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Billet de blog 19 août 2022

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Une aventure de Julie en Pays de Caux - 8

À l’arrivée des véhicules des trafiquants, dans un cri intérieur unanime, nos trois aventurières, bien cachées derrière les fourrés, se sont exclamées dans leurs têtes « Les voilà ! ». Pas un bruit ne s’est élevé, rien qui ne puisse dénoncer leur présence invisible. De leurs yeux écarquillés, elles voient trois hommes descendre du 4X4...

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Pour commencer la lecture au chapitre 1

Chapitre 8 – Les bandits

Sous la plage, l'aventure © Georges-André Photos

À l’arrivée des véhicules des trafiquants, dans un cri intérieur unanime, nos quatre aventurières, bien cachées derrière les fourrés, se sont exclamées dans leurs têtes « Les voilà ! ». Pas un bruit ne s’est élevé, rien qui ne puisse dénoncer leur présence invisible. De leurs yeux écarquillés, elles voient trois hommes descendre du 4X4. André reconnaît immédiatement un GMC Yukon, un véhicule tout-terrain massif et rapide, capable de porter du poids et de tailler la route autant que les chemins. Du « Joyeux portugais », un homme d’âge mûr, portant moustache et barbe rase en descend, suivi d’un grand gamin. « Sans aucun doute, ce grand gamin c’est Rui le fouineur. » pense Julie.

« Toi, tu restes dedans et tu bouges pas, tu regardes si rien ne vient, t’as compris la taupe ! » s’exclame Rui en direction du camion.

Qui peut donc être tancé de la sorte ? Julie ne se lance pas dans des hypothèses. Pour elle, c’est évident, c’est José ! Elle aimerait tellement lui faire savoir qu’elle est là, comme promis, qu’ils sont tous là pour permettre à la police d’appréhender ces bandits ! Mais elle sait que ce moment viendra à son heure, pas maintenant. Surtout, attendre et ne pas se montrer.

Les hommes entrent dans la maison après ouverture de son cadenas usagé avec une grosse clé.

« Tiens, tiens, se dit André, c’est le bon moment pour téléphoner à la Police.». Sur son portable, il compose le 17 et, à voix basse, murmure :

« Allo la Police ? Je suis André Dumas, je ne peux pas parler plus fort. Je suis au Bois de la Scie, près de Ganzeville. Devant moi, des trafiquants sont arrivés et sont entrés dans une cabane. Ils sont là avec deux véhicules : un 4X4 GMC Yukon et un camion qui porte l’inscription « Le joyeux portugais ». Venez vite, vite. Je suis avec trois fillettes. Nous sommes bien cachés, mais c’est probablement dangereux. On ne bouge pas avant votre arrivée ...

Vous avez dit André Dumas ?

– Oui, Dumas, mais faites vite !

– Vous avez évoqué un GMC Yukon ? Vous voyez son immatriculation ?

– Attendez, je suis un peu loin... Non vraiment, je ne peux pas lire la plaque. Mais je vois le sigle NL. Peut-être un camouflage et une fausse plaque ?

– C’est dommage, Monsieur Dumas, mais attendez, je demande à un collègue... restez calme »

André sent monter l’impatience, même s’il sait bien que la Police peut croire à une plaisanterie et doit vérifier. Il enchaîne :

« Ce n’est pas une plaisanterie ! Je suis connu à Étretat. Venez vite ! »

Pas une voix ne lui répond. Il entend une vague conversation, probablement entre policiers à l’autre bout du fil.

Julie et Anaïs serrées l’une contre l’autre frissonnent d’excitation. Les hommes viennent de sortir de la cabane en se serrant la main, ouvrent le coffre du 4X4 et commencent à sortir une caisse puis une autre, puis d’autres encore. Ils font la chaîne (sauf Rui qui trépigne) pour les transporter jusqu’au camion, rangé à côté.

La voix au téléphone reprend :

« Allo, Monsieur Dumas ? Ne tentez rien du tout. Ces hommes sont dangereux. Ils sont probablement armés. Le SRPJ de Rouen traque cette bande depuis des mois. Nous connaissons ce GMC. C'est rare dans la région. Nous avions perdu sa trace. Restez bien cachés, ne vous faites surtout pas remarquer, ne prenez pas de risque. Si vous voyez du nouveau, appelez directement le commissaire divisionnaire qui supervise l’opération. Je vous envoie son numéro par SMS. Nous arrivons dans 20/25 minutes. »

André, satisfait, raccroche instantanément. Il vérifie : son portable est bien sur vibreur léger. Personne ne peut l’entendre. Lui peut le sentir dans sa poche. Il jette un coup d’œil vers le duo Julie/Anaïs, puis vers Eva à côté de lui. Elles ne bougent pas, elles restent silencieuses. "Braves petites" pense-t-il. Il se penche vers Eva pour lui murmurer lentement à l’oreille : « Ne bouge pas, la Police arrive. »

Elle fait "Oui j’ai compris" avec la tête et reprend son observation. Un moment, Julie se tourne vers son grand-père. Il lui montre alors son téléphone avec l’index, puis ferme le poing en pointant son pouce vers le haut. Le message est clair, Julie a saisi. Elle se tourne vers Anaïs pour lui murmurer à l’oreille cette information capitale : la Police arrive !

Les trafiquants poursuivent le transfert des caisses d’un véhicule à l’autre. Sur celles-ci un bandeau collé en travers indique : « Fragile : Verres ».

« Tu parles de verres, pense Julie, bien commode pour tromper son monde, mais pas nous ! »

Les minutes passent. Apparemment, il n’y a plus de caisses à sortir du 4X4. Un des hommes, le plus grand, qui semble donner les ordres, peut-être le chef, abaisse la porte arrière, tandis que l’oncle portugais fait coulisser celle du camion. Ils vont partir et la Police n'est pas là ! Il est vrai qu'ils se sont bien démenés pour ce transfert express...

À ce moment précis, débouchant de la forêt par un étroit chemin, tout en discutant à voix haute, deux femmes s’avancent vers la cabane. André les reconnaît immédiatement : « Bon sang, Charlotte et Jeanne ! elles vont se jeter dans la gueule du loup.»

Il n’est pas le seul à les reconnaître, Eva aussi ! Dans un élan irrépressible, elle se lève et se met à courir vers sa grand-mère. Il ne peut rien faire pour la retenir. André comprend aussitôt la situation : il lui faut intervenir. Il fait un signe aux autres fillettes pour le suivre en mettant aussitôt son index sur sa bouche, histoire de dire : « Vous me suivez, mais motus ! » Tous trois se lèvent alors et d’un pas décidé se dirigent sans courir vers les femmes qui approchent. André crie pour être entendu des bandits et donner le change :

« Alors les femmes, on est perdu ? Ça fait deux heures qu’on vous cherche. C’est pas vrai, vous perdre dans ce petit bois, mais que faisiez-vous ? Nous avons pris tous les chemins sans nous arrêter pour vous retrouver et personne ! Mais où étiez-vous donc passées ! Nous arrivons tout juste comme vous dans cette clairière, vous avez de la chance... »

Julie comprend qu’André joue les innocents. Il cherche surtout à être entendu des trafiquants pour leur donner le change. Les hommes entendent clairement les paroles d’André. Ils se regardent incrédules, sans réagir. André poursuit l’avantage que donne l’effet de surprise :

« Heureusement, nous allons pouvoir demander à ces braves gens de nous indiquer la sortie de ce bois. »

Tandis qu’Eva se jette dans les bras de sa mamie et lui fait plein de bisous, André arrive à hauteur des deux femmes, suivi presque aussitôt par nos deux princesses qui gardent le silence.

« Oui on s’est perdues, mais bon, on se retrouve. C’est une bonne idée, allons demander notre chemin à ces messieurs » déclare Jeanne, visiblement intriguée.

Julie et Anaïs embrassent leur grand-mère et prennent leur main pour avancer ensemble vers ces « messieurs ». Prenant la tête, André continue à jouer son rôle d’innocent-perdu-dans-la-forêt : « Maintenant, c’est pas simple de savoir où on est, d’ailleurs pas d’importance. Reste surtout à sortir de ce bois et retrouver nos voitures. Moi je suis fatigué... Bonjour Messieurs, je ne sais pas si vous m’avez entendu, mais nous nous sommes perdus dans le bois. Nous venons tout juste d’arriver dans cette clairière. Vous connaissez sûrement le chemin le plus rapide vers la route ? »

Les hommes se regardent et respirent. André s’avance et tend une main à serrer. L’un d’entre eux prend cette main tendue en disant :

« Vous perdre dans ce petit bois ? Faut le faire ! Vous n’êtes donc pas de la région ?

– Ben non, on est en vacances, répond Eva, vivement.

– Ouais ! Bon ! Alors, vous chercher la sortie ? Nous, on prépare la saison de chasse. Là, c’est notre cabane de regroupement où on met le gibier. Pour sûr qu’on connaît le chemin. Mais on va faire mieux que vous l’indiquer. On veut être sûr que vous ne vous perdiez pas de nouveau. Mario, tu vas conduire cette famille vers leurs voitures, comme ça, on sera sûr. Elles sont où, ces voitures ?

– C’est bien sympathique à vous ! répond André, qui pense plutôt à une véritable surveillance de leur groupe. Elles sont garées sur le bord de la D28, route du grand Moulin, à l’intersection avec un chemin qui s’enfonce droit dans ce bois. »

Son téléphone vibre. Sans hésiter, André le saisit :

« Vous m’excusez une seconde... Ah c’est toi Bernard ! aller à la pêche dimanche ? Qu’est-ce que tu dis, j’entends mal ? »

À l’autre bout, ce n’est pas le dénommé Bernard, mais la Police qui chuchote à son oreille !

« Monsieur Dumas, un peloton de gendarmerie est en route. D’après ce que vous dites, vous donnez le change à ces bandits. Répondez oui si c’est bien ça. »

Une fois de plus, il trompe son monde en parlant haut et fort :

« Oui mais continue, ça passe mal... Si le temps est beau !

 Nous allons vous tirer de là, mais prudence, continuez à donner le change. Si vous pouvez, essayez de les ralentir, bref de gagner du temps jusqu’à notre arrivée, mais pas de risque.

– D’accord Bernard, mais pour le moment, nous allons regagner nos voitures. Un chasseur très sympathique nous ouvre le chemin. Salut et à dimanche à 7heures avec tes appâts. »

Et il raccroche.

« Sympathique ! Et quoi encore ! j’en crois pas mes oreilles. T’es vraiment LE couillon... Si tu savais ce qu’on trafique… mais si tu savais, mon coco, on te zigouillerait ! pense intérieurement le dénommé Mario découvrant, par son sourire apparent, ses dents jaunes.

Parmi les bandits, un plus petit resté à l’écart, les épie et fronce les sourcils. Il a bien l’air de ne rien croire de cette histoire de perdu-dans-la-forêt et du coup-de-fil-de-Bernard. Il s’avance : « Je vais vous accompagner aussi avec Mario, ça me fera prendre l’air, foi de Toni ! »

Pendant ce temps, dans le camion, José a tout vu : Julie et ses amies, son grand-père et les deux femmes. Il se doute bien que leur présence n’est pas fortuite, mais bien voulue pour arrêter ces bandits d’une façon ou d’une autre. Alors dans sa tête, il se dit que c’est le moment : il faut forcer le destin ! Par la porte coulissante arrière, en silence, tandis qu’André téléphone et que tous sont absorbés par cet appel, il se glisse derrière le camion, bien caché par celui-ci et, en quelques enjambées silencieuses, gagne le bois tout proche, se retourne, désormais invisible, pour observer la suite des évènements.

Le chef de la bande donne ses ordres :

« Après votre départ, nous partirons avec les véhicules. Je vous retrouverai avec le GMC près des voitures dans vingt minutes exactement. Ça devrait suffire pour ramener tout ce monde. Après, on va pas traîner, on n’a plus le temps. Toi Agostinho, tu pars tout de suite après mon départ. Tu files livrer avec tes deux gosses. À la prochaine ! 

– Allez, on y va ! c’est par là ! enchaîne le soupçonneux Mario, tu marches en tête Toni pour montrer le chemin. Moi, je ferme la marche. »

Celui qui parle ainsi, l’air faussement aimable, semble bien décidé à encadrer tout le monde afin que personne ne puisse s’échapper. André et Julie sentent les soupçons sur leurs têtes.

« Ok on y va. »

La colonne de huit personnes s’engouffre dans un étroit chemin, tandis que le chef de la bande prend le volant et démarre le moteur. Agostinho, flanqué de Rui, attend les bras ballants le départ du 4X4.

« Agora, cabe a nós Rui, veias rapidamente ! » [ Maintenant c’est à nous Rui, filons rapidement] dit enfin Agostinho en se penchant vers son fils. Celui-ci se précipite dans le camion et pousse un cri :

José n’est plus là, il est parti ce chien, ce morveux, ce ....

– Qu’est-ce que tou dis ? Parti ? Mais non é possible. Porché i serai parti hoje ? I sait bien qu’i n’est po pas. Merda. Y’a um problema, c’est sour !

– Tu crois pas qu’on peut le chercher et le punir ?

– Tro tarde. I faut livrer tout dé suité. Depois jé vé voir cé qué jé a faire. Filons, vité ! Cé pas normal ! »

Rui et son père s’élancent dans le camion qui démarre en trombe dans un nuage de poussière. Agostinho a compris que quelque chose a déclenché le départ de José, quelque chose qui les menace. Pour l’heure, il sait que livrer sans attendre est la seule issue avant, peut-être, de comprendre ce qui se passe et réagir.

Après le départ du camion, la clairière plonge à nouveau dans le silence. Le gros GMC a disparu, absorbé par le chemin, la colonne des marcheurs s’est dissoute dans les profondeurs de la végétation.

Depuis quelques minutes, les marcheurs avancent d’un pas vif en silence, concentrés sur la marche. André voudrait prévenir Julie de l’arrivée possible des gendarmes, mais il ne sait pas comment et ne veut pas prendre de risque. Les deux bandits, l’un devant, l’autre derrière, impriment au groupe une marche rapide. À ce rythme, Eva, la plus jeune, commence à souffler.

« On ne pourrait pas marcher plus lentement ? La petite commence à fatiguer, vous savez ! dit André en s’adressant au chef de file.

 On n’a pas le temps. Nous devons rentrer bien vite à la maison. Nos femmes vont s’inquiéter pour nous et puis, ce n’est plus très loin. Si elle est trop fatiguée, je la porterai. »

André s’abstient de poursuivre. Il a compris que les comparses sont vraiment pressés. Encore heureux qu’ils n’aient pas compris ce qui se trame dans leur dos. Alors, il remercie Mario pour sa proposition de porter Eva.

« Moi, je veux bien qu’il me porte. Je suis vraiment trop fatiguée. C’est trop rapide pour moi et j’ai mal aux mollets à cause du vélo ce matin, poursuit Eva avec candeur et confiance.

– Allez, grimpe, fillette ! Tu pèses rien la plume ! »

Eva grimpe sur le dos de Mario qui en profite pour accélérer encore un peu plus. Ce n’est pas le poids léger de la fillette qui va peser sur cette stature puissante et musclée ! Il s’adresse à elle :

« Alors, c’est mieux maintenant, la gamine ?

– Oui c’est mieux, répondit-elle, mais ça secoue ! Et je ne suis pas une gamine ! »

À cette remarque, son porteur part d’un rire massif et sonore qui fait sourire.

Quelques minutes se passent ainsi, sans qu’aucune autre parole ne soit échangée, quand soudain Eva s’exclame :

« Pipi ! C’est urgent !

– Ah ! c’est bien le moment, dit Mario qui la dépose au plus vite à terre. Bon, pause-pipi pour tous. On se dépêche. On n'a pas le temps.. »

André flaire le bon moment. Il entraîne par le bras sa compagne dans un fourré et lui parle à l’oreille :

« Ne crie pas. Écoute-moi attentivement. Ne me demande pas d’explications, on n’a pas le temps : ces deux hommes sont des trafiquants. La Police est prévenue. Elle vient les arrêter, mais faut jouer fin pour ne pas éveiller leurs soupçons. Tu passes le message à Julie, mais sans te faire voir.

– Ça alors ! Je trouvais louches et bizarres ces types un peu trop pressés, un peu trop gentils et puis, ta façon de m’accueillir dans la clairière était aussi bizarre, et vous tous en même temps que nous dans la clairière, bizarre ! Bon je comprends mieux. Je préviens Julie. »

Jeanne passe le message à Julie qui le passe à Anaïs qui le passe à Charlotte qui ne le passe pas à Eva. Mais Julie le passe à Eva, considérant que sa conduite n’a pas démérité ; au contraire, puisque grâce à elle, cette pause-pipi permet discrètement de se passer le message. Bien sûr, elle insiste auprès d’Eva : « Pas d’initiative, surtout pas d’initiative et tiens ta langue ! »

Deux minutes après, la marche rapide reprend, Eva portée sur le dos par le chef de file aux larges épaules. Tous savent désormais que les gendarmes arrivent sans pour autant savoir ni quand, ni où, ni comment ils interviendront. Ils savent aussi qu’en attendant cette intervention, il faudra surtout ne pas éveiller les soupçons des deux bandits à leur côté qui montrent des signes de nervosité de plus en plus évidents à mesure que le temps passe.

« Cinq minutes et on arrive, déclare Mario. On est déjà en retard. Faut aller plus vite. On nous attend. Allez on avance plus vite ! »

Soudain, un craquement suivi d’un cri de douleur déchire le silence :

« Aïe ! Ma cheville ! »

© Georges-André ... et le chapitre 9 est là.


Bonne lecture et à la semaine prochaine....


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