Ligue des Droits de l’Homme, Planning Familial, RESF 63, SOLIDAIRES Auvergne, Syndicat des Avocats de France, UNEF Auvergne. Avec le soutien de : La France Insoumise 63 , Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche 63.

Quelques extraits de diverses et nombreuses interventions avec La LDH pour premier intervenant

Extraits d'interventions © Georges-André

Extraits déclaration ATTAC 63 :

"... Pour Attac, la défense des libertés publiques, le droit de manifester sans risquer d’être éborgné, mutilé ou pire encore, le droit de filmer les forces de l’ordre dans leur exercice, le droit pour les journalistes de faire leur travail sur le terrain, ce sont des droits fondamentaux.C’est le fondement même de notre système démocratique. Ce système démocratique tant attaqué par le gouvernement néolibéral et de plus en plus autoritaire de Macron. On le sait le combat sera long mais nous serons là jusqu’au retrait de ces lois liberticides.

Mais il y a un autre combat que nous devons mener autour de nous un travail d’éducation populaire pour expliquer autour de nous, ce que représentent ces lois. En effet, bien souvent dans notre entourage, on entend dire »ces lois ne me concernent pas, je n’ai rien à me reprocher ». Ils ont tort, nous sommes tous concernés par ces atteintes à la liberté par ces projets de fichage généralisé.

Et aussi nous sommes tous concernés par les violences policières.[...] Chez nous Wissam, venu passer un 31 décembre en famille. Il décède peu après un interrogatoire musclé et sa famille attends toujours depuis 9 ans que justice lui soit rendu.[...] Certains de ces actes ont pu être filmés et cela a permis de rétablir la vérité, sauf pour Wissam. Ce ne sont pas des cas isolés et nous sommes tous concernés... Je ne dirais qu’un mot des violences policières [...] La police s’honorerait de prendre à bras le corps ce problème avant que tous les policiers respectueux de l’ordre républicain ne démissionnent ou ne se suicident tant il est difficile de bouger les lignes dans cette institution."

En fin de manif, derrière le masque, on discute ferme. © Georges-André En fin de manif, derrière le masque, on discute ferme. © Georges-André

Extrait Libre pensée 63

"... nous assistons aujourd’hui à l’escalade du « tout répressif » avec une accumulation de mesures liberticides : Loi dite de « sécurité globale ». Loi sur le séparatisme dont l’article 18 reprend le contenu de l’article 24 de cette même loi « sécurité globale » et qui, de plus, remet aussi en question la loi laïque de 1905 et la loi de 1901 sur les associations. Renforcement du fichage des militants et, par-delà, de tous les citoyens. État d’urgence sanitaire qui tend à devenir permanent

Pour accentuer la répression lors des manifestations, avec la mise en place du « nouveau schéma national du maintien de l’ordre », on annonce la création d’une « nouvelle force d’appui de la police » : c’est sûrement pour cela que le gouvernement vient de faire une commande de 364 véhicules 4X4 légers Serval… Et dire qu’il n’y a pas d’argent pour les hôpitaux dans lesquels on continue à supprimer les lits.

Avec cette répression, c’est la liberté d’expression qui est remise en cause dans tous les secteurs : syndicalistes, Gilets Jaunes, militantes et militants de toutes les organisations démocratiques, mais aussi journalistes, enseignants, médecins… C’est la vie démocratique qu’on veut mettre sous le boisseau. Tout le monde est prié de se taire car seul le gouvernement et ses affidés détiennent la Vérité. C’est le retour au pouvoir de Droit divin qui caractérise la Vème République.

Nous refusons cette politique totalitaire antidémocratique et antisociale : nous étions là les 21 et 28 novembre, puis le 5 décembre… Nous sommes encore là aujourd’hui 16 janvier, et nous serons là, et encore plus nombreux, le 30 janvier !

Pays de la déclaration des droits de l'homme © Georges-André Pays de la déclaration des droits de l'homme © Georges-André

Extrait déclaration AFPS 63

".... pour nombre de politiciens, la répression israélienne est un modèle cité en exemple après chaque vague d’attentats. Ainsi, Aurore Bergé, députée La République en marche, a déclaré « Israël est notre première ligne de front contre le terrorisme », et d’autres dirigeants Les Républicains ou Rassemblement National, ont tenu le même discours.

La colonisation, l’apartheid et l’épuration ethnique de la Palestine ont fait d’Israël le laboratoire de l’énorme marché du capitalisme sécuritaire et du contrôle des populations. Les amalgames faits en France par des personnes publiques, qui ne peuvent ignorer la politique menée en Israël-Palestine, sont scandaleux. Et les médias mettent en avant la campagne de vaccinations en Israël sans mentionner que la grande majorité des Palestiniens sont discriminés ou exclus de cette campagne. En réalité, Israël participe grandement à l’injustice et à l’insécurité de cette région du monde et a fait la démonstration de l’échec de sa politique sécuritaire.  Israël a été condamné à de multiples reprises pour ses violations des droits humains, et vit sous état d’urgence permanent depuis sa création il y a 73 ans. Si cette politique répressive payait, le pays serait en paix depuis longtemps.

Le « tout sécuritaire » n’est pas un mode de gouvernance ! Faisons converger les luttes des différentes associations, syndicats, partis politiques et citoyennes/citoyens pour la défense de nos libertés !"

Le 9 janvier c'était le triste anniversaire de la mort de Wissam. Personne n'oublie. © Georges-André Le 9 janvier c'était le triste anniversaire de la mort de Wissam. Personne n'oublie. © Georges-André

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