L'Essonne pose problème pour les Régionales en Ile-de-France.

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Après le congrès socialiste de Poitiers et les élections internes aux sections sur les motions et les secrétaires fédéraux on y voit plus clair au PS. La photo de « Barto » entouré de Marie-Pierre de la Gontrie, de Jean-Paul Huchon et des principaux responsables fédéraux franciliens (à l’exception de Carlos Da Silva qui a boudé cette rencontre) envoie un message fort : celui de l’union et du rassemblement autour du candidat adoubé par François Hollande lui-même et soutenu par Manuel Valls. L’objectif est limpide et sans contestation, le Président de la République, comme le Premier ministre veulent à tout prix que la Région Ile-de-France reste à gauche.

Après des élections municipales et départementales catastrophiques pour le PS, alors que l’exécutif compte sur une amélioration de la situation économique, un nouvel échec aux Régionales mettrait à mal les efforts pour faire remonter la cote de popularité présidentielle. La quasi-totalité des régions étant à gauche aujourd’hui, et le scrutin de décembre ne pouvant qu’aller dans le sens de la perte de nombreuses régions pour la gauche, et le PS en particulier, il faut bien que le chef de l’Etat et du Gouvernement se raccrochent à quelques symboles marquants pour pouvoir conserver des motifs de satisfaction le soir des résultats des élections régionales. L’objectif est donc fixé : il faut sauver l’Ile-de-France et le soldat Barto !

Une direction de campagne de choc !

Pour accompagner le candidat aux régionales dans sa course aux voix, Manuel Valls a proposé que Luc Carvounas devienne le Directeur de campagne de l’actuel Président de l’Assemblée. Le Sénateur-Maire d’Alfortville et numéro 2 du parti a damé le pion à Da Silva jugé peu rassembleur par l’entourage de Bartolone. Et puis, Luc Carvounas a déjà de l’expérience en la matière. Il avait dirigé la campagne de Manuel Valls, actuel Premier ministre, lors des primaires socialistes aux présidentielles de 2012, en octobre 2011. C’est parti sur les chapeaux de roues avec un premier Grand rassemblement ce mardi 16 juin au Palais des Sports de Créteil, dans le département de Luc Carvounas et dans la ville de son ami Cathala. La stratégie développée par « Barto » est sans fioritures : « on prend les meilleurs et va au combat tout en travaillant à un large rassemblement » lâche un proche de Carvounas. Le programme de Claude Bartolone, c'est de faire en sorte que les 8 départements se retrouvent dans la région Ile-de-France, de stopper ce vieil antagonisme entre Paris et la banlieue, entre la petite et la grande couronne. "Mon job de directeur de campagne, c'est de faire en sorte que la dynamique de campagne de Claude Bartolone fasse qu'au second tour au soir du 13 décembre, l'électorat de gauche se situe aussi en grande couronne", explique Luc Carvounas.

Le cas essonnien

Si à Paris, Emmanuel Grégoire est élu Premier secrétaire fédéral avec 70,27% des voix, si dans le Val de Marne, Jonathan Kienzlen devient le nouveau patron socialiste avec 98% des voix, si dans le Val d’Oise, Rachid Témal est reconduit avec 72% des suffrages, il en est tout autrement en Essonne. Carlos Da Silva, pourtant Député suppléant de Manuel Valls, Porte-parole national du Parti socialiste et ancien Vice-président du Conseil général, l’emporte d’une courte tête avec moins de 58% des voix (le total des motions A,C et D dont il était le candidat représentait 66%). Le moins que l’on puisse dire est que Da Silva ne fait pas l’unanimité en Essonne, puisque rappelons-le, il était suppléant du binôme PS-EELV, éliminé dès le premier tour aux élections départementales dans un canton découpé sur mesure par lui-même et regroupant deux cantons de gauche. Cette courte victoire fédérale, avec 210 voix d’avance, face à Jérôme Cauët, son ancien collègue à l’assemblée départementale, interroge. On reproche à Da Silva son peu d’attention portée aux militants, son goût prononcé pour les coups bas et son autoritarisme déplacé. Du côté de l’équipe de Bartolone, on se questionne d’autant plus que Da Silva avait fait organiser par la fédération, dès décembre dernier, sa propre désignation pour mener la liste des Régionales en Essonne. « On ne peut pas le garder comme tête de liste » confie un militant socialiste à l’issue du scrutin interne du 11 juin dernier. « Non seulement il se prend une déculottée dans son canton dès le premier tour, mais en plus, il est loin de faire l’unanimité au sein de son propre parti ! ». « Après deux mandats comme premier fédéral, avec tout le pouvoir qu’il a eu sur l’organisation des sections, c’est vraiment pas brillant ». L’autre souci, c’est que « Barto » a besoin de femmes pour respecter la parité et le représenter à la tête des listes départementales, notamment en grande couronne où la politique régionale est la plus contestée. « Da Silva va sauter, c’est sûr ! » pense-t-on dans l’entourage de Carvounas. « Il faut prendre les meilleurs, c’est l’objectif ! On est plus dans la période faste du PS où on donnait des places pour services rendus, là on joue la gagne !» affirme-t-on. A moins que Manuel Valls ne vienne encore une fois sauver celui qu’il surnomme lui-même « le lourdaud » et qui entame progressivement son image en Essonne et dans sa circonscription.

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