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Billet de blog 31 oct. 2021

Vélorution clermontoise sur fond de victimes cyclistes et piétonnes

Triste actualité sur l'agglomération clermontoise : piétons et cyclistes renversé·es, 4 morts, deux blessés graves en peu de temps. Une Vélorution pour travaux urgents et hommage aux victimes. Sécuriser les voies contre ces voitures folles. Le vélo oui, avec des infrastructures qui le permettent sans danger. Des ateliers d'autoréparations pour s'y mettre ou remettre.

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Maj 05/11/21 - La Montagne : "La cohabitation entre cyclistes et automobilistes est-elle possible à Clermont-Ferrand ?"

(Album photographique à feuilleter à la fin)

Dans son message appelant à une nouvelle vélorution ce samedi 30 octobre, le collectif du même nom commence par ses mots : « L'actualité routière Clermontoise est triste en ce mois d'octobre ».

En l'espace de six jours, entre jeudi 14 et mardi 19 octobre, il dénonce ces « homicides » à répétition sur Clermont-Ferrand et alentours : trois morts, (1 piétonne de 81 ans), 2 cyclistes (54 ans, père de deux enfants, 77 ans, père de trois enfants, deux petites filles, deux blessés graves, deux piétons de 35 et 38 ans dont un vient de décéder très récemment, un policier cycliste blessé et le 28 octobre, une nouvelle victime à vélo.

Face à cette augmentation brutale des accidents mortels, « Vélorution », collectif citoyen pour l'organisation de manifestation à vélo, a réagi très vite : Vélorution blanche, manifestation à vélo sur le trajet des accidents, hommage solennel aux victimes, pour « créer un lieu de mémoire ».

Les Pistes en haut, cyclistes en bas © Georges-André Photos

« C'est une action de contestation, nous réclamons plus de sécurité dans la circulation des cyclistes. Il y a encore des progrès à faire. Nous faisons appel à la responsabilité de tous les usagers et nous interpellons les décideurs pour qu'on puisse circuler en sécurité dans une ville apaisée pour le bien de tous. En 2018, il avait été décidé un schéma de circulation qui prévoyait 365 km de voies cyclables pour 2026. Je vois tracer des voies dans des endroits non pertinents voire dangereux. Les usagers n'ont pas été concertés... C'est la première fois à Clermont pour dire que rouler en ville à Clermont-Ferrrand c'est dangereux On espère que les gens vont pouvoir circuler mieux.. Maintenant la balle est dans le camp des décideurs pour aménager la ville. » Serge, coordinateur Vélorution.

La vélorution au long du premier parcours © Georges-André Photos

Des membres du club cycliste de Blanzat nous précisent :

« Faire du vélo devient souvent dangereux, une partie du plaisir est gâchée par le comportement des automobilistes et l'état des infrastructures. Dans le département, le comportement d'une petite partie des automobilistes a fait sept, huit morts en trois ans dont deux membres de mon club, deux amis à moi. C'est au moins deux bonnes raisons d'être là sans hésiter une seconde. A chaque fois avec des automobilistes. Une fois les circonstances ne sont pas totalement élucidées, on ne sait pas sans doute pour nous mais la justice a relaxé le conducteur alors même que quelques centaines de mètres avant il était au téléphone au volant, disait la presse. Un autre, sur la montée de la route du cratère s'est prendre par quelqu'un qui roulait trop vite et a quitté sa voie. Il a projeté deux de nos amis dans le fossé dont un qui y est resté. Voilà...

Il n'y a pas de continuité, les routes ne sont pas séparées des véhicules, elles ne sont pas nettoyées. On est venu sur la route de Cébazat, auprès d'un commerce automobile, quatre voitures au moins empiétaient sur la piste cyclable, j'ai été obligé de la quitter. On est samedi à 13h45, il n'y avait pas trop de danger mais je suppose qu'en temps normal c'est déjà plus compliqué. L'autre jour, sur la piste cyclable qui vient de Gerzat, juste après le nouveau rond-point qui a été construit un véhicule était arrêté, son conducteur téléphonait, empiétait complètement sur la piste cyclable, c'était un mercredi à 17h, le flot de véhicules était important. On a dû se décaler sur la route départementale, voilà ! On s'est arrêté, on a expliqué à l'automobiliste, on a eu de la chance ce jour là, qu'il s'agissait de quelqu'un de raisonnable, qui s'est excusé et s'est décalé un peu plus loin, puisqu'un peu plus loin, il pouvait garer son véhicule. Mais voilà à quoi on est confrontés tous les jours.

Des automobilistes, il n'y en a pas pas tant que ça qui sont irresponsables, mais ce qui devrait compensé, ce sont les décideurs en matière d'infrastructures, ils ne peuvent pas à la fois se réclamer de l'écologie et de la sécurité et puis laisser des piétons et aussi des cyclistes se faire mettre en danger tous les jours. Ma propre épouse arrête de faire du vélo. Elle avait un vélo électrique. Circuler en ville avec un vélo électrique c'est dangereux. La première fois elle l'a pris, en arrivant place Gaillard, pour monter sur un petit trottoir puisque la piste cyclable s'interrompait, elle a chuté. Elle n'est plus retourné en ville avec son vélo et après on va me dire que la ville est polluée. Évidemment, on va vendre le vélo électrique ! Et puis, les agriculteurs passent c'est normal, mais ils coupent, ils se servent de la piste cyclable en piste d'accélération, donc il y a de la boue partout ! La peinture ? Les pistes ne sont pas marquées. C'est simple, entre Gerzat et Cébazat, il n'y a plus de peinture. »

« Dans la zone de Ladoux (Cébazat) qui comporte de multiples activités industrielles et un circuit d'essais pneumatiques en fonctionnement, beaucoup de gens vont travailler. Il y a 40 ans lors de la construction de la route, des sittings avaient été organisés pour demander des aménagements cyclistes. Rien n'a été fait. Il y a sept ou huit ans, la route a été refaite mais toujours pas de piste cyclable alors que c'était l'occasion d'en créer. »


Rassemblement sous Les Pistes © Georges-André Photos

Sur le fond du parking-relais « Les Pistes », peu avant 14h, les premiers cyclistes se rassemblent, pas joyeux. Ce ne sera pas une virée festive mais une marche funèbre pour ces piétons et cyclistes morts et blessés en si peu de temps quand d'autres reviennent à l'esprit dans des clubs présents. Le parcours est déposé, des policiers en voiture (on les attendait à vélo comme souvent) encadre la manifestation cycliste pour sécuriser la circulation qui se poursuit tout au long du parcours.

Un des responsables de cette action nous confie après le départ des 150 cyclistes que la participation n'a jamais été aussi importante pour une vélorution.

Cet endroit est symbolique. « Les Pistes » dans le quartier des Cataroux fut le lieu d'essais de génération de pneus Michelin. Avec ces rampes hyperboliques qui s'élancent dans une quasi verticale, elles ne passent pas inaperçues à qui se dirige au nord de la ville. C'est le symbole de sa prospérité passée avec Michelin, omniprésent, mais aussi du Tout-automobile, en remplacement du train, dénoncé dès les années soixante-dix par des militant·es qui n'ont pas été entendus. Nous voyons bien ce qu'il en est aujourd'hui, ce qui est et se prépare en terme d'injonctions technocratiques à la population et de dépenses individuelles induites ou imposées.

Le collectif appuie son hommage de demandes pressantes exprimant un ras-le-bol perceptible dans l'expression « carotte et bâton » :

« Des "accidents" dus à la fatalité ? Non, ce sont des conséquences de notre addiction au système du "tout automobile" et ses nombreuses dérives. Les associations de cyclistes et d'usagers de transports public s'unissent pour demander aux acteurs publics (Villes, Métropole, Département, Préfecture) de mettre en place collectivement un plan 0 mort de la circulation à horizon 2025, comme cela a pu se faire à Lisbonne ou à Olso. Les associations demandent un tracé cyclable et piéton sécurisé d'urgence sur l'avenue Fernand Forest, le lieu de l'accident du septuagénaire. L'alerte avait pourtant déjà été lancée par les associations et des particuliers sur ce tronçon de route identifié comme dangereux, qui est le seul axe direct permettant de relier le centre de Clermont-Ferrand à ses quartiers Nord. Il suffirait de quelques jours de travaux pour convertir deux voies générales en trottoir et piste cyclable. C'est ce qu'à fait Riom il y a deux ans pour apaiser la départementale 2029, avant de débuter cet été des travaux d'aménagement d'un parc linéaire sur l'ancienne emprise routière. Qu'attend on à Clermont pour suivre cet exemple et en finir avec les autoroutes urbaines ?

La responsabilité est collective. La préfecture doit exercer le contrôle (bâton), et les villes et la métropole doivent faire des aménagements urbains pour une meilleure cohabitation des usagers (carotte). Et nous, usagers, nous devons changer nos manières de nous déplacer pour une circulation moins dangereuse et plus respectueuse de tous les usagers. Cela passe aussi par rouler moins vite, ralentir lorsque l'on dépasse, et surtout garder en tête que chaque usager de la route que l'on croise n'est pas un inconnu mais probablement un voisin, un membre de la famille, un collègue de travail, un ami, un proche que nos pratiques peuvent mettre en danger. Mettons un terme à cette agression quotidienne que nous subissons sur les routes pour vivre simplement mieux notre métropole clermontoise. »

Sur le lieu de l'accident, les cyclistes mettent pied à terre © Georges-André Photos

Sur l'avenue Forest, tou·tes les cyclistes mettent pied à terre, contre un arbre un vélo peint tout entier en blanc est posé avec cette inscription « Ici, des aménagements hostiles tuent piétons et cyclistes. Que font les élus pour faire cesser la tuerie ? ». Ici, un septuagénaire a perdu la vie bousculé par une automobile. D'urgence en ce lieu accidentogène pour cyclistes et piétons, aménager un tracé cyclable et piéton sécurisé. Quelque fleurs sont amenées pour décorer ce blanc vélo comme pour décorer une pierre tombale en souvenir. Peu après la foule cycliste reprend la route vers un deuxième hommage à vélo blanc sur un autre lieu dramatique.

Le vélo blanc en fleurs pour une mort tragique © Georges-André Photos

La première partie de la vélorution se termine au lieu dit « Le guidon dans la tête » (et pas l'inverse bien au contraire) avant de repartir à 15km avec une partie des cyclistes à Malintrat, autre lieu d'accident hors métropole clermontoise.

L'association « Tous deux roues » offre un espace « Un guidon dans la tête » qui est atelier associatif d'auto-réparation de vélos à Clermont Ferrand. Il offre donc à chacun·e, la possibilité de réparer soi-même son vélo après diagnostic sur place avec un accompagnement compétent comme de se séparer d'un vieux vélo, en état de rouler ou non. Dans ce dernier cas, l'atelier en récupère les pièces ou répare et peut revendre en occasion. « Le guidon... » c'est aussi la possibilité de se procurer un vélo d'occasion pour une somme sans équivalent. On peut prendre rendez-vous sur leur site internet, c'est plus prudent pour un accueil personnalisé pour réparation mécanique, pas électrique.

Il existerait encore un débat entre les puristes du vélo à la force du jarret et ceux partisans du vélo à assistance électrique. Le V.A.E étend  l'utilisation du vélo en ville mais la question n'est-elle pas son utilisation semble-t-il plus délicate avec les moyens en infrastructures et en formation à mettre en place pour une réelle sécurité des usagers ?

L'accueil © Georges-André Photos

Cette association a pris une ampleur qui lui permet de fonctionner avec une cinquantaine de bénévoles et trois emplois pour sept cents adhérents dans un nouveau bâtiment (occupé depuis mai 2021) bientôt réaménagé après de gros travaux pour avoir l'espace de stockage de pièces, de réparation et d'accueil. Un atelier de création onirique et ludique fonctionne également pour réaliser des montages à divers usages, cyclistes ou non.

L'atelier provisoire © Georges-André Photos

Son activité ne s'arrête pas là. Avec des ateliers mobiles, elle œuvre dans plusieurs quartiers rémunéré dans le cadre de la politique de la ville ou la métropole pour réinsertion et développement : une salariée « bosse avec un public en voie de réinsertion, elle accompagne les jeunes pour la mobilité, ils ont des cours de vélo, de sécurité, ils repartent avec un vélo, un casque. Sortir de l'échec scolaire ou sortir du chômage dans des quartiers difficiles. La réinsertion par la mobilité c'est un fond Européen qui permet de financer le salaire et le matériel fourni ».

Une partie de la réserve © Georges-André Photos

L'album photgraphique

L'album à feuilleter © Georges-André Photos

Merci à Apolline qui nous a fort aimablement reçus en toute transparence.

* Vélorution, contraction de « vélo » et « révolution » est un collectif qui regroupe trois associations :   « Vélocité63 », association pour la promotion du vélo utilitaire, « La roue tourne » et « Tous deux roues », deux ateliers d'auto-réparation accompagnée de vélos à Clermont-Ferrand.

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