Retraite: 9ème manifestation à Clermont, avec étudiants

Pour sa neuvième édition, la manifestation intersyndicale contre le projet de réforme des retraites actuellement en discussion à l'Assemblée Nationale a vu plusieurs centaines d'étudiants prendre la tête du cortège apportant un nouveau dynamisme à une contestation qui s'enracine dans la durée.

Plusieurs centaines d'étudiants clermontois ont pris la tête du cortège au carrefour des fac - côté Lettres -  avec des enseignants de la fac de droit  reconnaissables à leurs robes en noir et rouge. Une première qui pourrait annoncer le réveil attendue d'une mobilisation nécessaire. La retraite, c'est maintenant que ça se décide, dans un sens ou dans un autre.

 © GeorgesAndréPhotos © GeorgesAndréPhotos

 Dès 10h30, les manifestants se rassemblent sur ce carrefour majeur de Clermont au croisement des cours Sablon, l'arrivée du viaduc Saint-Jacques, boulevard Mitterrand et Gergovia : Ci-dessous, panoramique surplombant du rassemblement.

Rassemblement © Georges André

A plusieurs reprises, avant le départ, au haut du cours Sablon, à l'arrivée, les Rosies ont repris leur « A cause de Macron » maintenant dans toutes les têtes, accompagnées, dans l'improvisation du moment, par de jeunes avocates déterminées. Lire le billet d'Alain Bonneau "Lâchez-nous la robe" qui fait le point complet de la situation des avocat.e.s. : en le lisant, restez bien assis.e pour ne pas tomber de la chaise, on en a vu qui sont tombée.e.s ! Vidéo : sur les marches de la succursale de la Banque de France, les Rosies mobilisent l'attention.

Manif et danse Macron © Georges André

La détermination de ceux et celles qui sont là est la même mais la perspective d'un retrait rapide s'est éloignée nécessitant un élargissement de la base des organisations mobilisantes et un enracinement de cette lutte dans la durée avec une réponse forte contre les intimidations tous azimuts et la répression qui se poursuit : suite à "l'intrusion du lycée Blaise Pascal pour bloquer la première épreuve des E3C samedi 18 janvier, deux militants du SNES-FSU sont convoqués au commissariat le mardi 11 février à 9h. Pour rappel, 4 militants syndicaux (dont 2 étudiant·e·s) et un lycéen avaient été convoqués au commissariat mercredi 29 janvier. Quatre militants syndicaux sont menacés de sanctions disciplinaires par le recteur. L'intersyndicale interprofessionnelle du Puy-de-Dôme (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF) appelle à un rassemblement de soutien devant le commissariat à partir de 8h30 puis à une manifestation en direction de la DSDEN (Cité Administrative). Plusieurs actions sont prévues: barbecue revendicatif, atelier de désintox, Assemblée Générale. Une conférence de presse au sujet des E3C [est organisée]... devant la DSDEN du Puy-de-Dôme".

Aux dires de certains enseignants, ces examens de contrôle se passeraient en force (bouclage, intimidations...), conditions cohérentes avec la politique du gouvernement qui ne connaît que le passage en force, incapable d'entendre quoi que ce soit dans sa marche forcée. Vidéo : au passage d'une partie de la manifestation.

Sur le parcours © Georges André

Place Delille, les étudiants se regroupent et au son de la sono, s'accroupissent puis bondissent en criant. C'est réussi, effet garanti !

Les étudiants © Georges André

 Les photos de la manifestation

Juste après la banderole intersyndicale réclamant le retrait, celle des Luxfer « L'état tueur d'emploi » toujours en lutte pour la reprise d'activité dans un contexte de défaillance des autorités – lire ici notre précédent billet - sont venues tirant un trait entre ces injustices. Signalons qu'avant la manifestation du 31 janvier, trois syndicalistes ont été entendus par la Police pour dégradation de biens alors que Luxfer a entrepris la démolition de ces installations. Une pétition est initiée pour : Sauvez l'outil de Travail et les emplois des salariés de Luxfer

Nous avons appris que le 30 janvier, veille de la manifestation dont nous avons rendu compte dans le billet précédent, trois salariés protégés, représentant du personnel, ont été convoqué au commissariat pour "dégradation et détérioration de bien d'autrui". Un sacré culot de Luxfer qui porte plainte pour ce motif alors que la direction a déjà commencé la casse illégale de l'usine, raison de son occupation, et entend terminer ce coup de force. Ces personnes ont été entendu avec prise d'empreinte digitales et génétique (ADN), histoire de les bien ficher même si cette plainte n'est qu'une tentative d'intimidation de plus. A voir.

Les « Stylos Rouges » : Le groupe des Stylos Rouges a publié à sa création, un manifeste le 12 décembre 2018. Il est soutenu par le SNES-FSU et la CGT Educ'action. Voir le site et l'article du Monde du 10 janvier 2019.

Photos de la neuxième manifestation contre la réforme des retraites 6 janvier 2020 © Georges André

Arrivée place de Jaude, toutes enturbanées, nos Rosies préférées exécutent Macron...c'est une erreur... exécutent leur danse préférée. A la fin de la performance, spontanément, une partie du public, Rosies et étudiants se mettent à danser sur l'air distribué par la sono "On lâche rien !". Un moment léger, joyeux, quelque peu magique... tandis que les secrétaires syndicaux et mémé Chantal, Gilet Jaune, affutent leurs déclarations. Vidéo : moment de danse joyeuse populaire.

Danse spontanée place de Jaude © Georges André

"C'est tellement con, tellement banal,
De parler d'paix et de fraternité,
Quand des SDF crèvent la dalle,
Et qu'on mène la chasse aux sans papiers...".... Ils ont dansé avec nous sur cette dalle de Jaude.

  • Pour lire la déclaration de la porte-parole des Gilets jaunes * (pdf, 102.4 kB)

Un nouvel itinéraire : Pour cette 9ème édition, la manifestation a emprunté un nouvel itinéraire plus sinueux et apparemment plus long passant par de nouveaux quartiers, de nouvelles rues. Elle a remonté le cours Sablon, pour tourner dans l'avenue Carnot. Devant la Banque de France, les Rosies ont dansé et chanté « A cause de Macron » avec des avocates en robe. Via l'esplanade de la gare, la place Salford dominée par le monument aux morts 14/18, le cortège a atteint la place Delille pour s'engouffrer dans les rue Montlozier, Richepin, Blanzat, Chauffour, Sainte-George, du Pont Naturel, Pierre Besset, des vignerons et Fontgiève pour aboutir à la place Gaillard et enfin la place de Jaude particulièrement animée par une danse spontanée emmenée par les Rosies et des avocates du Syndicat des Avocats de France, particulièrement en forme.

Communiqué syndical contre intimidations et répression

Les organisations CGT63, FO63, FSU63, Solidaires Auvergne, UNEF Auvergne ont publié ce 3 février, un communiqué pour s’opposer "à toutes les menaces, à toutes les tentatives d’intimidation et de répression contre les lycéen·ne·sou contre les enseignant·e·set soutiennent leur mobilisation. Elles demandent l’abandon immédiat des poursuites engagées contre des responsables syndicales·aux!". (pdf, 93.7 kB)

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* pas reçu d'autres déclarations.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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