Madoff et le Père Noël

Les investisseurs ont cru que Madoff était le Père Noël ...et le Père Noël était une ordure.

Au delà de la question de la crédulité, avec des rendements qui en fait n'avaient rien de mirobolants par rapport aux exigences de la Valeur Actionnariale ou de ce que promettaient nombre d'hedge funds qui offraient des rendements de 20 à 30%, le scandale Madoff est caractérisé aux Etats Unis comme plus grave que tous les autres scandales, car il touche à la pierre angulaire de la finance : la confiance.

Madoff n'était pas un escroc qui a monté une arnaque qui a gonflé une bulle qui a ensuite explosé, comme dans Enron. Il est un financier qui depuis quarante ans était au coeur de la communauté, conseil de la SEC, pilier d'activités philanthropiques, membre depuis des années de clubs réputés. Il a trompé ses amis, ses proches.

La confiance est la base du système anglais et américain : TRUST.

Il n'y a pas un rentier, un gérant de fonds d'investissement, un gérant de fonds caritatif dont la confiance ne soit ébranlé.

Le crime a touché non pas seulement des fonds spéculatifs, mais ceux qui avaient leur placement de retraite, des institutions universitaires qui placaient les fonds des donateurs pour faire vivre des programmes d'enseignement, des institutions philanthropques qui elles placaient les fonds des donateurs pour des programmes caritatifs.

C'est tout le système de financement américain qui est en cause, non pas seulement dans la recherche du profit, mais au contraire dans les "non-profit organizations".

 

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