Hamon, pour gagner la Présidentielle sur des engagements communs à toute la gauche

Après la victoire de Benoît Hamon, la fracture du PS est béante entre les engagements opposés des élus et responsables socialistes ou leur mise en congé de campagne. Pour que la gauche gagne la présidentielle, il est essentiel de soutenir B.Hamon pour le rassemblement de toute la gauche, pas pour un vote utile mais avec une plate-forme commune d'engagements et une candidature unique.

          Enfin ! Après ce vote au deuxième tour de la Primaire du PS et satellites, après Hollande qui n'a pu se représenter, voici Valls viré et bien viré par les votes en faveur de Benoît Hamon.

Ce vote signifie bien que deux millions de votants ont voulu à la fois rejeter cet homme, acteur essentiel d'un quinquennat désastreux et porter au premier plan celui qui a maintes fois fait connaître sa critique durant ces cinq ans et a quitté ce gouvernement réduit aux acquêts.

Certes Benoît Hamon aurait pu en faire un peu plus (et c'est peu dire) durant ce quinquennat dans cette critique et opposition à la politique autoritaire et libérale menée dès le début. C'est aussi lui avec Montebourg, autre éjecté, qui a servi de marche-pied à Valls pour devenir Premier Ministre, accord qui fut un marché de dupes, consommé avec son retrait du gouvernement.

Aujourd'hui, l'heure est au rassemblement dans la clarté d'engagements communs. Les convergences – hors ego et carrière personnelle – sont suffisamment importantes entre Hamon, Mélenchon et Jadot pour que ce front élabore une plate-forme commune d'engagements et se mette d'accord sur un seul candidat au premier tour, faute de quoi, chacun dans sa cour pourra crier à son bon score quand au deuxième tour, deux des trois extrêmes seront au rendez-vous. Macron l'extrême-libéral, Fillon l'extrême-réactionnaire, MLP, l'extrême tout court.

La fracture entre les deux lignes du PS, la ligne de gauche, socialiste et celle du social-libéralisme de Valls et Macron est désormais béante et consommée, radicale. Tel qu'il fut, le PS a vécu et c'est une très bonne chose. Trop de compromissions, de connivences, de copains-coquins, trop de renoncements coulés dans l'ordre libéral européen dans un déni généralisé et un discours menteur. Ce parti a quitté sa fonction historique au service des humbles, des laissés pour compte, des classes populaires - sa base électorale - ; il s'est notabilisé en devenant un parti d'élus satisfait de lui-même, s'enfonçant toujours plus dans le partage et l'abandon à l'idéologie libérale et aux législations d'exception légitimant par avance les atteintes aux libertés que droite et extrême-droite ne manqueront pas d'aggraver s'ils parviennent au pouvoir. Il a ainsi contribué à rompre les barrières conduisant aux thèses du Front National devenu socialiste, terme auquel aboutit la politique menée ces dix dernières années. Ce n'est pas un hasard si une fraction importante des classes populaires vote FN mais le résultat d'un abandon.

Que des responsables et élus du PS soutiennent Macron ou se mettent en congé de la campagne pour Hamon est une vraie clarification. A l'opposé, soutenir aujourd'hui Hamon dans sa démarche pour un front uni face aux dangers des droites et de l'extrême-droite est essentiel pour gagner.

La tâche est immense pour gagner la présidentielle, pour (re)construire un nouveau parti de gauche, pour réviser les candidatures aux législatives de mai/juin avec des candidats capables de soutenir une vraie politique de gauche sans les compromissions d'accords tactiques.

Face à cette dynamique, il faudra voir au long de la campagne les chiffres des sondages sur le premier tour de la Présidentielle : Si les scores additionnées d'Hamon et de Mélenchon permettent d'espérer franchir le premier tour de la Présidentielle, l'heure du choix et de la responsabilité aura sonné. Que Mélenchon et ses supporters refusent alors comme aujourd'hui toute discussion et accord avec Hamon engagerait leur responsabilité devant les français, devant la gauche, devant ceux qui se battent pour gagner.

Hors des exclusives et de l'intolérance, unis venceremos !

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